

| Date : approx. entre 1621 et 1622
Dimensions : 1.46 m x 1.14 m Matériaux : Peinture à l'huile sur toile Acquisition : Achat de Louis XIV (1669)
| Elément 16 sur 17 Peinture italienne Peinture (Thème mythologique)
Région en relation Bologne (Italie)
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 | Description |  |
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Cette oeuvre, commandée vers 1621 par le cardinal Ludovico Ludovisi, neveu du pape Grégoire XV, pour la villa de la porta Pinciana à Rome, est inspirée des Métamorphoses d'Ovide (IX, 27-88. Il est possible qu'Acheloïs soit représenté sous deux formes, le teaureau terrassé par Hercule et le fleuve dans le paysage. Louis XIV deviendra propriétaire du tableau en 1669. La Tate Gallery de Londres conserve une copie de l'oeuvre dessinée par Turner.
Achéloüs et Hercule (IX, 1-97)
Cependant Thésée veut connaître la cause de l'outrage fait au front d'Achéloüs. Le fleuve de Calydon soupire, et relevant ses longs cheveux négligés sur un front couronné de roseaux:
"Que me demandez-vous ? dit-il; et quel est le vaincu qui ne souffre à parler de sa défaite ? J'en parlerai pourtant, puisqu'il s'agit d'une entreprise où il fut moins honteux de succomber que glorieux d'avoir osé combattre. Le grand nom de mon vainqueur me console de ma disgrâce.
[8] "Peut-être avez-vous entendu parler de Déjanire. Aucune mortelle ne l'égalait en beauté. Elle fut l'objet des voeux d'un grand nombre d'amants. Je parus avec tous mes rivaux dans le palais de son père : "Accepte-moi pour gendre, m'écriai-je, ô fils de Parthaon " ! Hercule fait la même demande, et tous les prétendants se retirent. Je reste seul avec le héros. il alléguait pour titre le sang de Jupiter, la renommée de ses travaux, tous les dangers dont Junon menaça sa vie, et qu'il eut la gloire de surmonter.
"Un dieu, dis-je à mon tour, pourrait-il sans honte céder à un mortel (car Alcide n'était pas encore assis au rang des dieux) ? Je suis le roi des eaux qui, dans leur cours sinueux, arrosent votre empire. En moi vous n'aurez point un gendre venu vers vous d'un rivage étranger. J'habiterai dans vos états; j'en fais moi-même partie. Mes voeux seraient-ils donc rejetés parce que Junon ne me hait pas, et qu'elle ne m'impose ni supplices, ni travaux ? Et toi, rival orgueilleux, tu te vantes d'être le fils d'Alcmène; mais ou Jupiter n'est pas ton père, ou il l'est par un crime. En lui attribuant ta naissance, tu déshonores celle qui te donna le jour. Choisis, ou d'être un imposteur, en soutenant la fable de ton origine, ou de publier toi-même la honte de ta mère."
[27] "Tandis que je parlais, Alcide me regardait d'un oeil enflammé; et maîtrisant à peine la fureur qui l'anime, il répond : "Je sais me battre, et non discourir. Tu peux me vaincre par ta langue, je triompherai de toi par mon bras "; et soudain, il s'apprête au combat. Après mes superbes discours, pouvais-je reculer ? Je rejette ma robe verdoyante; déjà mes muscles sont tendus, mes poings arrondis; et, lutteur intrépide, j'attends mon ennemi.
"À pleines mains de poussière il me couvre. Je jette en même temps sur lui un sable léger. Soudain il me presse de toutes parts; tantôt à la tête, tantôt aux flancs, il me saisit, ou semble me saisir. Défendu par mon poids, je résiste et rends ses efforts inutiles. Je suis comme un rocher qui, battu par les flots en courroux, reste immobile, par sa masse affermi. Nous nous éloignons pour reprendre haleine; nous nous rapprochons avec une nouvelle ardeur. Résolus de ne plus reculer, nous tenons ferme sur l'arène. Mes pieds touchent ses pieds, mes doigts ses doigts; mon front heurte son front. Tels j'ai vu deux taureaux fougueux s'entrechoquer dans la plaine, tandis que la génisse, prix du combat, paisible attend son superbe vainqueur. Les troupeaux regardent avec effroi cette lutte terrible, incertains auquel des deux rivaux appartiendra l'empire du bocage.
[50] "Trois fois, mais sans succès, Hercule veut délivrer sa poitrine, que sur la mienne je tiens fortement pressée. Par un quatrième effort, il me repousse, dégage ses bras; et soudain (puisque je dois tout dire), il me surprend, me retourne, s'élance sur mon dos, et (vous pouvez m'en croire, je ne cherche point dans ce récit une gloire vaine) je crus sentir sur tout mon corps le poids d'une montagne. Inondé de sueur, j'arrache enfin mes bras des noeuds que ses bras nerveux formaient autour de moi. Il me presse sans relâche; épuisé de lassitude, je ne puis reprendre haleine. Il me saisit à la gorge : je chancèle, je touche du genou la terre, et je mords la poussière.
J'allais succomber dans cette lutte inégale. J'appelle la ruse à mon secours, et, sous les traits d'un énorme serpent, je veux tromper et vaincre mon rival. En longs anneaux mon corps roule et s'élance. Ma langue brille armée d'un triple dard, et fait entendre d'horribles sifflements.
[66] Le héros sourit, et se moquant de mon artifice : "Achéloüs, dit-il, ce fut un des jeux de mon berceau d'étouffer des serpents. Quand tu les surpasserais tous en grandeur, pourrais-tu te comparer à l'hydre que je domptai dans les marais de Lerne ? Elle tirait de nouvelles forces des coups que je lui portais. Dragon aux cent têtes, quand j'en abattais une, elle était sur-le-champ remplacée par deux autres plus terribles encore. Je domptai ce monstre, qui, toujours entier, se multipliait sous le fer, devenait plus terrible par ses défaites, et il expira sous l'effort de mon bras. Qu'oses-tu donc prétendre, lorsque te cachant sous la forme vaine d'un serpent, tu veux employer contre moi des armes qui te sont étrangères ?"
"Il dit : ses doigts saisissent mon cou, le meurtrissent, et je me sens pressé comme par des tenailles. Je fais de vains efforts pour m'échapper. Une seconde fois vaincu sous cette forme, il m'en restait une troisième à prendre : c'était celle d'un taureau puissant; je la revêts, et je recommence le combat. Hercule se porte sur mes flancs, jette autour de mon cou ses bras nerveux : je l'entraîne, et, sans lâcher prise, il me suit, saisit de mon front la corne menaçante, me courbe, me renverse à ses pieds, me roule sur l'arène. Ce n'était pas assez : tandis qu'il me tient par les cornes, il en rompt une, et l'arrache de mon front. Les Naïades l'ayant remplie de fruits et de fleurs, la consacrèrent, et elle devint la corne d'abondance".
[89] "Le dieu finissait le récit de ces combats, lorsque, semblable à Diane, une des Nymphes qui le servent s'avance, la robe retroussée et les cheveux flottants. Elle apporte cette corne féconde, et par elle de tous les trésors de Pomone couronne le banquet.
Cependant la Nuit a replié ses voiles sombres; et dès que les premiers rayons du Soleil éclairent la cime des coteaux, Thésée et ses compagnons partent, sans attendre que le fleuve débordé roule ses flots tranquilles et soumis. Achéloüs replonge dans l'onde son front désarmé.
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