 | Description |  |
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"Je demande à être porté directement de mon domicile au cimetière Montparnasse, dans le caveau où est ma mère, sans passer par l'église, ce que je ne saurais faire sans violer mes sentiments."
Orphelin de père à sa naissance, Charles Augustin Sainte-Beuve sera élevé dans le culte du souvenir de ce dernier par sa mère et sa tante. Il suivra des cours de rhétorique et de philosophie au lycée Condorcet à Paris, où il se distinguera et se passionnera pour Chateaubriand, Lamartine et Lamarck. Son cursus universitaire le conduira sur les bancs de la faculté de médecine qu'il délaissera avant terme pour se consacrer à la critique littéraire au journal Globe en 1827.
Il se liera d'amitié avec Victor Hugo et sera admis dans le Cénacle, groupe constitué autour de Charles Nodier qui deviendra le berceau du mouvement romantique français. Son premier essai publié en 1828, Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIème siècle, prendra la forme d'une étude comparative entre les romantiques et les poètes de la Pléiade. Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme, publié en 1829 sous forme de prose et de versets, sera un échec. Sainte-Beuve tombera amoureux d'Adèle, la femme de Victor Hugo, et entretiendra une importante correspondance avec le couple. Ces échanges seront rassemblés dans les Consolations publiées en 1830.
Influencé par les socialistes Pierre Leroux et Lammenais, Sainte-Beuve entreprendra la rédaction de unique roman, Volupté, publié en 1834. Il se consacrera à la critique littéraire pour la Revue des Deux Mondes après ce nouvel échec littéraire, et se liera d'amitié avec Georges Sand. Il publiera successivement Critiques et Portraits littéraires (1836-1839), Portraits de femmes (1844), Portraits contemporains (1846) au terme d'importants travaux d'investigation qui lui permettront d'associer étroitement la vie d'un artiste et son oeuvre.
Professeur de littérature à Lausanne (1837-1838) et à Paris, il se consacrera l'étude des écrivains jansénistes et donnera une série de conférences sur ce thème qui seront rassemblées dans Histoire de Port-Royal (1840-1859). Dix Ans après en littérature, publié en 1840, consacrera sa rupture avec le romantisme.
Nommé conservateur de la Bibliothèque Mazarine à partir de 1840, élu académicien en 1848, Sainte-Beuve s'écartera de cette institution lors de la révolution de 1848 et quittera momentanément la France. Il se consacrera exclusivement au journalisme et à la critique littéraire à son retour, notamment dans le Constitutionnel (1849/1852) puis le Moniteur (1852/1861).
Professeur de poésie latine au Collège de France (1855) et de littérature française à l'École normale supérieure (1857-1861), il se ralliera à l'Empire et sera nommé sénateur en 1865. Ses prises de position en faveur de la liberté de la presse lui attireront la sympathie des libéraux et du monde ouvrier. Sainte-Beuve laissera derrière lui une importante correspondance et des Carnets intimes dont une anthologie sera publiée sous le titre Mes poisons, posthume, 1926.
"La plupart des hommes célèbres meurent dans un véritable état de prostitution."
Charles Augustin Sainte-Beuve, Mes poisons.
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