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Guide de visite : Jules Michelet (1798-1874)
Jules Michelet (1798-1874)





Artiste : Thomas Couture

Modèle : Jules Michelet

Date : vers 1843

Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
Acquisition : Don de madame Michelet (1898)
Musée Carnavalet
Le Romantisme
Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau
Rez-de-chaussée - Paris au XIXème siècle - Section 122
Elément 1 sur 3
Collections historiques
Peinture (Portrait)

Région en relation
Paris (France)

Description   

Né dans le choeur d'une ancienne église située au croisement de la rue de Tracy (n°14) et de la rue Saint-Denis, dans le quartier des Halles, occupée au cours de la Terreur par l'imprimerie paternelle, Jules Michelet connaîtra une enfance pauvre. La famille déménagera successivement rue Montmartre, rue du Jour, rue Française, 10 rue des Saints-Pères, boulevard Saint-Martin, rue Notre-Dame de Nazareth, rue du Carême-Prenant, rue de Périgueux, où décédera madame Michelet en 1814. Son père, réduit à la pauvreté par la censure napoléonienne, terminera sa vie comme comptable d'une maison de santé située 7 rue Buffon, après avoir envoyé son fils au collège Charlemagne.

Le jeune Michelet remportera un prix de discours français au concours général et obtiendra, en 1819, le titre de docteur ès lettre avec deux thèses, l'une sur les Vies de Plutarque, l'autre sur L'Idée de l'infini d'après Locke. Il obtiendra l'agrégation de lettres, le 21 septembre 1821, et deviendra professeur à l'institution Briand. L'abbé Nicole, l'un des fondateurs du collège Sainte-Barbe, lui demandera d'enseigner l'histoire dans son institution. Michelet publiera, à l'intention de ses élèves, le Tableau chronologique de l'histoire moderne (1453-1789) en 1824, puis un Précis d'histoire moderne en 1829.

Traducteur par passion d'ouvrages de philosophie, Michelet obtiendra la chaire de philosophie et d'histoire de l'École normale, rétablie en 1826 par monseigneur Frayssinous sous le titre d'École préparatoire. Il renoncera à celle de philosophie en 1829 et entamera son Histoire romaine, dont la première partie, qui traite de la République, sera publiée en 1831. Bien que catholique depuis son baptême en 1816, Michelet proclamera son libéralisme politique et philosophique dans son Introduction à l'histoire universelle, écrite au lendemain de la Révolution, dans lequel il présentera le Christianisme, la Réforme et la Révolution comme les trois étapes capitales de l'histoire de la liberté humaine. Chargé d'enseigner l'histoire du Moyen-Age et des temps modernes à l'École normale après 1830, Michelet sera nommé par Guizot, alors ministre de l'Intérieur, chef de la section historique des Archives Nationales en 1834. Il suppléera ce dernier à la Sorbonne, dans ses cours d'histoire de France et entamera, à partir de 1831, la composition son vaste ouvrage sur l'histoire de France. Les deux premiers volumes seront publiés en 1833.

Nommé à la chaire d'histoire et de morale du Collège de France en 1838, Michelet abandonnera son Histoire de France à la fin du XVème siècle, pour se consacrer à l'Histoire de la Révolution qui donnera naissance à sept volumes publiés entre 1847 et 1853. Il y ajoutera un ouvrage sur Les Femmes de la Révolution, en 1854, puis reprendra la rédaction son Histoire de France au point où il l'avait laissée en 1847. Cette suite donnera naissance à onze nouveaux volumes, publiés entre 1855 et 1867. Le premier volume de l'Histoire du XIXème siècle, publié en 1872, sera suivi de deux autres qui paraîtront en 1875, après son décès.

La révolution de 1848, saluée par Michelet comme la réalisation de toutes ses espérances pour la liberté de la France et du monde, sera ingrate à son égard. Elle le suspendra du Collège de France en 1849. Michelet, destitué des Archives en 1852 pour avoir refusé de prêter serment au gouvernement de Louis-Napoléon, partira pour Nantes.

Citations :

"En octobre 1830, c'est-à-dire deux mois juste après la Révolution de Juillet, j'écrivis et bientôt lançai un petit livre, Introduction à l'Histoire Universelle. J'y arrachais l'histoire du fatalisme."
Michelet

"Je suis utopiste et vous êtes réformateur."
George Sand à Michelet, 1er avril 1845

"Le seul romantique aura été le père Michelet. Quel sillon il laissera ! Que d'idées, que d'aperçus !... Enfin, je l'aime."
Gustave Flaubert, Correspondance, novembre 1864


Jules Michelet (1798-1874)
Thomas Couture
Jules Michelet