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Guide de visite : Monument de Christine de Suède
Monument de Christine de Suède





Artiste original : Carlo Giuseppe Fontana

Date : XVIIIème siècle

Matériaux : Marbre, Bronze
Inscription au Patrimoine Mondial par l'Unesco : 1984

Elément 9 sur 25
Sculpture
Sculpture (Monument funéraire)

Région en relation
Le Vatican (Le Vatican)

Description   

Une médaillon en bronze représente le profil de la souveraine.

Fille unique du roi Gustave Adolphe, chef des armées protestantes pendant la Guerre de Trente Ans, Christine de Suède sera élue reine à l'âge de quatre ans, après la mort de son père à la bataille de Lützen. Son règne effectif, qui commencera en 1644, sera marqué à ses débuts par dans les négociations du traité de Westphalie. Parlant français, allemand, italien et latin aussi bien que suédois, elle recevra à sa cour de nombreux savants, philosophes et artistes, parmi lesquels Descartes. Le mode de vie et la liberté d'expression de la reine ne seront pas du goût des protestants luthériens, la religion officielle du pays. Opposée au mariage, malgré une liaison avec comte Magnus de la Gardie, Christine s'opposera à la noblesse suédoise soucieuse des intérêts nationaux en fréquentant les jésuites.

Elle renoncera au trône au profit de son cousin Charles Gustave, prétextant que le trône était un fardeau trop lourd pour une femme, et se convertira au catholicisme. Elle quittera sa Suède natale le jour du couronnement de Charles Gustave, en juin 1654. Habillée en homme, voyageant avec une suite réduite de douze personnes, elle traversera l'Allemagne et la Hollande protestantes, et parviendra en août dans les Pays-Bas espagnols, premier pays catholique de son itinéraire, où elle sera reçue par l'archiduc Léopold. Son séjour de onze mois à Anvers et à Bruxelles lui vaudra la réputation de la femme lesbienne, libertine et scandaleuse.

Elle débarquera à Rome en en novembre 1655. Le nouveau Pape Alexandre VII lui déroulera le tapis rouge. Le collège des cardinaux, qui l'attendait à la porte de la ville, l'accompagnera avec la noblesse romaine jusqu'à la basilique de Saint-Pierre, où elle se prosternera devant l'autel. Pour l'Eglise, la conversion d'un personnage aussi important représentait une victoire sur l'hérésie protestante. Le jour de Noël, elle retournera à Saint-Pierre pour faire sa première communion qu'elle recevra des mains du pape. Ce dernier l'invitera à dîner le lendemain, honneur extraordinaire pour une femme, avant qu'elle ne soit escortée en procession au Palais Farnèse, que le duc de Parme avait mis à sa disposition.

Le pape et de la curie prendront leurs distances avec celle qui refusera d'adopter les moeurs d'une catholique dévote. Cette reine sans royaume revendiquera alors le trône de Naples. Le royaume des deux Siciles, colonie espagnole, était en rébellion depuis presque une décennie. Le duc de Guise, qui avait pris la tête d'une insurrection soutenue par les Français en 1648, échouera une première fois et sera emprisonné. Il prendra ensuite la tête d'une escadrille navale pour évincer les Espagnols. Sous prétexte que la peste l'empêchait de passer par l'Allemagne, Christine demandera la permission de traverser la France afin de se rendre en Suède, afin d'y régler des affaires financières. Elle sera accueillie, en août 1656, à Lyon par le duc de Guise, avant de se rendre à Paris qui lui consacrera une semaine de cérémonies et de divertissements. Les Français lui proposeront le trône de Naples, à la condition qu'ils puissent récupérer le territoire à sa mort. Mazarin songera d'y installer Philippe d'Anjou, frère de Louis XIV, pour fonder une dynastie Bourbon qui servirait de contrepoids à la puissance de l'Espagne.

Trahie par son écuyer Monaldeschi, qui préviendra les Espagnols de son alliance avec les Français, la reine Christine le fera assassiner par trois de ses gardes dans la Galerie des Cerfs. Ce crime lui vaudra le surnom de Sémiramis suédoise. Ecarter du trône de Naples, Christine rentrera en Italie après avoir emprunté d'importantes sommes d'argent à Mazarin. Elle envisagera un instant de revendiquer le trône de Pologne, et finira sa vie à Rome où elle décédera en 1689. Elle est enterrée dans les Saintes-Grottes.

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