
|  | Virûpaksa, roi-gardien du continent de l'Ouest Lokapâla Elément 5 sur 5
Arts d'Extrême-Orient Sculpture (Statuette)
Matériaux : Cuivre doré et incrusté
Date : XVème siècle
Région en relation : Tibet (Chine (République populaire))
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| Description |  |  |
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Les Lokapâlas sont les "Gardiens du monde", les quatre grands rois présidant aux quatre coins du monde et aux quatre saisons. Empruntés à l'iconographie indienne et intégrés à l'iconographie bouddhiste, ils sont les "protecteurs". Leur première tâche est de garder le Bouddha, puis le monde, de l'invasion des démons.
Toujours représentés debout et souvent en tenue de combat, ils sont souvent placés à l'entrée du "Dukkang", salle d'assemblée et de prière dans les monastères.
Ils sont au nombre de quatre :
- Dhritarastra (Yulkor-Rung au Tibet) "Celui qui maintient le royaume de la Loi". De couleur blanche (pureté), il siège à l'Est et porte un instrument à cordes. Au Népal, on le connaît sous le nom de Vinaraja, "le roi qui joue de la vina". Il règne sur les Gandharvas, esprits musiciens.
- Virudhaka (Pha Kye Po au Tibet) "Le grand homme". Son aspect est très terrible. Il siège au Sud, est de couleur bleu ou vert et porte l'épée de la main droite. Il règne sur les Khumbhandas, les géants.
- Virupaksa (Mi-mi Sang au Tibet) "Celui qui a l'oeil mauvais". Son aspect est très courroucé. Il siège à l'Ouest, est de couleur rouge et a comme attribut le reliquaire ou le stupa (caitya). Il tient quelquefois la corde dans la main gauche, et le serpent, car il est le "Maître des Najas", les défenseurs de la loi bouddhique.
- Vaishravana (Naù Ths Sy au Tibet) "Celui qui entend tout". Ce chef des Lokapalas correspond à la divinité hindouiste Kuvera, appelé Jhambala au Népal. Souvent assis sur un lion blanc, il siège au Nord, à la tête des Yaksha, génies de la nature. Il est de couleur jaune et son attribut est la mangouste crachant les joyaux (nakula) et la bannière.
Certains détails relient cette oeuvre aux Lokapâlas du Tibet méridional, représentés sur les stûpas sans doute construits entre 1350 et 1550. La figuration de rois-gardiens dans ce pays sera fortement marquée par l'influence de la Chine, comme le montre l'armure qui est une variation de celles datant de la dynastie des Tang (618-907).
La technique à la cire perdue pour produire cette statuette de cuivre pur permet un traitement remarquable des écharpes flottantes, du serpent et des mains. Cette pièce dorée sera rehaussée par un décor d'incrustations de lapis-lazuli, de turquoise, de corail rose, rouge, selon un mode typiquement tibétain. Des traces de polychromie apparaissent sur les lèvres et la chevelure. Cette oeuvre, qui s'inscrit dans le bouddhisme Vajrayâna caractérisant la culture locale, témoigne de l'influence de la Chine. Elle rappelle l'époque au cours de laquelle cette dernière entretenait des liens privilégiés avec le Tibet, en charge des affaires religieuses dans l'empire mongol au XIVème siècle.
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