

| Date : entre le IIème et le IIIème siècle
Matériaux : Pierre
| Elément 19 sur 108 Arts d'Extrême-Orient Sculpture (Statue)
Région en relation Gandhara (Pakistan)
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 | Description |  |
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Le Gandhara se situe au carrefour des grandes civilisations de l'Antiquité : l'Inde, l'Asie Centrale et la Chine, la Perse et le monde méditerranéen. Ses liens avec l'est de l'Inde résisteront à l'annexion achéménide. La région deviendra une province de l'empire indien Maurya au Vème siècle avant Jésus-Christ, avant de passer aux mains des Gréco-Bactriens qui prendront le contrôle de la vallée de Peshawar. Taxila et Begram seront alors des centres culturels actifs.
L'art du Gandhara, très influencé par les cultures grecque et indienne et par le bouddhisme, sera florissant du Ier au VIIème siècle. Les artistes gréco-bouddhiques seront les premiers à représenter le corps du Bouddha, jusqu'alors évoqué que par des symboles (lotus, parasol, roue, empreintes de pas). La codification de nombreux attributs physiques (parures, attitudes) sont toujours d'actualité : les six gestes de base, le chignon (ushnisha) de cheveux bouclés, le point entre les deux yeux (uma).
Le Bouddha du Gandhara est inspiré des représentations d'Apollon : cheveux bouclés, figure jeune, les yeux en amande, long nez droit, lèvres pleines et corps masculin. Les bas reliefs qui l'accompagnent évoquent les scènes hellénistiques : enfants soutenant des guirlandes, atlantes, scènes dionysiaques et motif architectural pseudo-corinthien à feuilles d'acanthe.
Les Bodhisattvas, moustachus et aux cheveux longs, sont parés de guirlandes de plantes.
Les pièces les plus remarquables de cette période proviennent de Taxila.
Le terme sanskrit bodhisattva (être : sattva /d'éveil : bodhi) signifie "celui dont l'aspiration héroïque est d'atteindre l'éveil". Il appartient au vocabulaire religieux du bouddhisme et désigne des personnes qui, ayant acquis l'état de bouddha, refusent le nirvâna par compassion pour se réincarner et venir en aide aux autres.
Les très nombreux bodhisattvas (Avalokitesvara, Manjusri, Maitreya, Lokesvara, Samantabhadra ...) sont essentiellement honorés dans le bouddhisme mahâyâna et le vajrayâna. Dans le bouddhisme theravâda, le terme de bodhisattva désigne des aspirants à l'éveil qui, par volonté pure et la pratique des vertus dites paramita, ne cherchent pas à atteindre leur seul salut et devenir arahant, mais obtenir la connaissance complète de la Vérité afin d'enseigner aux autres disciples et devenir ainsi un bouddha parfait. Contrairement au bodhisattva présenté dans le mahâyâna qui choisit ses incarnations, le bodhisattva theravâda rejoindra le nirvâna après la mort.
L'idéal du bodhisattva est sans doute le plus important des concepts religieux né du mouvement bouddhiste mahayana. Les bodhisattvas ont la capacité de se libérer de la souffrance, mais ils préfèrent assumer la tâche d'en libérer les autres. Leur compassion, sans limite, transcende toute pensée de division. Le bodhisattva est l'ami, le serviteur et le parent spirituel de tous sans distinction. La force de la compassion du bodhisattva est représentée par divers moyens, dont l'art visuel. Dans la culture tibétaine, l'expression la plus largement connue est celle décrite dans la légende de Tchènrézi (le bodhisattva de grande compassion) à Mille Bras. Tchènrézi pensait, qu'à moins d'avoir mille bras et mille yeux, il ne pourrait jamais accomplir les souhaits de tous. Il obtiendra d'avoir mille bras et mille yeux.
Selon les écritures du mahayana, c'est par compassion qu'un bodhisattva repousse sa propre atteinte de l'éveil alors que la compréhension profonde lui permet de transcender le monde fluctuant de l'existence. Autrement dit, le bodhisattva suit une route médiane entre la paix solitaire de la non-existence et le flux perpétuel du devenir. La première étape sur la voie du bodhisattva consiste à "développer la motivation héroïque". Le bodhisattva fait le voeu solennel de rechercher l'éveil total dans le but de libérer tous les êtres de la souffrance. Ce voeu doit se fonder sur une compassion profonde et sur la conviction de l'importance extrême de dédier sa vie au bien d'autrui. Il est prêt à passer un nombre infini de vies, s'il le faut, à accomplir les souhaits de tous les êtres sans exception.
Le Dalaï-lama cite très souvent cette strophe qui contient l'essence de cette aspiration :
Tant que l'espace durera,
Tant qu'il restera des êtres,
Puisse-je moi aussi demeurer
Pour enrayer la souffrance de tous.
Nombreux sont les textes classiques du mahayana qui décrivent la vie du bodhisattva. Parmi eux, le plus important et le plus célèbre est sans aucun doute La Marche vers l'éveil de Shantidéva. Poète indien bouddhiste qui vécut au VIIe siècle, Shantidéva est vénéré comme un saint par tous les bouddhistes du mahayana. Au Tibet son texte est la référence de base pour tous ceux qui étudient et pratiquent l'idéal du bodhisattva. Quiconque a entendu le moindre enseignement du présent Dalaï-lama aura remarqué l'immense influence qu'exerce cet ouvrage sur sa façon de penser et d'agir.
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