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   Etats-Unis > New York City > Metropolitan Museum of Art > Fra Filippo Lippi, Ghirlandaio - Peinture séculiaire > La Légende de Clélie (Cloelia)
Guide de visite : La Légende de Clélie (Cloelia)
La Légende de Clélie (Cloelia)






Date : vers 1480

Dimensions : 116 cm x 45 cm
Matériaux : Tempera sur bois, _Or
Acquisition : Frederick C. Hewitt Fund (1911)
Vie de Publicola XIX
Elément 11 sur 27
Peinture italienne
Peinture (Thème mythologique)

Région en relation
Sienne (Italie)

Description   

XVIII - Publicola, persuadé que Porsenna était moins un ennemi à redouter qu'un ami et un allié précieux à acquérir, ne refusait pas de le prendre pour juge entre Tarquin et les Romains ; il provoqua même plusieurs fois le tyran à venir défendre sa cause devant ce prince, s'engageant à le convaincre qu'il était le plus méchant des hommes, et qu'il avait mérité d'être chassé du trône. Tarquin répondit fièrement qu'il ne voulait point de juge, et Porsenna moins que tout autre, si ce prince l'abandonnait, au mépris de l'alliance qu'il avait faite avec lui. Cette réponse déplut à Porsenna, et l'éclaira sur le compte de Tarquin. Sollicité d'ailleurs par son fils Aruns, qui prenait avec chaleur les intérêts des Romains, il leur offrit la paix à condition qu'ils lui rendraient avec les prisonniers les terres qu'ils avaient conquises dans la Toscane, et que, de leur côté, ils reprendraient leurs transfuges. Les Romains y consentirent, et donnèrent pour otages dix jeunes gens de famille patricienne, et autant de jeunes filles, du nombre desquelles était Valéria, fille de Publicola.

XIX - L'accord ainsi fait, Porsenna, sur la foi du traité, avait déjà renvoyé la plus grande partie de son armée, lorsque les jeunes Romaines qui étaient dans son camp, ayant eu un jour envie de se baigner, descendirent vers un endroit du Tibre où le rivage forme un coude dans lequel le fleuve s'enfonce et conserve toujours ses eaux tranquilles. Quand ces jeunes filles virent qu'elles étaient sans gardes, et que personne ne passait l'eau d'aucun côté, elles prirent tout à coup la résolution de traverser la rivière à la nage, malgré sa profondeur et sa rapidité. On dit qu'une d'entre elles, la passant à cheval, soutenait et encourageait ses compagnes. Arrivées heureusement à l'autre bord, elles vont trouver Publicola, qui, au lieu d'admirer et de louer leur action, leur en témoigna son mécontentement. Il craignit qu'on ne le soupçonnât d'être moins fidèle que Porsenna à ses engagements, et que l'audace de ces filles ne fût regardée comme une infraction au traité de la part des Romains. Il les fit donc reprendre, et les renvoya sur-le-champ à Porsenna. Tarquin, averti de leur retour, se met en embuscade, et, avec une troupe supérieure en nombre, attaque au passage de la rivière ceux qui les escortaient. Les Romains se défendirent vigoureusement ; et, pendant l'action, Valéria, fille de Publicola, poussa son cheval au travers des combattants, suivie de trois esclaves, qui la conduisirent au camp de Porsenna. Le reste de la troupe soutenait toujours le combat ; mais ils étaient près de succomber, lorsque Aruns, fils de Porsenna, instruit de leur danger, vole à leur secours, met en fuite les gens de Tarquin, et dégage les Romains. Porsenna fit venir devant lui ces jeunes filles, et demanda quelle était celle qui avait donné l'exemple à ses compagnes et les avait excitées à la suivre. Quand on lui eut montré Clélie, il la regarda d'un oeil doux et serein ; et, ayant fait amener un des plus beaux chevaux de son écurie, couvert d'un riche harnais, il lui en fit présent. Ce don est une preuve que font valoir ceux qui veulent que Clélie ait passé seule le Tibre à cheval ; d'autres disent que Porsenna voulut seulement par là honorer son courage. On voit encore sa statue équestre dans la rue Sacrée, du côté qui mène au mont Palatin. Il y en a qui prétendent que cette statue n'est pas celle de Clélie, mais de Valéria. Porsenna, ayant conclu la paix avec les Romains. leur donna des preuves éclatantes de sa générosité et de sa magnificence. Il fit ordonner à ses troupes de n'emporter que leurs armes, et de laisser dans le camp toutes les provisions, toutes les richesses qui y étaient, et dont il fit présent à la ville. Aussi, de nos jours encore, lorsqu'on vend à Rome des biens qui appartiennent au public, le crieur commence la vente en annonçant que ce sont les biens de Porsenna, honneur qui consacre par une reconnaissance éternelle la libéralité de ce prince. On lui érigea aussi, vis-à-vis le lieu où le sénat s'assemble, une statue de bronze ; elle est d'un goût antique et grossièrement travaillée.

Plus de photos   

La Légende de Clélie (Cloelia)
Guidoccio di Giovanni Cozzarelli