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Guide de visite : La décapitation de saint Jean-Baptiste
La décapitation de saint Jean-Baptiste






Date : entre 1455 et 1460

Matériaux : Tempera sur bois
Acquisition : Mr. and Mrs. Martin A. Ryerson Collection (1933)
Six scènes de la vie de saint Jean-Baptiste
Elément 13 sur 29
Peinture européenne
Peinture (Thème religieux)

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Sienne (Italie)

Description   

Après avoir baptisé Jésus et l'avoir désigné comme "l'Agneau de Dieu", saint Jean-Baptiste lui confiera ses disciples. Hérode Antipas, gouverneur de Judée, le fera arrêter en 27 ou 28. Jean-Baptiste lui reprochait d'avoir épouser Hérodias, femme de son demi-frère. A la demande de Salomé, fille d'Hérodias et d'Hérode, saint Jean sera décapité. La tête lui sera apportée sur un plateau.

Le mythe de Salomé sera une source d'inspiration constante pour les peintres, les poètes et les musiciens occidentaux.

Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, était le fils d'Hérode le Grand, le tyran qui avait ordonné le massacre des Innocents après avoir reçu les rois Mages. L'historien romain Flavius Joséphe décrit ce fils comme un souverain paisible. Selon la tradition chrétienne, il fera arrêter le prophète Jean-Baptiste qui dénonçait son adultère avec Hérodiade, l'épouse de son propre frère. L'Evangile selon Saint Luc (III, 19-20) rapporte ainsi l'événement :

Mais Hérode, le tétrarque, prouvé coupable par lui au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et de tous les méfaits qu'Hérode avait commis, ajouta encore à tous celui de faire enfermer Jean en prison.

Flavius Joséphe nous apprendra que le roi craignait davantage le rôle de meneur de Jean, qui rassemblait des foules toujours plus nombreuses et menaçait son pouvoir. Le prophète sera enfermé dix mois. Hérode, qui viendra souvent s'entretenir avec son prisonnier, trouvera dans ces entretiens un étonnant mélange de plaisir et de perplexité. Jean-Baptiste suscitera la haine d'Hérodiade en condamnant sa conduite au nom de la loi juive qui interdisait d'épouser la femme de son frère. Cette dernière, petite-fille d'Hérode le Grand, était à la fois la nièce d'Hérode Antipas et sa belle-soeur. Pour l'épouser, le tétrarque avait dû non la faire divorcer répudier sa propre femme.

Le prophète sera décapité aux alentours du mois de mars 29, dans la citadelle de Machaerous, au bord de la Mer Noire. L'épisode de la décollation de Jean-Baptiste, comprenant le récit de la danse de Salomé, est mentionné que par deux des quatre évangélistes, Matthieu et Marc.

"En ce temps-là, le tétrarque Hérode apprit la renommée de Jésus et dit à ses familiers : "C'est Jean-Baptiste ! Il est ressuscité des morts ; voilà pourquoi se manifeste en lui le pouvoir des miracles". (Matthieu XIV, 1-12)"

Hérode fera arrêter Jean à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe ; car Jean lui disait : "Il ne t'est pas permis de l'avoir pour femme".

La fille d'Hérodiade, invitée à danser au cours de l'anniversaire d'Hérode, séduira ce dernier qui s'engagera par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait. Elle répondit, à l'instigation de sa mère: "Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste". Le roi, attristé, ordonnera de décapiter Jean dans sa prison. Sa tête sera apportée sur un plat à la jeune fille, qui l'apportera à sa mère. Les disciples de Jean enseveliront le cadavre et l'ensevelirent, puis informeront Jésus. Le nom de Salomé n'est pas mentionné dans le récit de Matthieu.

"Le roi Hérode entendit parler de Jésus, car son nom était devenu célèbre, et l'on disait : "C'est Jean-Baptiste ressuscité d'entre les morts ; voilà pourquoi se manifeste en lui le pouvoir des miracles". D'autres disaient : "C'est Elie". D'autres encore : "C'est un prophète comme les autres prophètes". Entendant ces mots, Hérode disait : "C'est Jean que j'ai fait décapiter. Il est ressuscité".

En effet, Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait charger de chaînes et jeté en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe, qu'il avait épousée. Car Jean disait à Hérode : "Il ne t'es pas permis d'avoir la femme de ton frère". Ainsi Hérodiade le haïssait-elle et elle aurait bien voulu le faire mourir, mais elle ne le pouvait pas, car Hérode craignait Jean, sachant que c'était un homme juste et sain, et il le protégeait. Quand il l'avait entendu, il restait fort perplexe, et cependant il l'écoutait avec plaisir.

Mais vint un jour propice, lorsque Hérode, pour son anniversaire, donnait un banquet à ses dignitaires, à ses officiers et aux notables de Galilée. La fille d'Hérodiade entra, dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit alors à la jeune fille : "Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai". Et il lui en fit serment : "Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume". Elle sortit donc et dit à sa mère : "Que dois je demander ?". Celle-ci répondit : "La tête de Jean-Baptiste". En toute hâte, elle revint auprès du roi et lui fit cette demande : "Je veux qu'à l'instant tu me donnes sur un plat la tête de Jean-Baptiste". Le roi fut contristé, mais à cause de son serment et des convives, il ne voulut pas refuser. Et aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Celui-ci alla le décapiter dans sa prison, puis il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille et la jeune fille la donna à sa mère. A cette nouvelle, les disciples de Jean vinrent prendre son cadavre et le mirent au tombeau. (Marc VI, 14-29)"

Cet épisode semble avoir partiellement été inspiré par les récits des chroniqueurs romains. Flavius Joséphe, l'historien du peuple juif qui sera le premier à nommer Salomé, évoquera l'exécution en la présentant comme un crime politique.

Salomé, fille d'Hérodiade et de son premier époux Hérode Philippe, épousea son oncle Aristobule III, tétrarque de l'Iturée, puis le roi de la Petite Arménie, qui lui donna trois garçons. Décédée en 72, elle devait être très jeune au moment de la décapitation de Jean Baptiste.

Les historiens estiment qu'il semble improbable qu'une princesse ait pu danser seule devant un banquet d'hommes. Les usages de la cour de Galilée devaient proscrire de telles pratiques. Renan affirmera, dans sa Vie de Jésus, que la danse avait un caractère "qu'on ne considère pas en Syrie comme messéante à une personne distinguée".

Le mythe de Salomé semble être l'oeuvre des Pères et des Docteurs de l'Eglise qui mettaient ainsi en garde les croyants contre les effets pervers de la danse et de la séduction féminine. Salomé devaient, à leurs yeux, apparaître impudique, cruelle et lascive. Saint Ambroise, l'un des grands moralistes chrétiens du IVème siècle, précisera que la danse dévoilait "les parties de son corps que les moeurs apprennent à cacher".

Les auteurs germaniques enrichiront le mythe, au XIXème siècle, de l'amour de Salomé pour Jean-Baptiste et du scandaleux baiser à la tête coupée. Oscar Wilde inventera ensuite l'expression de la Danse des sept voiles.

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