

| Date : vers 1706
Matériaux : Peinture à l'huile sur toile Acquisition : Preston O. Morton Memorial Fund (1970)
| Elément 15 sur 21 Peinture européenne Peinture (Thème historique)
Région en relation Italie
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 | Description |  |
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Le général romain Scipion L'Africain, ayant libéré les otages celtibères après avoir conquis Carthagène (Carthago Nova en Espagne) en 211 avant Jésus-Christ, refusera la très belle jeune fille que ses soldats lui offriront et la rendra à sa famille.
Tite-Live rapportera ainsi les événements :
Histoire Romaine (Livre XXVI, 49)
"Scipion, qui les avait fait appeler (les otages), commença par les rassurer tous, en leur représentant qu'ils étaient au pouvoir du peuple romain, qui aimait mieux s'asservir les coeurs par les bienfaits que par la crainte, et s'attacher les nations étrangères par les liens de la bonne foi et de l'amitié, que leur imposer le joug d'un cruel esclavage."
Scipion décidera de garder une partie des otages pour garantir les alliances, parmi lesquels de nombreuses jeunes filles dont celles du roi celtibère Indibilis.
Scipion lui dit : "Mon honneur et celui du peuple romain m'imposent la loi de conserver inviolable dans mon camp ce qui est partout respectable ; mais ce qui me rend ce devoir encore plus sacré, c'est votre vertu, c'est votre noble sollicitude, vous à qui l'infortune même n'a pas fait oublier les bienséants". Ensuite il confia ces captives à la garde d'un officier de moeurs irréprochables, et lui prescrivit de les traiter avec le respect et les égards que l'on doit aux épouses et aux mères de ses hôtes."
Bientôt après, les soldats conduisent devant lui une jeune princesse d'une beauté si accomplie que partout, sur son passage, elle attirait tous les regards. Scipion, s'informant de sa patrie et de sa famille, apprend, entre autres détails, qu'elle est fiancée à un chef des Celtibériens : il se nommait Allucius. Aussitôt il mande les parents et le futur époux, et, sachant qu'il aimait éperdument la jeune captive, il lui adresse, à son arrivée, les paroles les plus affectueuses, avant même de donner audience aux parents : "Je suis jeune, vous l'êtes comme moi ; nulle contrainte ne doit gêner nos discours. Mes soldats, en m'amenant votre fiancée, leur prisonnière, m'ont appris que vous l'aimiez avec tendresse, et sa beauté me l'a fait croire aisément. Mon âge aussi me permettrait peut-être de me livrer aux douceurs d'un amour chaste et légitime, si les intérêts de la république n'occupaient pas mon âme tout entière, et je croirais digne de quelque indulgence l'excès même de ma passion pour une jeune épouse ; je dois donc, puisque la fortune me le permet, favoriser aussi votre amour. Votre fiancée a été respectée dans mon camp comme elle l'eût été chez votre beau-père, chez ses propres parents. Je vous l'ai conservée comme un dépôt inviolable, pour vous en faire un présent digne de vous et de moi. Le seul prix que je mets à ce service, c'est que vous soyez l'ami du peuple romain ; si vous me croyez homme de bien, tels que mon père et mon oncle se sont montrés aux yeux de ces nations, sachez qu'il y a dans Rome beaucoup de citoyens qui me ressemblent, et qu'il n'est point sur la terre de peuple dont vous deviez plus redouter la haine et rechercher l'amitié.'
Le jeune homme, à la fois confus et pénétré de joie, prend la main de Scipion, et conjure tous les dieux de se charger de sa reconnaissance, puisqu'il n'est pas en son pouvoir de payer dignement un si grand bienfait. On introduit ensuite le père, la mère et les parents de la jeune captive. Ils avaient apporté, pour la racheter, une somme d'argent considérable ; mais voyant que Scipion la leur rendait sans rançon, ils le prient d'accepter cette somme à titre de présent, et lui assurent qu'ils ne seront pas moins sensibles à cette nouvelle grâce qu'à son premier bienfait. Scipion, vaincu par leurs instances, répond qu'il accepte, fait déposer l'or à ses pieds, puis s'adressant à Allucius : "Outre la dot, lui dit-il, que vous recevrez de votre beau-père, agréez de moi ce présent de noces". Et il l'invite à faire enlever cet or, et à en disposer comme de son bien.
(traduction édition Nisard, Paris, Dubochet, 1838, tome I, p. 756-757)
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