

| Date : vers 300 avant J.C.
| Elément 15 sur 15 Architecture extérieure Architecture extérieure (Edifice)
Région en relation Lindos (Grèce)
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D'après Blinkenberg, il n'y aurait jamais eu de sacrifices d'animaux sur l'acropole de Lindos, et seules des offrandes végétales étaient présentées à la déesse Athéna. De plus, il affirme qu'il n'y avait pas d'autel sur le parvis du temple, ce qui constituait une rupture totale avec l'architecture religieuse grecque, où tout temple est flanqué d'un autel. L'épithète "Lindia" ("de Lindos", "Lindienne") accolée au nom d'Athéna est d'origine préhellénique, autrement dit prémycénienne. Les Grecs auraient donc repris cette divinité, que les Doriens, à leur arrivée, auraient assimilée à Athéna, tout en gardant son culte non sanglant.
Il semble que des sacrifices sanglants aient été accomplis sur l'acropole à l'intention d'Athéna Lindia, d'après les indices suivants :
- des vestiges, mis au jour par Dyggve, démontrant l'existence d'un autel devant le temple ;
- des cendres animales et des os en connexion avec l'aire sacrée (téménos) ;
- des figurines votives représentant des animaux ou des hommes portant des bêtes.
Blinkenberg soutient que ces restes animaux étaient ceux de banquets rituels en relation avec le culte non-sanglant de la déesse. Cependant, pour les Grecs anciens, un banquet rituel sans sacrifice préalable aux dieux, avec qui l'on partageait sa nourriture, était inconcevable.
Histoire du temple
On raconte qu'au XVème siècle, Danaos (père des Danaïdes) se réfugia à Lindos, y érigea un temple et, suite au décès de trois de ses filles, consacra une statue en bois (xoanon) à Athéna. De toute évidence, le sanctuaire est ancien, comme le prouvent des objets datant du Néolithique et du Mycénien, ainsi que des grottes cultuelles creusées sous le temple.
Une stèle de marbre découverte à Lindos, La Chronique du Temple, composée au Ier siècle par un certain Timakhidas, fournit, outre une liste d'offrandes, de précieuses informations sur l'histoire de l'édifice.
D'après Blinkenberg, à l'origine, il n'y avait pas de temple, mais seulement une enceinte sacrée à laquelle Pindare ferait allusion. Il est probable qu'un premier temple fut bâti durant le VIème siècle.
Kléoboulos, toujours au VIème siècle, fit remplacer cette première construction par un édifice plus élaboré. Un escalier monumental de 7,50 mètres de large y donnait accès, ainsi qu'à un autel. Le temple est construit au bord de la falaise.
Vers 342, un incendie détruisit le temple de Kléoboulos, et l'on en rebâtit un autre à la fin du IVème siècle, peut-être vers 300. Toute l'aire fut réorganisée, avec l'addition des propylées. Le nouveau temple, dont on peut visiter actuellement les ruines, mesurait 21,65 mètres sur 7,75, comportait classiquement les trois pièces en enfilades pronaos (vestibule), naos (cella abritant la statue de la déesse) et opisthodomos (arrière-salle servant de trésor) et était du type tétrastyle amphiprostylos, c'est-à-dire présentant quatre colonnes, ici de style dorique, sur les façades avant et arrière.
Le sanctuaire était célèbre à l'époque hellénistique. Alexandre le Grand et certains de ses successeurs y offrirent des sacrifices somptueux et dédicacèrent des armes à Athéna Lindia suite à leurs victoires. Des artistes, tels que Boethos et Parrhasios d'Ephèse, y exposèrent leurs oeuvres.
La statue d'Athéna Lindia
A l'origine, les statues du culte (xoana - singulier : xoanon), censées être tombées du ciel, étaient taillées dans le bois. Certaines dataient peut-être de l'époque mycénienne. Aucune n'ayant été conservée jusqu'à nos jours, nous savons très peu sur leur apparence : il est possible qu'elles n'aient été pas été complètement anthropomorphes, mais aient eu des formes abstraites. Au VIIIème siècle avant Jésus-Christ, elles furent remplacées par des oeuvres en métal ou en terre cuite.
A l'examen de différentes figurines votives en terre cuite retrouvées dans une colonie de Lindos, Blinkenberg estime que celle du temple construit à l'époque de Kléoboulos représentait Athéna assise, portant un polos (chapeau cylindrique), des colliers et divers bijoux.
Après la reconstruction du temple à la fin du IVème siècle avant Jésus-Christ, la statue d'origine fut remplacée par une effigie chryséléphantine, c'est-à-dire d'or et d'argent, comme au Parthénon, avec la différence que, Lindos n'étant pas Athènes, elle ne pouvait vraisemblablement pas se payer une statue entièrement en or et ivoire. La structure, le corps et les membres étant sans doute en bois, seuls le visage et les extrémités étaient en ivoire, les armes et les bijoux (colliers, pectoraux), en or. Cette fois, sur le modèle phidien, Athéna était représentée debout, tenant un bouclier, mais semble avoir porté, comme l'ancienne image, un polos. L'on sait par la Chronique du Temple que la statue était attachée au mur du fond de la cella, sans doute pour compenser un manque d'équilibre et une taille surdimensionnée par rapport à un modèle humain.
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