| Contient |  |  |
 |
La disparition de la civilisation proto-élamite, vers 2700 avant Jésus-Christ, entraînera l'éclatement du pays en de multiples principautés.
La ville de Suse retombera sous la coupe des Sumériens. Les nouvelles principautés iraniennes s'opposeront aux Mésopotamiens. La cité ville d'Awan, se trouvant probablement entre Luristan (région exportatrice de métaux vers la Mésopotamie) et la Susiane, près de l'actuelle Dezful, entendra son influence sur les cités élamites après la victoire de son roi semi légendaire Kish Enmeberagasi au XVIIIème siècle avant Jésus-Christ. Les souverains d'Awan, qui règneront sur la fédération de principautés élamites, mèneront ensuite des incursions en Mésopotamie, particulièrement contre Kish, à la tête de coalition élamites.
Ils seront les premiers à avoir laissé une liste royale en Elam. Celle-ci commence avec trois rois inconnus. Viendront ensuite Peli (vers -2550 avant Jésus-Christ), Târî, Ukkutahish, Hishep-Ratep (vers -2450 avant Jésus-Christ), Shushuntarana, Napil-hush, Kukku-Sime-Temti, Luhî-Ishshan (vers 2325 avant Jésus-Christ), Hishep-Ratep II, Hielu Epir-Mudi et Hîta (vers 2250 avant Jésus-Christ)
Sargon d'Akkad (2334-2279 avant Jésus-Christ), qui envahira la Susiane, devra affronter les principautés élamites. Son troisième successeur, Narâm-Sîn (2254-2218 avant Jésus-Christ), poursuivra la lutte contre les souverains d'Awan avec l'aide du gouverneur de Suse : Puzur-Inshushinak (ou Kutik-Inshushinak). Ce dernier prendra son indépendance au cours de la période d'anarchie qui marquera la fin de l'Empire akkadien en Mésopotamie. Il s'emparera de l'Elam et lancera quelques offensives en Mésopotamie avant de se proclamer "Roi des Quatre Régions". Suse compte alors une population avoisinant les vingt mille habitants. Le nouveau souverain rétablira la langue élamite et donnera naissance à une nouvelle écriture pour retranscrire la langue du pays. Elle sera utilisée parallèlement à l'akkadien des anciens dominateurs, retranscrit dans l'écriture cunéiforme. L'écriture de Puzur-Inshushinak, appelée élamite linéaire car les signes sont construits avec des lignes, ne lui survivra pas. Le roi devra quitter le pouvoir après l'invasion des mêmes Guti qui avaient renversés les souverains akkadiens.
La ville de Simashki dominera ensuite les principautés élamites, sous l'impulsion de l'un de ses premiers souverains, Gir-Namme. La IIIème Dynastie d'Ur, qui dominait alors la Mésopotamie, étendait alors son pouvoir sur la ville de Suse placée sous les ordres d'un shakkanakum aux ordres du lugal (le roi) après sa prise par Shulgi (2094-2047 avant Jésus-Christ). Ce dernier tentera d'endiguer la montée en puissance de la dynastie de Simashki en mariant ses filles aux rois de Warahshe et d'Anshan. Il constituera, dans le même temps, une légion étrangère composée de guerriers iraniens montagnards qu'il postera en Elam conquis. Ibbi-Sîn, successeur de Shulgi, interviendra en Susiane et en Anshan vers 2020 avant Jésus-Christ, avant de tenter une nouvelle politique d'alliances.
La Mésopotamie se désagrègera progressivement, avant de se diviser entre les royaumes d'Ur et d'Isin. Kindattu, roi de Simashki, fera alliance avec les seconds. Il sera repoussé par le roi d'Isin Ishbi-Erra en 2007 avant Jésus-Christ, alors qu'il tentait de s'emparer du sud de la Mésopotamie. Il entreprendra une nouvelle offensive trois ans plus tard, qui lui permettra d'envahir la ville d'Ur et s'emparer de ses trésors. Le roi Ibbi-Sîn sera exilé en Anshan. Sa défaite marquera la fin de la IIIème dynastie d'Ur et de la domination sumérienne sur la Mésopotamie.
Kindattu, nouveau maître de l'Elam, réinstaurera l'ordre en place sous les proto-élamites mais renoncera à s'établir en Mésopotamie. Les souverains d'Isin, puis de Larsa, se partageront la région. Simashki, enrichie par les réserves du Luristan, se substituera à Suse et à Anshan qui conserveront une place importante dans le royaume. L'influence mésopotamienne, véhiculée par Suse, s'imposera dans le pays au détriment de l'art élamite. L'akkadien, toujours utilisé sous les souverains de Simashki, sera progressivement abandonné au profit de l'élamite de type syllabique adapté à l'écriture cunéiforme mésopotamienne. Les deux langages seront alors retranscrits avec des signes identiques. Il en sera ainsi jusqu'à la fin de l'Elam.
Le roi Gungunum de Larsa ravagera l'Elam à la fin du XXème siècle avant Jésus-Christ, avant de s'emparer de Suse quelques années plus tard. La dynastie de Simashki, qui s'éteindra progressivement dans le courant du XIXème siècle avant Jésus-Christ, livrera une liste royale comprenant les noms de Gir-Namme (vers -2030 avant Jésus-Christ), Tazitta I, Ebarat I, Tazitta II, Lurrak-Luhha, Huba-simti, Kindattu (vers 2000 avant Jésus-Christ), Indattu-Inshushinnak I, Tan-Ruhuratir, Ebarat II, Indattu-Inshushinnak II, Indattu-Napir et Indattu-Temti.
Les premiers souverains de la nouvelle dynastie d'Eparti, fondée par le souverain du même nom, reconstruiront Anshan. Ils domineront l'Elam et le Haut-Pays après l'effondrement de la dynastie de Simashki. La population élamite, d'origine nomade, s'opposera à la civilisation akkadienne sédentarisée de Susiane qui était alors une possession mésopotamienne (le royaume de Larsa). Les souverains épartides se proclameront "Rois de Suse et d'Anshan", du Bas et du Haut Pays après leur reconquête de Suse et la réunification du pays. Ils feront d'Anshan une capitale opulente - grâce aux échanges le reste de l'Iran - et n'oublieront pas le Haut-Pays. Les grands sukkalamah feront sculpter les rochers du site de Kurangum, où était vénéré Naparisha.
Le panthéon élamite, qui comprenait certaines divinités mésopotamiennes introduites lors des invasions de la Susiane, comprenait les deux dieux principaux d'Anshan et de Suse, respectivement Naparisha et Inshushinak. Naparisha, le dieu tutélaire de l'Anshan et de tout le Haut-Pays élamite, sera hérité des temps archaïques de l'Elam. Il sera vénéré sur les sites rupestres en plein air de cette région, tels que Kurangum. Considéré comme le véritable souverain du pays, dont les rois ne sont que les serviteurs, cette divinité sera représentée chevauchant un serpent gigantesque symbolisant l'eau et la vie souterraine. Inshushinak, qui signifie "le seigneur de Suse", disposera de sa ziggurat dans cette cité ainsi que de temples dans la région. Cette divinité, à l'origine de la renaissance de la nature au printemps, sera assimilée au dieu mésopotamien Ningirsu/Ninurta (fils du grand dieu Enki/Ea), dieu de la terre et de la nature.
Les souverains élamites de cette époque porteront le titre de sukkalmah (grand régent) hérité de la hiérarchie de la IIIème dynastie d'Ur. Ayant autorité sur les autres princes de l'Elam, le sukkalmah devait être l'aîné de la famille. Il était assisté du sukkal (prince) de Suse, son frère cadet appelé à lui succéder. Ce dernier confiait son titre de sukkal à son frère le plus âgé après lui, lors de sa montée sur le trône. Le dernier sukkalmah de la lignée désignait son fils, ou l'un des ses neveux, pour lui succéder. Le sukkalmah régnait dans la ville de la dynastie régnante, généralement à Anshan, tandis que sukkal était installé dans le palais de Suse.
Les souverains de la dynastie épartide entreprendront de nouvelles incursions en Mésopotamie, partagée au début du XVIIIème siècle avant Jésus-Christ entre les souverains de Mari et des royaumes du Nord de la Mésopotamie, d'Eshnunna en Basse-Mésopotamie, de Babylone (dirigée par le roi Hammourabi), et enfin Larsa, alors très affaiblie. Le souverain élamite Siwe-palar-huhpak, troisième de la dynastie d'Eparti, s'emparera d'Eshnunna vers 1765 avant Jésus-Christ, tuant son roi Ibal-pî-el. Il scindera ensuite son armée en deux afin d'attaquer simultanément la ville d'Ekkalâtum, au nord, et celle de Babylone, au sud. Le roi de Mari, Zimri-Lin, menacée par cette percée vers le nord, fera alors alliance avec le roi Hammourabi. Siwe-palar-huhpak le rencontrera à Hiritum en 1764, où il avait été rejoint par des troupes envoyées par son allié.
Les Elamites, vaincus par une armée qui leur était très supérieure, devront se replier en Susiane. Hammourabi préférera entamer la conquête de la Mésopotamie plutôt que de poursuivre les vaincus. Kuduzulush I remplacera son père Siwe-palar-hupak à la tête du royaume et entreprendra d'importantes réformes. Son fils, Kutir-nahhunte I, s'opposera à Samsu-iluna, le fils d'Hammourabi qui gouvernait sur un royaume Babylonien en ébullition. Il profitera de la répression s'était abattue sur la ville d'Uruk pour s'emparer de la cité lors d'une offensive-éclair. La ville sera pillée. La statue de la déesse Ishtar sera emmenée en Elam où elle restera un millénaire, jusqu'à ce qu'Assurbanipal d'Assyrie la reprenne. La Première dynastie Babylonienne s'effondrera un siècle plus tard, sous les coups des Hittites, quelques années avant la celle d'Eparti.
La Susiane, culturellement sous l'influence mésopotamienne, conservera peu de traces du règne des souverains de la dynastie d'Eparti et sera peu affectée par leur disparition. Anshan, durement touchée, se dépeuplera. Ses habitants retourneront au nomadisme. Les autres civilisations de l'Iran, déjà frappées par la chute de la civilisation de l'Indus à l'est, ne survivront pas à l'abandon des comptoirs élamites. Le pays sombrera dans l'oubli pendant presque deux siècles.
Les noms des successeurs d'Eparti, fondateur de la dynastie qui porte son nom (vers 1850 avant Jésus-Christ), nous seront transmis par la liste royale. Cette dernière comprenait Shilhaha, Pala-Ishan, Kuk-Kirmash, Shirukduh I (vers 1800 avant Jésus-Christ), Shimut-Wartash, Siwe-palar-huppak (1770-1745 avant Jésus-Christ), Kuduzulush I (1745-1730 avant Jésus-Christ), Kutir-Nahhunte I (1730-1700 avant Jésus-Christ), Lila-Irtash, Tept-Agun I, Tan-Uli, Tept-Khalki, Kuk-Nashur II, Kutir-shilhaha I, Tept-Raptash, Kuduzulush II, Tata (vers 1600 avant Jésus-Christ), Atta-Mera-halki, Pala-Ishshan I, Kuk-Kirwesh, Kuk-Nahhunte et enfin Kutir-Nahhunte II (vers 1500 avant Jésus-Christ).
La transformation des minerais du plateau iranien donnera naissance à une métallurgie élaborée. Les matières premières seront importées de l'est et de la péninsule d'Oman dans le Golfe Persique. Certaines civilisations du Kerman, du désert de Lut et du Luristan confectionneront des armes, des vases et des outils qu'ils exporteront notamment en Susiane. Certaines poteries de cette région livreront d'importantes quantités d'objets en métal, ainsi que des sceaux-cylindres. Certains vases du IIème millénaire avant Jésus-Christ seront fabriqués en albâtre également importé du plateau iranien. L'artisanat du pays d'Anshan, fidèle à l'art proto-élamite, conservera son répertoire de figures d'inspiration animale représentant les forces de la Nature.
| En relation |  |  |
Afficher : Oeuvres (23)
Musée du Louvre :
| | Grelot ajouré Grelot Période Paléo-Elamite Anonyme approx. de 2400 à 2000 avant J.C.
|
| | Grelot ajouré Grelot Période Paléo-Elamite Anonyme approx. de 2400 à 2000 avant J.C.
|
| | Tête de femme Tête Période Paléo-Elamite Anonyme approx. de 1900 à 1600 avant J.C.
|
| | Vase caréné Vase Période Paléo-Elamite Anonyme approx. de 1900 à 1600 avant J.C.
|
|  | | Contient |  |  |
Dynastie(s) Dynastie d'Awan Empire de Puzur-Inshushinak Dynastie de Shimashki Dynastie des Sukkalmah (Eparti)
| Les Elamites |  |  |
Période Pré-élamite
Période Proto-Elamite
Période Paléo-Elamite
Période Médio-Elamite
Période Néo-élamite
 |