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L'ermite Dadon ou Datus, abréviation du latin Deodatus (en français Dieudonné), aura pris ensuite possession des lieux. Une charte datée en l'an 819 nous apprend qu'un homme plein de piété, nommé Medraldus, viendra le rejoindre. Il sera suivi par de nombreux émules qui construiront une église dédiée au Saint-Sauveur. Dadon décidera de se retirer et de fonder l'ermitage de Grandvabre, à quelques kilomètres en aval de Conques. Le monastère de Conques, dirigé par Medraldus, adoptera alors la règle de saint Benoît.
Louis le Pieux, roi d'Aquitaine du vivant de son père Charlemagne, aurait séjourné à Conques à plusieurs reprises. Il fera don, en 1019, d'une dizaine de terres au monastère. Vingt ans plus tard, Pépin II, roi d'Aquitaine, lui octroiera Figeac, la "Nouvelle Conques", qui hébergera une importante communauté de moines. Le trésor de Conques s'enrichira de riches présents en métaux, tissus et intailles. Charlemagne, le bienfaiteur par excellence, éclipsera les autres membres de sa famille et trouvera sa place dans le cortège des élus sur le tympan du Jugement dernier.
Une chrétienne de la cité d'Agen, âgée de douze ans à peine et convertie par Foy (évêque de la ville de Saint-Caprais), refusera de renier sa foi et subira le sort réservé aux premiers chrétiens. Les moines de Conques, dépourvus de reliques, seront progressivement oubliés. L'un d'entre eux, Ariviscus, parviendra à soustraire les reliques de sainte Foy dans une église située aux environs d'Agen, entre 864 et 875. Ce vol pieux déclenchera subitement des miracles. Conques deviendra un lieu de pèlerinage très important pendant plus de trois siècles. Elle deviendra une étape obligatoire sur l'une des routes les plus suivies du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La prospérité qui en découlera enrichira le trésor de la statue-reliquaire de sainte Foy qui sera hébergée dans une nouvelle église à trois nefs précédées d'un clocher-porche. L'église Sainte-Foy de Conques, commencée entre 1041 et 1052 par l'abbé Odolric et terminée au cours du premier quart du XIIème siècle, appartient à la famille romane des grandes églises de pèlerinage issue de Saint-Martin de Tours.
Bernard d'Angers écrira, vers 1010, au sujet de la relique :
"Lorsque nous avons paru devant elle, l'espace était si resserré, la foule prosternée sur le sol était si pressée, qu'il nous fut impossible de tomber à genoux... En la voyant pour la première fois, toute en or, étincelant de pierres précieuses et ressemblant à une figure humaine, il parut à la plupart des paysans qui la contemplaient, que la statue les regardait d'une manière vivante et qu'elle exauçait de ses yeux leurs prières."
L'abbaye se renforcera au XIIIème siècle et atteindra l'apogée de sa puissance économique. Elle déclinera ensuite progressivement et sera sécularisée en 1424. Abandonnée lors de la Révolution, Conques sera redécouverte en 1837 par Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques. Le trésor et le grand portail étaient intacts. L'église subira des consolidations. Un musée sera construit par les Monuments historiques, en 1911, pour abriter le trésor du Moyen Âge. Les reliques de sainte Foy, retrouvées en 1875, seront reconnues. |