| Description |  |
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Cette enclave accueillera plus de 12 millions de personnes jusqu'en 1924 et 16 millions jusqu'à sa fermeture en 1954. Plus de 100 millions d'Américains, soit 40% de la population actuelle, comptent un parent ayant transité par ce lieu. Ellis Island servira de gare de triage qui permettra de refouler les immigrants indésirables avant qu'ils ne posent véritablement le pied sur le continent. Les lois d'immigration interdiront successivement l'entrée des Etats-Unis aux porteurs de maladies contagieuses, aux polygames, aux prostituées, aux indigents, aux anarchistes, aux Chinois (en 1882), aux Japonais (1907) et aux analphabètes (1917).
La construction d'origine, incendiée en 1900, sera remplacée par 35 bâtiments qui accueilleront jusqu'à un million de candidats en 1907. Les postulants seront soumis à de nombreux examens dans des conditions de confort souvent précaires. Chaque dortoir pouvait abriter 300 immigrants et l'hôpital accueillir jusqu'à 500 malades. Environ 3500 personnes décéderont sur ce que certains appelleront "l'île aux larmes" et d'autres "une usine à fabriquer des Américains".
Les lois sur les quotas de 1921 et 1924 réduiront considérablement le flux migratoire. En 1932, les candidats au retour seront plus nombreux que ceux qui désiraient entrer aux Etats-Unis. Du fait de son activité réduite, Ellis Island deviendra un lieu de détention pour les "ennemis des Etats-Unis" au cours de la Seconde guerre mondiale. Le centre fermera ses portes en 1954. Il sera abandonné à son sort jusqu'en 1965, date à laquelle président Johnson en fera un monument national. Le président de Chrysler Lee Iacocca, à la tête d'un comité de soutien, mobilisera 156 millions de dollars en 1982 pour restaurer le site et en faire un musée. Les travaux prendront fin en 1990. Le musée sera inauguré le 10 septembre. Il accueille aujourd'hui deux millions de visiteurs par an.
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