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Guide de visite : Bourse de Commerce
Bourse de Commerce
Section 1 sur 4

Châtelet-Les Halles
Monument(s) et édifice(s) public(s)

Catégories
Monuments et édifices

Période : entre 1572 et 1889
Commanditaire : Catherine de Médicis
Région en relation : Paris Ier

 
L'entrée monumentale s'ouvre sur un portique à fronton soutenu par quatre colonnes corinthiennes cannelées et surmontées de figure de la Ville de Paris, de l'Abondance, et du Commerce.

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Histoire   
Jean II de Nesles, propriétaire de l'édifice au début du XIIIème, n'obtiendra pas d'héritiers de son union avec Eustache de Saint-Pol. Il cédera la propriété son hôtel à Saint-Louis en 1232, qui en fera don à sa mère, la reine Blanche de Castille, qui en fera sa résidence. L'un des héritiers royaux, Philippe le Bel, l'offrira à son frère, le comte Charles de Valois, d'Anjou et d'Alençon, en 1296, qui le léguera à son fils Philippe de Valois. Ce dernier le donnera à Jean de Luxembourg, fils de l'empereur Henri VII et roi de Bohème qui décédera à la bataille de Crécy, en 1327. Bonne de Luxembourg, sa fille et héritière, épousera le prince Jean de Normandie, futur roi de France sous le nom de Jean II le Bon. Charles, fils de ce dernier et futur Charles V, cédera l'Hôtel à Amédée VI de Savoie par le traité de 1354. Louis, duc d'Anjou et fils du roi Jean, en deviendra le propriétaire jusqu'à ce qu'il soit assassiné par son cousin Jean sans Peur, en 1384. Sa veuve, Marie de Châtillon (de Blois), vendra l'hôtel pour le prix de 12.000 livres à Charles VI en 1388, qui l'offrira à son frère Louis, duc de Touraine et d'Orléans.

A la demande de Jean Tisseran, confesseur du roi Charles VIII et prédicateurs zélés auprès des femmes débauchées, le futur Louis XII transformera une partie de l'hôtel en 1498. Elle deviendra le "couvent des filles repenties" pendant presque 80 ans. Le reste de l'hôtel sera partagé entre le Connétable et le Chancelier du duc d'Orléans.

Catherine de Médicis, qui achètera l'ensemble des bâtiments en 1572, confiera les travaux d'une somptueuse demeure (l'hôtel de la Reine) à Jean Bullant, architecte du château de Grand Condé. Le "couvent des filles repenties" trouvera refuge rue Saint-Denis. La colonne cannelée haute de 31 mètres, construite pour satisfaire la passion astrologique de la Reine, servira d'observatoire et de lieu d'incantation à son astronome et mage, Cosme Ruggieri. Ce dernier sera chassé, non sans avoir prédit à la souveraine "Vous mourrez près de Saint-Germain". La Reine abandonnera le palais des Tuileries qui se trouvait sur la paroisse de Saint-Germain l'Auxerrois, pour s'installer à Saint-Eustache. Prise d'un rhume le 8 janvier 1589, elle fera appel son confesseur avant de mourir. Il s'appelait Julien de Saint-Germain.

L'hôtel sera vendu par les héritiers de la souveraine à la soeur d'Henri IV, Catherine de Bourbon, en 1601, soit douze ans après le décès de Catherine de Médicis. Charles de Bourbon, duc de Soissons, rachètera l'hôtel au décès de Catherine de Bourbon et lui donnera son nom. Il léguera son bien à sa fille, Marie de France, épouse de Thomas de Savoie, prince de Carignan. Victor Amédée de Savoie, prince de Carignan, héritera de l'hôtel de Soissons en 1718. Il le transformera en Bourse de Paris en 1720, période marquée par l'instauration du papier monnaie par le financier écossais John Law. Ruiné, le prince devra vendre sa propriété en 1740 pour payer ses créanciers. La prévôté de Paris détruira les bâtiments en 1748, en préservant la colonne.

Les terrains de l'ancien Hôtel de Soissons seront promis à la construction d'une nouvelle Halle aux blés, en raison de leur proximité avec la Seine par laquelle transitaient les céréales. Louis XV accordera les lettres patentes nécessaires aux travaux en 1763. L'architecte Nicolas Camus de Mézières dessinera un bâtiment d'inspiration néo-classique, comprenant une vaste rotonde entourant une cour centrale à ciel ouvert. La colonne Médicis, intégrée à la halle, sera dotée d'une fontaine et d'un cadran solaire. La construction d'une coupole à petits bois, suivant les principes définis par Philibert de l'Orme, sera confiée aux architectes Guillaume Legrand et Jacques Molinos en 1783. La Halle aux blés sera alors le plus grand espace voûté de France.

Détruite lors d'un incendie en 1802, la coupole sera reconstruite par l'architecte François-Joseph Bélanger et l'ingénieur François Brunet entre 1806 et 1811. Pour la première fois, les fonctions d'architecte et d'ingénieur ne sont pas assumées par la même personne. Cette coupole servira de modèle à plusieurs bâtiments, notamment la Halle au charbon (Coal Exchange) à Londres (J. B. Brunning / 1846-49) et la Halle au blé (Corn Exchange) à Leeds (Cuthbert Brodrick / 1861-1863). Cette coupole, légèrement modifiée, est toujours en place. Victor-Hugo, qui n'appréciait pas l'architecture du bâtiment, le comparait à une casquette. La Halle aux blés sera fermée en 1873.

La faible activité du marché des grains entraînera l'attribution de la halle à la Chambre de Commerce, en 1885. Elle entreprendra sa transformation en Bourse du Commerce. Les travaux seront confiés à l'architecte Henri Blondel qui dessinera une façade dotée d'un colossal fronton allégorique, oeuvre de Croisy, représentant la ville de Paris entourée du Commerce et de l'Abondance. Il remplacera la couverture de cuivre de la coupole par des vitres afin d'améliorer l'éclairage intérieur, et fera revêtir la partie inférieure d'une maçonnerie en brique qui sera revêtue de quatre panneaux séparés par des personnages symbolisant les quatre points cardinaux, peints en trompe-l'oeil par Alexis de Mazerolles, auteur du plafond de la Comédie-Française.

Quatre artistes réaliseront les fresques évoquant l'Histoire du Commerce entre les Cinq continents : Evariste-Vital Luminais (L'Amérique), Désiré-François Langée (La Russie et le Nord), Victor Georges Clairin (L'Asie, L'Afrique) et Hippolyte Lucas (L'Europe). L'inauguration de cette oeuvre monumentale de plus de 1500 m2 aura lieu le 24 septembre 1889. La ville de Paris cèdera le bâtiment à la Chambre de Commerce, pour le franc symbolique, en 1949.

Discours de Madame Catherine Trautmann
Samedi 19 Septembre 1998

" ...La Bourse du commerce, qui a ouvert ses portes pour l'exposition de 1889, en offre en effet un magnifique symbole. Elle a été conçue et transformée par Blondel à partir de l'ancienne halle au blé, pour répondre à sa nouvelle vocation de bourse du commerce, et porte un hymne à la société industrielle, aux bienfaits du commerce et à la révolution des transports.

De l'édifice précédent, Henri Blondel n'a conservé que les deux joyaux qui en avaient assuré la réputation : l'anneau intérieur, construit par Nicolas Le Camus de Mézière en 1763, et l'ossature de la coupole métallique ajoutée par Bélanger en 1813, qui témoigne de l'art naissant de la sidérurgie. Coulée au Creusot, elle constitue une prouesse technique : cinquante-et-une fermes et quatorze ceintures circulaires répondent au nombre des pleins et des vides de la façade pour assurer l'harmonie et l'étonnante légèreté de l'ensemble.

Les grandes fresques composées à l'occasion de cette transformation pour décorer la coupole sont allégoriques de cette fin du XIXème siècle. A travers les évocations de l'Amérique, peinte par Luminais, de la Russie vue par Laugée, de l'Asie et l'Afrique de Clairin ou de l'Europe d'Hippolyte Lucas, c'est à chaque fois la société industrielle et commerciale occidentale qui est célébrée. La représentation de l'Amérique est particulièrement éloquente : le chemin de fer, parti d'un port industrieux, aboutit à un poste commercial avancé, reléguant la société amérindienne aux marges de la fresque. Et dans l'allégorie de l'Occident réalisée par Mazerolle, art, science et industrie se trouvent inséparablement liés. Au coeur du "ventre de Paris", en bordure des Halles, se trouvèrent ainsi figurées les noces de la société industrielle et de la création artistique ..."
Description   
La coupole et le décor sont classés monument historique depuis 1986. D'importants travaux de restauration ont été entrepris en 1989, afin, notamment, d'empêcher la pluie de traverser la coupole.
Contenu de la section    Classement par : noms / artistes / nature / époques

Jean Bullant (1515-1578)
Colonne
1572

Henri Blondel
Fronton
Aristide Croisy (1840-1899)
Fronton

Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889)
Plafond peint
de 1886 à 1889
Evariste-Vital Luminais (1822-1896)
Plafond peint
de 1886 à 1889
Désiré-François Langée (1823-1896)
Plafond peint
de 1886 à 1889
Georges Jules Victor Clairin (1843-1919)
Plafond peint
de 1886 à 1889
Hippolyte Lucas (1854-1925)
Plafond peint
de 1886 à 1889
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