La partie orientale du quai d'Orsay, délimitée par le pont Royal et le pont de la Concorde, prendra le nom de l'écrivain Anatole France en 1947. Ce dernier résidera au 15 du quai Malaquais, entre 1944 et 1953, et son père tiendra une librairie au 9 du quai Voltaire.
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Fils d'un libraire et auteur de l'aphorisme célèbre "Il vaut mieux être bête comme tout le monde que d'avoir de l'esprit comme personne", Anatole France fréquentera le groupe du Parnasse dès 1867. Il publiera son premier ouvrage (Alfred de Vigny) deux années plus tard. Auteur des Poèmes dorés en 1873, il deviendra bibliothécaire au Sénat en 1876 et sera couronné par l'Académie cinq ans plus tard pour son roman Le Crime de Sylvestre Bonnard, membre de l'Institut.
Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1884, il consignera des souvenirs d'enfance dans le Livre de mon ami l'année suivante, obtiendra la chronique littéraire du Temps en 1887, quittera son poste au Sénat en 1890 et abandonnera le domicile conjugal en 1892 pour épouser sa maîtresse. Son roman d'amour, le Lys rouge, sortira en librairie en 1894.
Epicurien dans l'âme, Anatole France sera élu à l'Académie française en 1896, se réconciliera avec Zola et les intellectuels dreyfusards, deviendra un ardent militant socialiste (je suis socialiste par plaisir, dira t'il), et comptera parmi les membres fondateur de l'Humanité en 1904. Ses oeuvres de cette période, parmi lesquelles L'Affaire Crainquebille (1901), Sur la pierre blanche (1905), l'Ile des Pingouins (1908), la Révolte des Anges (1914), témoigneront de ses engagements.
Un article modéré sur la guerre, publié en 1914, suscitera de vives critiques. Anatole France songera à s'engager, puis à se suicider. Il n'en fera rien et obtiendra le prix Nobel en 1921, malgré l'hostilité de l'avant-garde, notamment des surréalistes, à son encontre.
Proust fera de lui, sous le nom de Bergotte, l'un de ses personnages d'À la recherche du temps perdu.
| Description |  |  |
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Charles Boucher, seigneur d'Orsay, prévôt des marchands de 1700 à 1708, nommé Conseiller d'Etat en 1709 et décédé le 5 juin 1714 à l'âge de soixante-treize ans, ordonnera la construction d'un quai en pierres de tailles en 1708. Les travaux prendront fin sous l'Empire, en 1815, période au cours de laquelle le quai prendra le nom de Bonaparte. Le quai était précédé, avant son rehaussement au XIXème siècle, d'un jardin en terrasse qui descendait jusqu'aux berges.
La Caisse des Dépôts et Consignations, incendiée au cours de la Commune, occupe aujourd'hui plusieurs hôtels particuliers entre la rue du Bac et le Musée d'Orsay, notamment celui construit par Robert de Cotte, premier architecte du Roi, en 1727. Il en subsiste un fronton classé orné d'une Minerve regardant un plan d'architecte.
L'hôtel construit par Pierre Rousseau entre 1782 et 1792 pour le compte du prince de Salm-Kyrburg, aux angles de la rue de Bellechasse et de Solférino, sera acquis par la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur en 1804. Entièrement restauré après son incendie lors de la Commune, il héberge aujourd'hui le musée de la Légion d'Honneur et des ordres de la Chevalerie, créé en 1925 par le général Dubail.
La dernière partie du quai, qui conduit au Palais Bourbon, laisse apparaître les façades sur jardin de l'hôtel de Beauharnais, construit par Boffrand et redecoré sous l'Empire, qui héberge la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne en France. L''hôtel de Seignelay, également construit par Boffrand en 1714, est aujourd'hui occupé par un ministère.
Un hôtel néo-palladien orné de colonnes, dont la façade en retrait domine un perron hébergeant deux statues drapées à l'antique, occupe le numéro 25. Les immeubles des numéros 27 et 29, d'inspiration Art-Nouveau, seront construits par l'architecte Bouwens van der Boijen en 1905. L'immeuble en rotonde qui forme l'angle avec le boulevard Saint-Germain date du Second-Empire.

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