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Guide de visite : Peintres d'histoire et portrait
Peintres d'histoire et portrait
Section 3 sur 38

Musée d'Orsay
Peinture française

Période : entre 1850 et 1880
En relation avec : Alexandre Cabanel
Région en relation : Paris

Ouvert tous les jours sauf lundi
Nocturne jeudi

 
Cabanel, Bouguereau, Delaunay, Baudry et Henner remporteront le Grand Prix de Rome qui marque le couronnement de l'enseignement des Beaux-Arts.

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Description   
Il était attribué à un artiste après son séjour à la Villa Médicis à Rome, son entrée à l'Académie des Beaux-Arts et sa prise de fonction comme professeur au sein de l'Ecole. Le titulaire était alors assuré de mener une brillante carrière.

Alexandre Cabanel atteindra une grande célébrité avec ses tableaux d'histoire et ses portraits. La Naissance de Vénus, exposée au Salon de 1863 et acquise par Napoléon III, remportera un très vif succès. Elle trahira clairement l'influence d'Ingres.

Le peintre allemand Franz Xaver Winterhalter deviendra le portraitiste officiel de la Cour de Napoléon III. Paul Baudry, auteur du décor du grand foyer de l'Opéra, s'inspirera du Titien dans La Fortune et le jeune enfant présenté au Salon de 1857. La Renaissance italienne inspirera fortement le tableau de Jean-Jacques Henner de 1864 : La Chaste Suzanne. Henri Regnault, décédé précocement au combat lors de la guerre de 1870, rejettera les maîtres italiens au profit de Goya et Vélasquez.

Zola témoignera ainsi de son dédain pour les peintres d'histoire de cette époque, pour Cabanel en particulier :

" ... Le genre a envahi la peinture entière. J'ai signalé les tableaux colossaux, mais au fond ce n'est rien autre que le même genre auquel on a simplement donné des dimensions énormes. De même je pourrais prendre les peintres historiques en flagrant délit de concessions, trahissant les principes classiques en vue d'adoucir la sévérité académique et de se concilier les sympathies de la foule. Ce qui en résulte, c'est l'histoire embellie par la fantaisie, quelque chose comme Caton couronné de roses.

Cabanel est le génie de cette école ! Il a reçu toutes les médailles - une deuxième médaille, une première médaille, une médaille d'honneur -, il a reçu l'ordre de la Légion d'honneur, on l'a fait académicien, professeur à l'École des beaux-arts, membre de tous les jurys possibles. C'est un talent officiel, un talent devant lequel s'inclinent tous les honnêtes gens : essayez de mettre en doute le talent de Cabanel : on vous rira au nez et on répondra : "Vous divaguez ! En France, nous avons une Administration chargée de découvrir les hommes de talent, de les récompenser, de leur donner de l'avancement. Cabanel reçoit depuis vingt ans plus de récompenses et d'avancement que personne d'autre. C'est donc qu'il est le génie incarné.

L'Administration ne saurait se tromper." Que répondre à cela ? Le public, à qui on souffle ses engouements, est innocent. La principale malice de Cabanel, c'est d'avoir rénové le style académique. À la vieille poupée classique, édentée et chauve, il a fait cadeau de cheveux postiches et de fausses dents. La mégère s'est métamorphosée en une femme séduisante, pommadée et parfumée, la bouche en coeur et les boucles blondes. Le peintre a même poussé un peu loin le rajeunissement.

Les corps féminins sur ses toiles sont devenus de crème. Pour comble d'audace, il s'est risqué à introduire des tons et des coups de pinceau personnels. Tout est fait de propos délibéré, de sorte que cela paraît de l'originalité, mais Cabanel ne dépasse jamais les bornes. C'est un génie classique qui se permet une pincée de poudre de riz, quelque chose comme Vénus dans le peignoir d'une courtisane. Le succès a été énorme. Tout le monde est tombé en extase. Voilà un maître selon le goût des honnêtes gens qui se prétendent artistes. Vous exigez l'éclat de la couleur ? Cabanel vous le donne. Vous désirez un dessin suave et animé ? Cabanel en a fini avec les lignes sévères de la tradition. En un mot, si vous demandez de l'originalité, Cabanel est votre homme, cet heureux mortel a de tout en modération, et il sait être original avec discrétion. Il ne fait pas partie de ces forcenés qui dépassent la mesure. Il reste toujours convenable, il est toujours classique malgré tout, incapable de scandaliser son public en s'écartant trop violemment de l'idéal conventionnel. Dans une des toiles qu'il expose cette année, l'artiste se confesse tout entier.

Cela s'appelle Thamar. Thamar, insultée par Amnon, pleure sur les genoux de son frère Absalon. Le tableau représente une femme demi-nue. Elle sanglote, la tête cachée dans les genoux d'un homme lui aussi demi-nu. Cabanel a voulu briller par la perfection du métier et éclipser Delacroix. Il a peint une chambre d'une rare splendeur orientale, avec des tentures, des joyaux, des effets de lumière. Pour plus de relief, il a placé dans le fond une négresse. Et tous ces efforts n'aboutissent à rien : le tableau demeure prétentieux et sans caractère. Il ne frappe même pas les yeux. L'estampille grise du gouvernement est posée sur toutes les figures et les décolore. C'est une composition sans défaut et sans mérite, la médiocrité la plus meurtrière parle à travers elle, c'est un art composé de toutes les vieilles formules, renouvelées par la main adroite d'un apprenti ouvrier."
Contenu de la section    Classement par : noms / artistes / nature / époques

Jean-Léon Gérôme (1824-1904)
Golgotha - Consumatum est
Paysage
1867

Alexandre Cabanel (1823-1889)
Marquise de Saint-Yves d'Alveydre
Portrait
Dimensions : 73 cm x 99 cm
1873

Alexandre Cabanel (1823-1889)
Thème historique

Jean-Joseph Perraud (1819-1876)
Statue
Dimensions : 68 cm x 108 cm x 118 cm
1869

Franz Xavier Winterhalter (1805-1873)
Portrait
Dimensions : 90 cm x 117 cm

Paul-Jacques-Aimé Baudry (1828-1886)
Portrait
1860

Alexandre Cabanel (1823-1889)
Thème mythologique
Dimensions : 2.25 m x 1.3 m
vers 1863

Jules-Elie Delaunay (1828-1891)
Thème historique
Dimensions : 1.77 m x 1.31 m
1869

Paul-Jacques-Aimé Baudry (1828-1886)
Portrait
Dimensions : 60 cm x 73 cm
1862
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