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Adam tend son index pour recevoir, comme au plafond de la Chapelle Sixtine, la vie que va lui donner Dieu le père. Le plâtre sera exposé au Salon de 1881 sous le titre la Création de l'homme.
Eve également exécutée en 1881, aura pour modèle Anna Abruzzezzi. Il confiera plus tard à Dujardin-Beaumetz : "Je voyais changer mon modèle sans en connaître la cause, je modifiais mes profils, suivant naïvement les transformations successives de formes qui s'amplifiaient. Un jour j'appris qu'elle était enceinte ; je compris tout. Les profils du ventre n'avaient changé que d'une manière à peine sensible ; mais on peut voir combien j'ai copié la nature avec sincérité en regardant les muscles des lombes et des côtés ...
Je n'avais certainement pas pensé que, pour traduire Eve, il fallût prendre comme modèle une femme enceinte ; un hasard, heureux pour moi, me l'a donnée, et il a singulièrement aidé au caractère de la figure. Mais bientôt, devenant plus sensible, mon modèle trouva qu'il faisait trop froid dans l'atelier ; elle espaça les séances, puis ne revint plus. C'est pour cela que mon Eve n'est pas finie"
(Entretiens avec Rodin, 1913)
Le bronze de la grande Eve ne sera présenté qu'au Salon de la Société nationale de 1899, à Paris, tandis qu'un plâtre fera partie de l'exposition Rodin qui sera présentée successivement en Belgique et aux Pays-Bas au cours du printemps et de l'été 1899. L'oeuvre donnera naissance à de nombreuses épreuves en bronze dont l'une sera destinée au Musée du Luxembourg en 1911. Elle est aujourd'hui exposée dans la salle 7 du Musée Rodin.
Certains exemplaires, baptisés Eve au rocher, correspondent au marbre qui nécessitera un soutien supplémentaire. Le premier, taillé par Antoine Bourdelle entre 1901 et 1907, est conservé par le Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague. Le second, réalisé dans les dernières années de la vie de Rodin, est exposé dans la Galerie des marbres du Musée Rodin.
Ce bronze a été fondu par Alexis Rudier. |