| Description |  |
 |
Le document impérial établissait le plan d'exploitation agraire et horticole de son empire, en indiquant la liste des 72 plantes poussant sur des plates-bandes surélevées entourées de lattes de bois ou de briques (légumes verts, farineux, racines, cucurbitacées, condiments) et de 16 arbres fruitiers.
Cette reconstitution (d'un coût de 9 millions de francs) offre au public la vision d'un lieu essentiellement utilitaire à l'origine (alimentaire et médicale), qui s'enrichira d'une fontaine, de préaux (prés hauts) découpés dans les prairies fleuries, d'allées couvertes par des tonnelles où croissaient rosiers grimpants et chèvrefeuille. L'homme cherchera ainsi à modeler son morceau de terre à l'image du paradis
La forêt de la Licorne évoque la vaste futaie médiévale, plantée de taillis, peuplée d'une intense végétation parsemée de clairières. Une terrasse, protégée par une clôture en bois ornée d'aubépines et d'églantier, reconstitue avec fidélité un jardin traditionnel comprenant quatre carrés réservés aux plantes destinées à l'alimentation (le ménagier) et médicinales (jardin des simples).
Le jardin clos d'Eden (hortus conclusus), parfois assimilé à une figure de l'âme, sera souvent associé à la Vierge, la Fiancée du Cantique des Cantiques. Les représentations de la Vierge dans un jardin de paradis se multiplieront au XVème siècle. Les fleurs qui y poussent figureront sa beauté et ses vertus.
"Je suis le lys de la vallée" dit la Fiancée du Cantique des Cantiques. Le lys que tient l'archange Gabriel dans les scènes de l'Annonciation, ainsi que le muguet, souvent confondu au Moyen-Age avec le lys de la vallée, en raison de son nom latin (convallaria maialis), symbolisent la virginité de la Vierge, la violette son humilité et la rose sa charité. La rose rouge rappelle la Passion du Christ et, plus généralement, celle des saints martyrs.
Les plantes de ce jardin évoquent également le monde céleste, comme la pâquerette qui fleurit à Pâques ou la digitale, appelée "gant de Notre-Dame", soit par leur forme, comme l'ancolie dont la fleur ressemble à la colombe du Saint-Esprit, ou la fraise, dont la fleur tripartite évoque la Trinité. La légende voulait que les fraises soient la nourriture des bienheureux et celles de l'âme des petits enfants dans l'au-delà, que la Vierge emmenaient cueillir des fraises le jour de la Saint-Jean.
La prairie (le préau), composée des espèces représentées sur les tapisseries aux mille fleurs (ancolies, muguet, myosotis, jacinthe) exposées à l'intérieur du musée, est agrémentée de la Fontaine aux roseaux d'argent créée par Brigitte Nahon. |