Saint-Thomas-d'Aquin
Place Saint-Thomas d'Aquin
Saint-Dominique
Section 2 sur 2
Catégories
Lieux de culte
entre 1682 et 1766
Région en relation : Paris VIIème (France)
Métro : Rue du Bac
La troisième maison des Dominicains à Paris, qui deviendra noviciat de l'ordre en 1632, sera construite à l'emplacement actuel en 1631. Les religieux feront construire une première chapelle à l'angle de la rue du Bac et du chemin des Vaches, l'actuel boulevard Saint-Germain.
| Histoire |  |  |
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Devenue trop petite, elle sera remplacée par l'église que nous connaissons, dessinée par Pierre Bullet. La première pierre sera posée par la duchesse de Luynes et bénite par un Dominicain, Hyacinthe Serroni, archevêque d'Albi. L'édifice sera consacré en 1683 au culte de saint Dominique.
La construction du choeur des Religieux, l'actuelle chapelle Saint-Louis, débutera en 1722. La nef sera attribuée au public, tandis que les religieux conserveront l'usage de leur choeur, aménagé d'un double rang de quarante stalles surmontées de boiseries sculptées. La construction du couvent qui abritera le noviciat de Dominicains, également appelés Jacobins du fait que leur première maison était rue Saint-Jacques, interviendra entre 1735 et 1739. La façade de l'église, dessinée par un religieux du couvent nommé le Frère Claude, sera élevée en 1766. Les paroissiens inaugureront le grand orgue de François-Henri Cliquot en 1771.
L'Assemblée Nationale modifiera la carte des paroisses parisiennes le 4 février 1791, en supprimant 27 d'entre elles et en en créant 9 nouvelles. L'église du couvent Saint-Dominique, érigée en paroisse en même temps que Saint-Germain-des-Prés, sera rebaptisée Saint-Thomas-d'Aquin et étendra son influence sur une partie de l'emprise de la paroisse Saint-Sulpice, dont dépendait jusqu'alors le récent faubourg Saint-Germain.
L'édifice sera dépouillé de ses tombeaux et oeuvres d'art durant la Révolution, comme la plupart des lieux de culte au cours de cette période. La bibliothèque de 14.000 volumes du couvent contigu, aujourd'hui affecté à des services de l'Armée, sera également pillée. Les moines seront expulsés par un décret de la Ville de Paris en date du 23 février 1792. Les bâtiments conventuels seront transformés en Musée de l'Artillerie, premier musée militaire de la capitale. L'église, transformée en Temple de la Paix, sera attribuée au Théophilanthropes en 1797, puis au Club des Jacobins. Les fonds baptismaux auraient été érigés en 1797 et bénis en 1798, le 3 Frimaire de l'An VI.
Remise en état entre 1800 et 1802, l'église sera rendue au culte en 1803. On y baptisera Joséphine de Marescot le 10 juin (21 Prairial de l'An XI), qui aura pour parrain et marraine Napoléon Bonaparte et Joséphine Tascher de la Pagerie. Ces derniers signeront le registre paroissial.
Elle recevra, le 26 décembre 1804, la visite du pape Pie VII venu à Paris pour le couronnement de Napoléon Ier.
Blondel exécutera les peintures murales de la chapelle Saint-Louis en 1841, de la coupole en 1845, de l'autel Saint-Vincent-de-Paul en 1848 et de l'autel de la Sainte Vierge en 1851.
L'église comptera de nombreux paroissiens célèbres, parmi lesquels Claude Nicolas Ledoux, la mère de l'Empereur (madame Laetitia), Eugène de Beauharnais, Talleyrand, Cambacérès, Lucien Bonaparte, Madame de Staël, Madame Récamier, Delacroix, Chateaubriand, Marie d'Agoult, le maréchal Bugeaud, Huysmans, Montalembert, Louis Veuillot, Alphonse Daudet, Marc Sangnier, Guillaume Apollinaire et Bernanos.
Saint Thomas d'Aquin
Thomas naîtra dans le château de sa riche famille lombarde, près d'Aquin. Il sera élevé par les bénédictins du mont Cassin, avant de poursuivre ses études à l'université de Naples et de rejoindre l'ordre dominicain en 1244. Ses parents, refusant que leur fils entre dans un ordre mendiant, le feront enfermer pendant plus d'une année à Roccasecca. Libéré, Thomas poursuivra ses études à Paris durant trois ans, puis accompagnera à Cologne l'un de ses maîtres qui tentait d'accorder la théologie à la philosophie, Albert Le Grand. Il y sera ordonné prêtre en 1250, enseignera à l'Université de Paris entre 1252 et 1259, puis à Rome où il rédigera ses premiers écrits théologiques.
Il obtiendra un doctorat, prêchera dans plusieurs villes d'Italie, avant de revenir à Paris à la demande du roi et de l'Université. Il y enseignera de 1269 à 1272 avant de se rendra à Naples où il sera nommé régent des études. Une vision, le 6 décembre 1273, sera à l'origine de l'écriture de sa Somme théologique qu'il dictera à des secrétaires. L'ouvrage, explication de la foi qui s'accorde à la raison, fera appel à la dialectique et la scolastique. Son oeuvre s'enrichira d'une Somme contre les Gentils, traité sur Dieu et la création, d'un Commentaire des sentences et d'autres traités de théologie. Décédé sur la route du Concile de Lyon et il sera enterré à l'église Saint-Sernin à Toulouse, en 1368. Surnommé le "Docteur Angélique", Thomas sera canonisé en 1323. Son oeuvre a fondé, par sa rigueur et son autorité, la doctrine de l'Église catholique, apostolique, romaine. Pie V le proclamera Docteur de l'Église en 1567.
| Lieu(x) en relation |  |  |
Rue Saint-Thomas d'Aquin (Faubourg Saint-Germain-Ministères)
Place Saint-Thomas d'Aquin (Faubourg Saint-Germain-Ministères)
Rue de Gribeauval (Faubourg Saint-Germain-Ministères)
