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Eglise de la Trinité
Place d'Estienne d'Orves
Sainte-Trinité
Section 2 sur 5

Catégories
Lieux de culte

entre 1861 et 1867

Artiste : Théodore Ballu

En relation avec : Trinité
Période de : Napoléon III

Région en relation : Paris IXème (France)

Métro : Trinité

L'église sera construite entre 1861 et 1867 sur l'ancien hameau de Porcherons, à l'emplacement du restaurant de la Grande Pinte célèbre pour le vin aigre où guinguet que l'on y buvait avant les grands travaux d'Haussmann. Elle domine le square Estienne-d'Orves, dessiné par Alphand et entouré d'un mur surmonté d'une balustrade en pierre ornée de candélabres en bronze.

   Histoire   

Située dans le prolongement de la rue de la Chaussée d'Antin, l'église sera bénie en 1867 et consacrée en 1913. On y célébrera les obsèques de Berlioz le 11 mars 1869. Malgré un décor onéreux, elle ne coûtera que 3.890.000 francs de l'époque. L'architecte était également un bon administrateur.

L'édifice actuel est la troisième église de La Trinité. Les deux précédentes, qui connaîtront une existence éphémère, seront construites à des emplacements différents. L'abbé Honoré Magloire Modelonde obtiendra de son évêque et du préfet l'autorisation de construire une première chapelle au 21 de la rue de Calais, destinée aux habitants de la colline Montmartre alors en plein essor et dépourvue de lieu saint. Le comte du Barry contribuera au financement et un charpentier, monsieur Gérard, réalisera les boiseries bénévolement. La première messe y sera célébrée en juin 1850, le jour de la Sainte-Trinité. Le succès de l'opération convaincra l'évêque de construire une nouvelle église, plus grande, dans le quartier. Ouverte au culte, rue de Clichy, le 1er décembre 1852, la paroisse comptera 6 prêtres pour 16.000 habitants en 1855. L'un de ses fidèles, le général Leboeuf, favorisera auprès de Napoléon III la décision prise par le baron Haussmann, en 1861, de financer les travaux d'une nouvelle église prestigieuse dans la perspective de la Chaussée d'Antin, visible du chevet du nouvel Opéra de Paris. L'Empereur, indifférent en matière religieuse, augmentera le budget des cultes afin de s'attirer les bonnes grâces d'une l'église traumatisée par les révolutions. La connivence durera jusqu'en 1858, année au cours de laquelle Napoléon III interviendra en faveur de la réunification italienne, au détriment des intérêts du pape.

L'architecte Théodore Ballu, choisi pour la construction de l'église de la Sainte-Trinité, aura pour professeur Hippolyte Lebas, l'architecte de Notre-Dame-de-Lorette. Il poursuivra ses études à Rome et à Athènes, après avoir obtenu le Grand Prix d'architecture à l'âge de 24 ans. Nommé inspecteur des travaux de la Ville de Paris à son retour en France, en 1845, il achèvera le chantier de l'église Sainte-Clotilde (laissé vacant par le décès de l'architecte Gau), restaurera la Tour Saint-Jacques, puis construira l'église Saint-Denis d'Argenteuil en style roman, et la tour de Saint-Germain l'Auxerrois.

Ballu édifiera le temple de la rue Roquépine, puis les églises Saint-Ambroise et Saint-Joseph, après celle de la Trinité. On lui confiera enfin la reconstruction de l'Hôtel de Ville, incendié par la Commune. Les autres artistes choisis pour la Trinité, issus de l'Ecole Académique soutenue par l'Empereur, seront pour la plupart lauréat du Prix de Rome ou directeurs des Beaux-Arts. Les Impressionnistes susciteront le scandale à la même époque.

Bâtie dans le style néo-Renaissance, l'église est surmontée d'un clocher de 65 mètres de hauteur en forme de beffroi. La symbolique du chiffre trois - celui de la Trinité - conditionne le décor inférieur. Le porche à trois arcades est précédé de trois fontaines à triples vasques encadrées par les bras galbés de l'escalier et ornées de statues des trois vertus théologales, la Foi, la Charité et l'Espérance, commencées par Francique Duret et terminées après sa mort par Eugène Louis Lequesne.

La façade, d'influence italienne, renferme des niches comme à Saint-Jean de Latran. Elle est ornée de frontons et de pilastres. Le clocher témoigne de l'héritage de la Renaissance française. Les décors illustrent le mystère de la Trinité : un seul dieu de trois personnes, le Père, le Fils (Jésus) et le Saint-Esprit. Les statues de la façade représentent les Pères de l'Eglise ayant défendu le dogme de la Trinité au cours des périodes marquées par l'apparition de mouvements hérétiques entre le IVème et le VIIIème siècle, notamment l'arianisme.

Les quatre vertus cardinales - la Prudence, la Justice, la Force et la Tempérance - dominent la façade. La dernière, sculptée par Carpeaux, adoptera les traits de l'impératrice Eugénie. Les quatre statues en pierre au pied du campanile représentent les apôtres. Ils sont reconnaissables à leur symbole : l'aigle de Jean (par Jules Fresquet), l'ange de Matthieu (par Charles Gauthier), le lion de Marc (par François Gilbert) et le boeuf de Luc (Louis-Léon Cugnot). Les peintures en lave émaillée au-dessus des trois portes de chêne seront réalisées par Paul Blaze.

Les espaces de l'église, conçue dans le schéma traditionnel entrée, nef, sanctuaire, chapelle de la Vierge, se différencient par une élévation successive des niveaux rendue aisée par la pente du site. Le recours à la fonte et au fer, nés le l'âge industriel, minimisera le nombre de piliers et permettra de dessiner une voûte de large portée. Les dimensions intérieures impressionnantes, 90 mètres de longueur, 34 de large et 30 de hauteur, mettront en valeur la nouvelle liturgie introduite en 1850.

Le choeur, surélevé et monumental, est flanqué de dix colonnes latérales en stuc vert qui symbolisent les Dix Commandements de Dieu, transmis à Moïse dans le désert pour le peuple d'Israël. Le maître-autel, placé au centre, constitue le coeur de l'édifice.

La nef, large et ample, est soutenue par six piliers massifs supportant chacun la statue de deux apôtres identifiables par leurs emblèmes (les clefs de saint Pierre, la coupe de saint Jean, la bourse de collecteur d'impôts de saint Matthieu ...).

Les peintures des dix arcades de la nef, en pseudo mosaïque, comportent des médaillons représentant les Pères de l'Eglise entourés d'allégories qui définissent leur action. La Sainte-Trinité, peinte par Barrias sur l'arc triomphal qui domine le choeur et l'autel, affiche trois visages différents, contrairement à la tradition iconographique orientale. Le Père enveloppe dans son manteau le Fils et le Saint-Esprit dans un geste d'unité. Une scène de l'Apocalypse selon saint Jean orne l'arc de cercle qui enserre le grand orgue.


   Contenu de la section    

Classement par : artistes | nature | époques | matériaux

Jean-Charles Adolphe Alphand (1817-1891)
Fontaines
Fontaine
Fontaines et bassins
vers 1867

Félix-Joseph Barrias (1822-1907)
La Foule prie devant sainte Geneviève
Thème religieux
1877

Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899)
Orgue
Orgue

Francisque Joseph Duret (1804-1865)
Fontaines
Fontaine
Fontaines et bassins
vers 1867
La Charité
Statue
Sculptures dans la ville
approx. de 1865 à 1867
La Foi
Statue
Sculptures dans la ville
approx. de 1865 à 1867
L'Espérance
Statue
Sculptures dans la ville
approx. de 1865 à 1867

Charles-Alphonse-Achille Gumery (1827-1871)
Ange de bénitier
Statue
approx. de 1866 à 1867
Ange de bénitier
Statue
vers 1865

Désiré François Laugée
Mort de saint Denys
Thème religieux
1876

Lecomte du Nouy
Saint Vincent de Paul et les Galériens
Thème religieux
1876

Eugène-Louis Lequesne (1815-1887)
Fontaines
Fontaine
Fontaines et bassins
vers 1867
La Charité
Statue
Sculptures dans la ville
approx. de 1865 à 1867
La Foi
Statue
Sculptures dans la ville
approx. de 1865 à 1867
L'Espérance
Statue
Sculptures dans la ville
approx. de 1865 à 1867

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