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Les cantorie étaient des tribunes placées à proximité ou sous les orgues, destinées aux chanteurs d'hymnes liturgiques. Les travaux de construction des pièces exposées dans cette salle, conduit par Filippo Brunelleschi, seront entrepris juste après la construction de la coupole. La décoration de la tribune qui surmontera la sacristie des Messes, ou Nouvelle Sacristie, sera confiée à Luca della Robbia L'artiste travaillera à sa première oeuvre connue entre 1431 et 1438. Donatello, qui héritera du décor de la tribune construite au-dessus de la porte de l'Ancienne Sacristie, travaillera dans la pénombre des lieux entre 1433 et 1439.
Les oeuvres resteront en place jusqu'à la date du mariage de Ferdinand, fils de Cosme III de Médicis, et d'Isabelle de Bavière, en 1688. Les cantorie, jugées trop petites et plus au goût du jour, seront entreposées dans les dépôts de l'Oeuvre. Elles seront remontées lors de la création du Musée en 1887.
La cantorie de Luca della Robbia a été reconstituée à partir de moulages. Les sculptures originales sont exposées plus bas. Six reliefs ornaient le parapet et quatre autres occupaient les espaces qui séparent les cinq consoles. Vasari nous apprendra que la cantorie était surmontée de deux anges en bronze, aujourd'hui disparus.
Le thème des reliefs est tiré du Psaume 150. La première ligne des vers en latin, gravée sur la frise, peut être traduite ainsi : Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans le firmament où éclate sa puissance ! Louez-le pour ses oeuvres merveilleuses ! Louez-le pour sa grandeur infinie ! La seconde ligne, sur la base du parapet, poursuit : Louez-le au son de la trompette, Louez-le avec la lyre et avec la harpe ! Louez-le avec le tambourin et avec les danses ! La dernière ligne du Psaume, gravée en dessous des consoles, termine ainsi le propos : Louez-le avec les instruments à corde et avec la flûte ! Louez-le avec les cymbales sonores ! Louez-le avec les cymbales retentissantes ! Tout ce qui respire loue l'Eternel !
Luca della Robbia illustrera ces paroles en sculptant des enfants chanteurs musiciens et chanteurs. Les deux reliefs latéraux représentant des chanteurs réunis autour d'un livre et d'un parchemin déroulé. Les scènes frontales présentent des joueurs de trompette, de psaltérion, de cithare, de tambourin. Les panneaux entre les consoles sont ornés de putti danseurs, jouant de l'orgue, de la harpe, du luth, du tambourin et des cymbales.
Les seize statues qui ornaient les niches du troisième registre du campanile seront transférées au musée de l'Oeuvre en 1937, pour les mettre à l'abri de la pollution atmosphérique qui avait déjà causé d'importants dommages.
Les quatre statues d'Andrea Pisano, alignées le long du mur coté escalier, seront installées sur la face ouest, contiguë à la façade du Dôme, en 1343. Elles représentent la Sibylle de Tibur, David, Salomon et la Sibylle d'Erythrée. Ces personnages bibliques évoquent les prophéties annonçant la Rédemption. Certains Florentins du Moyen-Age attribueront la création de leur cité aux deux Sibylles. Leur partie postérieure des oeuvres, orientée vers le fond de la niche, restera à l'état brut. Ces hauts-reliefs très saillants seront déplacés sur la face nord du campanile en 1464, pour laisser la place aux oeuvres de Donatello.
Les quatre statues de prophètes alignées sur le mur d'en face occupaient les niches de la face du coté sud. Datées de la période comprise entre 1334 et 1341, elles aujourd'hui attribuées - dans l'ordre - à Maso di Banco (Moïse), Andrea et Nino Pisano, au Maître de L'Armatura et encore à Maso di Banco.
Les quatre statues placées à la droite de l'entrée, provenant de la face est, seront exécutées entre 1408 et 1421. Elles représentent des Prophètes et des Patriarches. La première de la série, à gauche, intitulée Prophète imberbe, sera sculptée par Donatello qui aurait pris Filippo Brunelleschi comme modèle. Le prophète barbu qui suit est attribué sans certitude à Nanni di Bartolo, dit il Rosso, un collaborateur de Donatello. Le maître et son élève exécuteront le groupe intitulé le Sacrifice d'Isaac, tandis que le deuxième Prophète barbu, également intitulé l'Homme pensif, est l'oeuvre exclusive de Donatello.
Les quatre dernières statues destinées au campanile, sculptées entre 1420 et 1435, remplaceront sur la face ouest les oeuvres d'Andrea Pisano. Le premier Prophète, daté d'environ 1425, porte un cartouche avec l'inscription "Ecce Agnus Dei" (Voici l'Agneau de Dieu). Il pourrait s'agir de Saint Jean-Baptiste. La signature de Donatello, lisible sur le socle, semble être apocryphe et postérieure à l'exécution de la statue qui pourrait être l'oeuvre de Nanni di Bartolo. Le prophète suivant représentant Habacuc, surnommé Zuccone - "grosse courge" ou "le Chauve" - sera sculpté par Donatello entre 1423 et 1435. L'artiste aurait pris Giovanni Cherichini, un adversaire des Médicis, comme modèle. Le troisième prophète représentant Jérémie, exécuté par Donatello entre 1427 et 1435, serait également le portrait de Francesco Soderini, un adversaire des Médicis dont l'un des descendants, Pier Soderini, sera gonfalonier de la République et ami de Machiavel. Le dernier prophète, Abdias, sera sculpté en 1422. Il est attribué à Nanni di Bartolo. |