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   Allemagne > Berlin > Musée de Pergame > Porte d'Ishtar
Guide de visite : Porte d'Ishtar
Porte d'Ishtar


Section 1 sur 3
Musée de Pergame - Antiquités orientales
vers 575 avant J.C.

Région en relation : Babylone

Nocturne vendredi et samedi

Commanditaire : Nabuchodonozor II
En relation avec : Ishtar
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La porte d'Ishtar est une des huit portes de la cité intérieure de Babylone, elle fut construite au nord de la cité aux alentours de -575 (empire néobabylonien) sur ordre du roi Nabuchodonosor II. Cette porte est dédiée à la déesse éponyme Ishtar.
Histoire   
A l'époque où Athènes avait atteint son plein épanouissement, Babylone n'était plus qu'une ville provinciale. Lorsqu'Alexandre le Grand régnait sur l'Asie, il était prévu d'en faire la capitale de son empire, mais sa mort prématurée mit fin au projet. Lorsque des légions romaines eurent soumis l'Europe, il ne restait de Babylone qu'à peine le nom. Ce que la tradition, surtout biblique, nous a transmis, est loin d'être glorieux: on la nommait "Babel, la grande prostituée". La ville était devenue le symbole du vice et de la luxure - voilà l'image qu'en gardèrent les Européens pendant bien longtemps. En réalité Babylone fut une métropole située au bord de l'Euphrate navigable, entourée de champs de blé et de palmeraies. Point de jonction du commerce international, elle était à la fois centre d'une industrie spécialisée, siège du dieu Marduk et de son puissant clergé et centre du pouvoir politique d'un empire qui peut se mesurer avec l'empire romain. Les fouilles archéologiques menées au Proche-Orient depuis le XIXe s. ont mis ces faits en évidence.

Fouilles
L'exploration de Babylone commença relativement tard, pour la simple raison qu'à première vue ses vestiges n'avaient rien de remarquable. Seules décombres et collines de sable dont l'une d'elles portait encore le nom de "Babil" indiquaitent la position et les dimensions de la ville. Toutefois des fragments de briques émaillées en couleur laissaient supposer l'existence d'édifices prestigieux et incitèrent la mission allemande à se lancer dans l'étude du site. Ce que les équipes de fouille ont mis au jour durant presque 18 ans de campagnes successives, entre 1899 et 1917, sous le patronage des Musées berlinois et de la Deutsche Orient-Gesellschaft, éleva Babylone au rang des villes les plus importantes de l'Antiquité.

Histoire
Les débuts de Babylone remontent au 3e millénaire av. J.- C. Mais le véritable fondateur du let empire de Babylone fut le roi Hammurabi (1792-1750) qui domina un royaume s'étendant de la région du Golfe à la Syrie orientale. Au début du premier millénaire Babylone était soumise à l'autorité assyrienne. Après l'effondrement de l'empire assyrien en 612 Babylone fut à nouveau capitale. L'empire dit néo-babylonien dont les rois les plus importants étaient Nabopolassar (625-605) et Nabuchodonosor II (605-562) embrassait toutes les terres cultivables et les steppes du Proche-Orient situées à l'ouest du Tigre. De toutes les régions de l'empire arrivaient à Babylone tant butins que tributs et produits commerciaux, créant, outre les énormes revenus agricoles, la base d'une immense richesse qui allait se refléter, sur le plan de l'architecture, dans des édifices d'une splendeur inconnue jusque-là. La gloire fut de courte durée. En 539 les Perses conquirent le pays et Babylone fut déchue de son rang. Dans les siècles qui suivirent, la ville tomba en ruine.

Plan de la ville
Babylone s'étendait de chaque côté de l'Euphrate, les vieux quartiers se trouvant sur la rive est, les nouveaux, sur la rive ouest. Elle était protégée par un double mur d'enceinte dont les murailles intérieures atteignaient quelque 6,5 m d'épaisseur et les murailles extérieures environ 3,5 m. Tous les 17-18 m environ se dressaient des tours larges respectivement de 11 et de 4,5 m. Au moins huit doubles portes, longues chacune de presque 50 m, donnaient accès à la ville. Le vieux Babylone couvrait à lui tout seul une aire d'environ 2 1/4 km2, réservée en grande partie aux palais et aux temples. Tout à l'est, une muraille de près de 8 km de long assurait une protection supplémentaire, incorporant des édifices situés hors du centre ville, comme le palais d'été au nord.

Les sanctuaires majeurs
Au centre de Babylone s'élevait le temple du dieu Marduk, patron de la cité. Il se composait de deux édifices distincts, l'Etemenanki (le temple haut) et l'Esagil (ou Esagila, le temple bas). Au début du printemps Marduk accueillait les statues des dieux du pays dans l'Esagil, accomplissant ainsi la fête du Nouvel An qui durait 11 jours. C'était l'occasion non seulement de célébrer rituellement le début de l'année, mais aussi de pratiquer la divination et probablement de confirmer le roi. Si le rôle du temple bas nous est connu - c'est dans les chapelles de l'Esagil qu'on dressait les statues des dieux -, le temple haut ou tour à étages nous pose encore des problèmes quant à sa fonction cultuelle exacte. Et pourtant c'est lui qui a rendu Babylone si célèbre! Se dressant sur une base quadrangulaire d'environ 90 m de côté, aussi haut que large à la base, Etemenanki n'est autre que la fameuse "tour de Babel" qu'Hérodote a admirée et dont parle la tradition biblique. Erigé avec d'innombrables briques crues recouvertes d'un revêtement de briques cuites, il dominait le pays de ses 7 étages - illustre apogée de l'architecture de la tour à étages mésopotamienne connue sous le nom de "ziggourat". Tombé en ruine au cours des temps, devenu la proie des voleurs de briques, il n'en reste de nos jours qu'une partie des fondations et l'indestructible légende.

Edifices profanes
Les palais royaux comptent parmi les édifices les plus remarquables de Babylone. Ils s'étendaient au nord de la ville, à proximité de la rive est de l'Euphrate, à l'intérieur et à l'extérieur des murs d'enceinte. Le palais de Nabuchodonosor II, dit palais sud, est le mieux exploré. Situé à l'intérieur de la cité et s'articulant autour de cinq grandes cours, il était le centre administratif de la ville et de l'empire. Sur le côté sud de la cour centrale fut dégagée l'immense salle du trône dont la façade était magnifiquement ornée de briques émaillées, bas-reliefs et peintures - un joyau de l'architecture mésopotamienne. Une construction en voûte au nord-est du palais indique que cette partie du complexe architectural s'étendait sur plusieurs étages, ce qui n'est pas surprenant vu l'épaisseur importante des murs à cet endroit. C'est là qu'on a pendant longtemps cru pouvoir situer les illustres "Jardins suspendus" - leur emplacement exact reste controversé. Les quartiers d'habitation, eux, n'ont pas fait l'objet de recherches poussées. On y retrouve l'Orient tel qu'il existe aujourd'hui encore: des ruelles étroites et tortueuses, s'élargissant ici et là pour former de petites places; des maisons à un étage pour la plupart et sans fenêtre côté rue. Le plan des maisons est en principe le même que celui des palais: la cour, élément central autour duquel se groupaient les différentes pièces, était la "salle de séjour" préférée de toute la famille dans la journée. On aimait y prendre l'air et profiter de son ombre rafraîchissante, c'est là aussi qu'on faisait la cuisine ou cuisait le pain. Par contre on passait la nuit, par temps chaud, sur le toit. L'approvisionnement de la population en vivres était assuré par des marchands ambulants dont on n'a retrouvé aucune trace. Un marché central n'est pas attesté jusqu'à présent. Bien qu'on ait dégagé des canalisations d'eau, des toilettes et des canaux d'eaux d'égout, nous savons peu de chose sur le service sanitaire et sur l'enlèvement des ordures.


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La Voie Processionnelle et la Porte d'Ishtar
Ce sont de nos jours les plus célèbres monuments de Babylone! Situés au nord de la cité, ils étaient bordés par les murs extérieurs des palais. On eut l'idée d'orner ces murailles de frises de briques émaillées se rapportant au déroulement de la fête du Nouvel An. En effet, le onzième et dernier jour de la fête prévoyait le défilé des statues des dieux sur cette Voie, la seule route menant de la maison de la fête hors ville aux temples centre ville. Des inscriptions de fondation de Nabuchodonosor II attestent ce fait. Deux rangées de lions passant - les symboles de la déesse Ishtar - venaient à la rencontre de tout visiteur pénétrant dans Babylone par cette porte! Sur une longueur d'environ 180 m, 120 lions venaient prendre place, 60 de chaque côté. La Voie au nord de la Porte d'Ishtar formait un défilé d'une longueur totale de 250 m et d'une largeur de plus de 20 m. Mais cela ne représentait qu'une petite partie du parcours. La Voie se poursuivait de l'autre côté de la Porte, sans murailles latérales, longeant les palais royaux, puis le sanctuaire Etemenanki, contournant celui-ci pour donner finalement sur le pont de l'Euphrate.

La Porte d'Ishtar est une merveille d'architecture! Située sur le chemin de la procession annuelle, elle fut toute revêtue de briques émaillées en couleur. Erigée en trois phases, elle fut ornée en dernier lieu de bas-reliefs colorés représentant des dragons et des taureaux - les symboles des dieux Marduk et Adad. Le Musée du Proche-Orient présente une reconstitution partielle de ce complexe architectural: environ 30 m de Voie Processionnelle sur seulement 8 m de large ainsi que la partie mineure de la Porte d'Ishtar flanquée de ses deux tours. En assemblant d'innombrables fragments les restaurateurs ont reconstitué les bas-reliefs figurant les animaux ainsi que quelques panneaux muraux et complété les parties manquantes par des copies, faisant revivre au moins partiellement la splendeur de Babylone.
Description   
La porte d'Ishtar est l'aboutissement de la voie processionnelle au nord de Babylone. Son nom cultuel est "Ishtar Sakipat Tebisha" (Ishtar est victorieuse de ses ennemis).

Elle a été identifiée par son inscription de fondation datant du règne de Nabuchodonosor II. La porte originale a été dégagée en 1902, entièrement démontée et transportée au musée de Berlin. Il s'agit d'une énorme structure en briques cuites, d'une hauteur de plus de 23 mètres, plusieurs fois reconstruite et rehaussée, située à l'entrée nord de la ville intérieure. C'est par cette porte que le roi rentrait triomphalement dans la ville après une campagne militaire.

La porte elle-même mesurait 48 m de long ; elle se composait de deux portes à un passage, chacune d'elles étant reliée aux murs de la ville et protégée par deux tours. La Porte subsistait sur une hauteur de 15 à 18 mètres. Dans sa dernière configuration, tous les murs visibles étaient décorés de reliefs en briques vernissées, teintées en bleu avec une poudre de lapis-lazuli, représentant des rangées de dragons-serpents (symbole du dieu Mardouk et de taureaux (symbole du dieu Hadad, dieu de l'orage et de la tempête), les animaux étant alternativement blancs et jaunes sur fond bleu. Bien que l'on n'ait pas retrouvé les vantaux des portes, des textes les décrivent comme étant réalisés en bois de cèdre avec des bandeaux de bronze.

On note que le lion d'Ishtar n'est pas présent dans les représentations.
Plus de photos   
Plan(s)   
Lieu(x) en relation    
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Porte d'Ishtar