Rogier van der Weyden est né à Tournai, dans le comté de Flandre, vers 1399. La Flandre fait alors partie des Pays-Bas bourguignons. Il se marie vers 1426 et entre dans l'atelier de Robert Campin, à Tournai, l'année suivante. Il a alors un âge plus avancé que la plupart des apprentis (il approche en effet de la trentaine). Il obtient sa maîtrise dans la Guilde de Tournai en 1432.
En 1435, "Maître Roger" devient le peintre officiel de la cité de Bruxelles, où il s'est installé. C'est à ce moment là que son nom (Roger de la Pasture) est changé en flamand (Rogier van der Weyden). Il travaille notamment pour la cour de Philippe le Bon, puissant duc de Bourgogne et grand mécène, pour lequel il fera des portraits. Ses premières oeuvres reflètent l'influence de son maître (Robert Campin), mais il s'en affranchit en introduisant davantage de réalisme et d'émotion dans l'expression de ses personnages, véritables êtres de chair et de sang. Il a été fortement influencé par son confrère plus âgé que lui, Jan van Eyck, grâce auquel il apprend à exploiter les ressources d'un nouveau médium: la peinture à l'huile. Il devient bientôt le peintre flamand le plus recherché de son époque, après van Eyck.
Son succès s'explique par le fait que, tout en adoptant de nouvelles techniques, il conserve les règles traditionnelles de la composition. Ainsi la Descente de Croix, peinte vers 1435, présente les figures sur un fond neutre. Le corps du Christ est au centre de la composition, tourné vers le spectateur. À gauche, la Vierge, dans un drapé d'un bleu profond, s'affaisse parallèlement au corps de son fils. Les autres personnages ont un visage calme aux traits réalistes.
Van der Weyden exécute de grandes compositions dramatiques pour les membres de la puissante cour de Bourgogne. Il crée notamment l'admirable Jugement dernier (circa 1445-1449), retable unique en son genre, composé de 15 panneaux commandés par le chancelier Nicolas Rolin pour les Hospices de sa ville de Beaune (cet immense polyptyque de 2,25 m de haut et de 5,46 m de long s'y trouve toujours). À côté de ses oeuvres à caractère religieux, van der Weyden réalise de magnifiques portraits de nobles et de riches négociants de la ville. Il réalise aussi des enluminures (en particulier pour les Chroniques de Hainaut de Jean Wauquelin, pour la bibliothèque de Philippe le Bon).
Le tournant italien
Vers 1450, année du Jubilé, van der Weyden voyage en Italie, très vraisemblablement à Rome et à Florence. Il s'inspire de Fra Angelico et apprend de nouvelles techniques mises au point par les peintres italiens. Pendant cette période, il travaille pour la famille d'Este et ses portraits, notamment celui de Francesco d'Este, vont contribuer à l'essor de la peinture à l'huile en Italie à la fin du XVe siècle.
Après avoir exécuté des portraits de Philippe le Bon, van der Weyden réalisera des portraits pour le fils de ce dernier, Charles le Téméraire.
Son art exprime un sentiment religieux intense, voire pathétique ou bouleversant (comme dans son chef-d'oeuvre, la Descente de croix de 1435), rendu avec une plénitude sculpturale. Ses tonalités sont saturées, mais souvent claires. Grâce à la perfection de sa technique, Rogier van der Weyden a joui d'une notoriété internationale de son vivant. Son style raffiné et empli d'émotion influença profondément de très nombreux peintres flamands et étrangers, en particulier allemands.
On retrouve son effigie dans Les effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson.
Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rogier_van_der_Weyden
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