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Le pi?destal de pierre est ceint de douze bas-reliefs en bronze, reli?s par des rosaces. Ils repr?sentent les ?v?nements majeurs ? l'origine de la naissance de la R?publique, entre 1789 et 1880.
Le 9 avril 1794 (20 germinal an II) l'amiral Van Stabel sortait de la Chesapeake avec un convoi de 126 voiles dont il assurait l'escorte avec 6 vaisseaux, 4 fr?gates et 2 corvettes pour l'amener en suret? ? Brest. L'arriv?e de ce convoi charg? de bl? ?tait vitale pour le ravitaillement des "Arm?es de l'Ouest" et ?viter en Bretagne, Maine et Vend?e une famine, ou tout le moins des privations qui n'auraient fait qu'attiser l'insurection de ces provinces contre le pouvoir central.
A peu pr?s simultan?ment, le 10 avril (21 germinal), une division de 6 vaisseaux entour?e de quelques fr?gates est sortie de Brest sous les ordres de l'amiral Nielly pour se porter ? sa rencontre.
En route, Van Stabel fait une quinzaine de prises. Il devrait arriver au large d'Ouessant ? la fin de mai. Mais le 2 mai l'amiral anglais Howe est sorti de Portsmouth et se dispose ? l'intercepter. A Brest, Jeanbon Saint-Andr?, envoy? ? cet effet par le Comit? de Salut public, s'emploie ? une reprise en mains de la ville, ? remettre l'arsenal au travail et ? r?tablir la discipline dans la flotte. Villaret-Joyeuse est plac? ? la t?te de l'Arm?e navale - 25 vaisseaux et une vingtaine de fr?gates - qui appareille le 16 mai 1794 (27 flor?al) pour couvrir le passage de Van Stabel.
La premi?re rencontre entre les flottes de Villaret-Joyeuse et Howe aura lieu le 28 mai (9 prairial), ? 400 nautiques ? l'Ouest de Brest. Villaret tentera d'entra?ner Howe le plus loin possible vers le nord pour l'?carter de la route de Van Stabel. Son b?timent d'arri?re-garde le R?volutionnaire se laissera accrocher, am?nera son pavillon, mais n?glig? par les Anglais, rejoindra Rochefort.
Un second engagement se produidra le lendemain (10 prairial). Villaret perdra deux vaisseaux, l'Indomptable et le Montagnard, qui devront rentrer ? Brest.
La brume s'?tablira sur la zone d'action pendant deux jours, emp?chant la reprise des combats. Nielly, qui parviendra ? rallier Villaret-Joyeuse, lui assurera une l?g?re sup?riorit? num?rique.
La brume se l?vera le 13 prairial (1er juin) et l'engagement d?cisif va avoir lieu. Howe attaque ? 9 heures du matin. La bataille devient rapidement une m?l?e confuse au milieu de laquelle, dans la fum?e des canons, se livrent des duels acharn?s comme celui des deux vaisseaux amiraux, la Montagne contre la Queen Charlotte, ou celui du Vengeur contre le Ramilli?s et le Brunswick.
Vers 14 heures, Villaret a pu regrouper treize vaisseaux. La protection rapproch?e de Van Stabel s'impose ? lui. Il d?croche laissant derri?re lui sept vaisseaux dont six seront pris par les Anglais, le septi?me ?tant le Vengeur en train de sombrer.
Surprise ! Howe ne prend pas chasse. Ind?cis, clou? sur sa chaise par des rhumatismes, sa flotte ?prouv?e par 30 jours de mer et sur le point, croyait-il, de manquer d'eau, il renonce ? poursuivre et se replie sur Porstmouth laissant la mer libre ? Van Stabel qui pourra se pr?senter le 14 juin ? l'entr?e du goulet avec les 126 navires de son convoi et toutes ses prises sans avoir ?t? inqui?t?.
Entre temps, Villaret avait ?cart? les 9 vaisseaux et les 2 fr?gates de l'anglais Montagu et ?tait venu mouiller ? Bertheaume le 12 juin.
On n'a souvent retenu des combats de Prairial que les pertes en hommes et en vaisseaux qu'avaient subies notre arm?e navale : 2700 tu?s ou bless?s graves, 4000 prisonniers, sept vaisseaux perdus.
Les anglais n'avaient perdu aucun vaisseau et n'avaient eu que 1000 morts ou bless?s. On n'a oubli? qu'un tel r?sultat tenait surtout ? l'inexp?rience de nos ?quipages recrut?s ? la hate, pas entra?n?s, n'ayant jamais, pour beaucoup, vu le feu dans un combat naval. Que dire aussi de la d?faillance, voire de l'indiscipline de certains commandants ? Cinq seront destitu?s et deux traduits devant la Tribunal r?volutionnaire.
On oublie alors que les combats de Prairial sont une grande victoire strat?gique : Van Stabel est pass?, le spectre de la famine est ?cart? et la France a obtenue une libert? d'action dans ses approches maritimes qu'elle va pouvoir maintenir pendant quelques mois encore. Les Anglais ne s'y sont pas tromp?s : bien qu'ils appellent cet engagement "The Glorious First of June", Howe, objet ? son retour de moqueries cinglantes, sera relev? de son commandement.
Bataille navale violente o? les actes de courage ne manqu?rent pas, d?but de la r?surrection d'une marine d?sorganis?e par trois ans de d?sordres, victoire strat?gique, il ?tait normal de donner ce nom de Prairial ? un b?timent de guerre de la R?publique.
(d'apr?s la revue Marine n°153 octobre 1991)
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