Date : near 1863
Dimensions : 2.25 m x 1.3 m Material : Oil on canvas Acquisition : Acquis sur la liste civile de Napol?on III en 1863 et attribu? aux mus?es nationaux par d?cision judiciaire (1879) Salon des Artistes français
| Item 3 on 9 French Painting Painting (Th?me mythologique)
Area related Paris (France)
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 | Description |  |
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Zola t?moignera ainsi de son d?dain pour les peintres d'histoire de cette ?poque, pour Cabanel en particulier :
"Le genre a envahi la peinture enti?re. J'ai signal? les tableaux colossaux, mais au fond ce n'est rien autre que le m?me genre auquel on a simplement donn? des dimensions ?normes. De m?me je pourrais prendre les peintres historiques en flagrant d?lit de concessions, trahissant les principes classiques en vue d'adoucir la s?v?rit? acad?mique et de se concilier les sympathies de la foule. Ce qui en r?sulte, c'est l'histoire embellie par la fantaisie, quelque chose comme Caton couronn? de roses.
Cabanel est le g?nie de cette ?cole ! Il a re?u toutes les m?dailles - une deuxi?me m?daille, une premi?re m?daille, une m?daille d'honneur -, il a re?u l'ordre de la L?gion d'honneur, on l'a fait acad?micien, professeur ? l'?cole des beaux-arts, membre de tous les jurys possibles. C'est un talent officiel, un talent devant lequel s'inclinent tous les honn?tes gens : essayez de mettre en doute le talent de Cabanel : on vous rira au nez et on r?pondra : "Vous divaguez ! En France, nous avons une Administration charg?e de d?couvrir les hommes de talent, de les r?compenser, de leur donner de l'avancement. Cabanel re?oit depuis vingt ans plus de r?compenses et d'avancement que personne d'autre. C'est donc qu'il est le g?nie incarn?.
L'Administration ne saurait se tromper." Que r?pondre ? cela ? Le public, ? qui on souffle ses engouements, est innocent. La principale malice de Cabanel, c'est d'avoir r?nov? le style acad?mique. ? la vieille poup?e classique, ?dent?e et chauve, il a fait cadeau de cheveux postiches et de fausses dents. La m?g?re s'est m?tamorphos?e en une femme s?duisante, pommad?e et parfum?e, la bouche en coeur et les boucles blondes. Le peintre a m?me pouss? un peu loin le rajeunissement.
Les corps f?minins sur ses toiles sont devenus de cr?me. Pour comble d'audace, il s'est risqu? ? introduire des tons et des coups de pinceau personnels. Tout est fait de propos d?lib?r?, de sorte que cela para?t de l'originalit?, mais Cabanel ne d?passe jamais les bornes. C'est un g?nie classique qui se permet une pinc?e de poudre de riz, quelque chose comme V?nus dans le peignoir d'une courtisane. Le succ?s a ?t? ?norme. Tout le monde est tomb? en extase. Voil? un ma?tre selon le go?t des honn?tes gens qui se pr?tendent artistes. Vous exigez l'?clat de la couleur ? Cabanel vous le donne. Vous d?sirez un dessin suave et anim? ? Cabanel en a fini avec les lignes s?v?res de la tradition. En un mot, si vous demandez de l'originalit?, Cabanel est votre homme, cet heureux mortel a de tout en mod?ration, et il sait ?tre original avec discr?tion. Il ne fait pas partie de ces forcen?s qui d?passent la mesure. Il reste toujours convenable, il est toujours classique malgr? tout, incapable de scandaliser son public en s'?cartant trop violemment de l'id?al conventionnel. Dans une des toiles qu'il expose cette ann?e, l'artiste se confesse tout entier.
Cela s'appelle Thamar. Thamar, insult?e par Amnon, pleure sur les genoux de son fr?re Absalon. Le tableau repr?sente une femme demi-nue. Elle sanglote, la t?te cach?e dans les genoux d'un homme lui aussi demi-nu. Cabanel a voulu briller par la perfection du m?tier et ?clipser Delacroix. Il a peint une chambre d'une rare splendeur orientale, avec des tentures, des joyaux, des effets de lumi?re. Pour plus de relief, il a plac? dans le fond une n?gresse. Et tous ces efforts n'aboutissent ? rien : le tableau demeure pr?tentieux et sans caract?re. Il ne frappe m?me pas les yeux. L'estampille grise du gouvernement est pos?e sur toutes les figures et les d?colore. C'est une composition sans d?faut et sans m?rite, la m?diocrit? la plus meurtri?re parle ? travers elle, c'est un art compos? de toutes les vieilles formules, renouvel?es par la main adroite d'un apprenti ouvrier."
Les commentaires apr?s la visite de Zola au Salon de 1878 ne seront gu?re plus tendres :
"Il faut voir au Champ-de-Mars les tableaux de Cabanel et de G?r?me, et si on se rappelle que ces deux peintres ont pris le pas sur Courbet toute sa vie, on ne pourra se d?fendre d'un sentiment de tristesse. On a beau r?fl?chir que la vogue excessive de la m?diocrit? n'a qu'un temps, que t?t ou tard la v?rit? triomphe, que l'avenir se chargera d'assigner ? chacun la place qui lui revient, l'artiste au g?nie cr?ateur en haut, et les p?dants affair?s et astucieux tout en bas ; n'importe, la partialit? aveugle de la foule fait mal, on se met ? douter de la v?rit? elle-m?me, devant les stupides engouements populaires dont jouissent des r?putations usurp?es." ...
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