
Vue panoramique |  | La Neige Item 4 on 10
French Painting Painting (Paysage)
Material : Oil on canvas
Date : 1873
Area related : France
Acquisition : Dation en paiement des droits de succession (1989)
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| Description |  |  |
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Daubigny peindra les paysages d'Auvers-sur-Oise dès 1878, une dizaine d'années avant Van Gogh. La dernière oeuvre de ce dernier, le Champ de blé aux Corbeaux, s'inspirera de L'Arbre aux corbeaux de 1867 et de La Neige, présentée au Salon de 1873. Daubigny peindra de nombreux sites qui seront choisis ensuite par les Impressionnistes. Proche des paysagistes de Barbizon, Daubigny sera "le peintre merveilleux et véridique des bords de la Seine et de l'Oise", selon les termes de Zola en 1876.
Daubigny s'écartera assez vite de l'enseignement de son maître, Paul Delaroche, qui le préparera sans succès au prix de Rome. Il peindra essentiellement des paysages et sera admis au Salon de 1838.
La Moisson, présentée au Salon de 1852, puis Le Printemps, La Vallée d'Optevoz et Le Soleil Couché exposés en 1857, lui vaudront l'estime du public et de la critique.
Le peintre construira son "Bottin" en 1857, une cabane flottante lui permettant de peindre sur l'eau. Monet retiendra l'idée pour son "bateau-atelier". Précurseur de l'Impressionnisme, Daubigny peindra essentiellement en plein-air. Il éclaircira progressivement sa palette et manifestera son penchant son goût de la simplification à partir de 1861.
Fervent défenseur des artistes de la nouvelle génération, en compagnie de Corot, Daubigny ne parviendra pas à faire admettre Cézanne et Renoir au Salon de 1866. Il aura plus de réussite en 1868 et parviendra à imposer Bazille, Monet, Pissarro, Renoir, Degas, Sisley et Berthe Morisot.
La résistance des défenseurs de la peinture académique - notamment du surintendant des Beaux-Arts, le comte de Nieuwerkerke - l'emportera en 1869. Monet et Sisley seront refusés aux Salons de 1869 et 1870. Daubigny et Corot démissionneront alors du jury.
Daubigny rejoindra Monet et Pissarro à Londres en 1870. Il les présentera au marchand d'art Durand-Ruel qui fera connaître l'Impressionnisme dans le monde. Monet, Pissarro et Cézanne se retrouveront dans la maison de leur protecteur à Auvers-sur-Oise en 1871.
Emile Zola évoquera à plusieurs reprises son admiration pour le travail de Daubigny. Ainsi, à son retour du Salon de 1876, il écrira ces quelques lignes :
"... Je passe aux paysages. On dit que le jury s'est montré particulièrement sévère pour les paysagistes. Il est un fait que les paysages sont relativement peu nombreux au Salon, alors que d'ordinaire ils se comptent par centaines. Malgré l'éclat dont on fait briller le paysage de grands artistes comme Corot, Jules Dupré, Théodore Rousseau et d'autres moins connus, l'Académie a toujours rejeté les paysagistes au deuxième rang. C'est à eux que notre siècle doit son originalité : la belle affaire! le premier débutant venu qui dessine des bonshommes de pain d'épice, sous prétexte qu'il fait de la peinture historique, se croit en droit de siéger plus haut dans la hiérarchie de l'art que les paysagistes. C'est tellement le cas que jamais le jury ne donnera une première médaille à un paysagiste. Un paysagiste doit avoir les cheveux gris avant qu'on lui bâille une récompense. Il se peut que nos jeunes artistes, qui ont beaucoup de sens pratique, aient compris que c'était peine perdue d'envoyer de beaux arbres, alors que des figures laides rapportent de grosses sommes. Heureusement que les génies ne perdent jamais courage. Donc, le paysage est peu représenté au Salon cette année. D'ailleurs, les grands noms ont disparu ; de la bande héroïque des conquérants il ne reste que Daubigny, le peintre merveilleux et véridique des bords de la Seine et de l'Oise. Il nous a révélé les charmes des environs de Paris; il ne s'est guère éloigné à plus de trente kilomètres de la capitale, sauf pour de rares fugues en Normandie ; et je sais des peintres qui, ayant parcouru la Suisse, l'Italie et l'Espagne, ont fait moins de découvertes que lui. Pendant quinze ans il n'a pas vendu ses toiles plus de cinq cents francs. Il est vrai que depuis l'heure du triomphe du paysage il a écoulé tout un ramassis de son atelier pour des sommes fort respectables. Au Salon, on peut trouver son Verger un peu noir. Mais quelle maîtrise dans le rendu de la verdure, quelle science de la vie arboréale ! Des pommiers et des poiriers lourds de fruits se dressent devant nous, leurs troncs couverts de mousse et penchés d'un côté, leurs branches tordues. Il faut connaître les petits jardinets de la banlieue parisienne pour savourer l'impression de vérité qui se dégage de ce tableau où l'on croit respirer la fraîcheur du feuillage, où l'on croit entendre de temps en temps, au milieu d'un profond silence, la chute étouffée d'un fruit. Le ciel, bleu et blanc, un ciel clair de printemps, a le défaut d'atténuer l'opulence de la toile. Mais elle n'en est pas moins la feuille la plus large arrachée au livre de la nature qu'on puisse voir au Salon."
Zola écrira encore :
"Daubigny était peut-être moins profond, mais par contre il avait plus de justesse. Choisissant un autre aspect des environs de Paris, il découvrit le charme pénétrant des bords de la Seine. Pendant trente ans il en a peint les deux rives, d'Auvers jusqu'à Mantes, en fixant sur la toile des coins de paysage le long de l'Oise, jusqu'à L'Isle-Adam. Il adorait cette région, largement arrosée de cours d'eau, avec sa végétation d'un vert cru adouci par les vapeurs argentées des brouillards s'élevant du fleuve. Si Corot conservait encore comme un faible écho des anciens paysages historiques, Daubigny par contre, avec sa bonhomie bourgeoise, son innocence de la composition, hâta la révolution réaliste dans notre école. L'un des premiers, après Paul Huet qui, malgré tout, gardait dans une certaine mesure le bric-à-brac romantique, il alla dans les champs et copia le premier paysage venu. Un coin de rivière, une rangée de peupliers, des pommiers en fleur, tout lui était bon. Et il ne trichait point, il peignait ce qu'il voyait, ne cherchant pas de sujets hors de ce que lui offrait la réalité. C'est en cela que consiste la révolution qui s'est effectuée au sein de notre école. Daubigny fut un défricheur, un maître.
Les résultats de cette méthode devaient déconcerter les gens et bouleverser toutes les idées reçues. Jadis on corrigeait la nature pour lui donner de la grandeur, on trouvait la réalité trop basse à moins qu'elle ne fût adoucie et ennoblie.
Cependant il fut démontré que les paysages où se voyait la nature sans fard étaient pleins d'émotion, de force et de grâce, qualités qui avaient toujours manqué aux paysages historiques. On ne saurait rien imaginer de plus froid et en même temps de plus lourd et de plus aride que les paysages composés où les arbres sont arrangés comme les coulisses d'un théâtre et laissent voir les ruines de quelque temple grec sur une colline d'allure conventionnelle. Regardez par contraste un paysage de Daubigny : c'est l'âme de la nature qui vous parle. Il y a dans l'exposition un tableau magnifique, Lever de la lune à Auvers (Seine-et-Oise). La nuit vient de tomber, une ombre transparente voile les champs, tandis que dans un ciel clair monte la pleine lune. On sent là le frémissement silencieux du soir, les derniers bruits des champs qui s'endorment. Cela donne l'impression d'une grandeur limpide, d'une tranquillité pleine de vie. Voilà le style réaliste, fait pour communiquer ce qui est. Nous sommes loin du style classique, tourné vers un idéal surnaturel, où ne se mêle rien de personnel et où la rhétorique étouffe la vie.
Je citerai un autre tableau de Daubigny, La Neige, qui était à l'exposition de peinture de 1872. On ne saurait rien imaginer de plus simple et en même temps de plus large. Les champs sont blancs de neige ; un chemin les traverse, bordé à droite et à gauche de pommiers aux branches noueuses. Et sur cette nappe blanche, sur les champs et sur les arbres, toute une énorme volée de corbeaux s'est abattue, des points noirs, immobiles et tournoyants. L'hiver tout entier est là devant nous. De ma vie, je n'ai rien vu de plus mélancolique ; le pinceau de Daubigny, délicat plutôt que puissant, a acquis cette fois-ci une force exceptionnelle pour rendre la vue morne de nos plaines en décembre".
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Daubigny sur wikipedia  Charles-François Daubigny fut un des peintres qui formaient le groupe de l'école de Barbizon, et par ailleurs considéré comme un des précurseurs majeurs de l'impressionnisme.
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