Date : 1874
Dimensions : 1,32 m x 2,23 m Matériaux : Peinture à l'huile sur toile Acquisition : Acquisition sur les arrérages du legs d'Arthur Pernolet (1919) Salon des Artistes français
| Elément 3 sur 15 Peinture Peinture (Portrait)
Région en relation Paris (France)
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Très célèbre de son vivant, Léon Bonnat peindra de nombreux portraits officiels parmi lesquels ceux de Victor Hugo, Jules Ferry, Pasteur, Thiers, Loubet ... dans un style très académique. Fervent admirateur d'Ingres, il enseignera à l'Ecole des Beaux-Arts et léguera sa collection au musée qui porte son nom à Bayonne.
Emile Zola commentera ainsi l'oeuvre de Léon Bonnat :
"On regarde ... beaucoup le portrait de Mme Pasca, par M. Bonnat. L'actrice est debout, vêtue d'une robe de satin blanc. Je trouve cette peinture un peu lourde et trop crayeuse".
Lettre de Paris 1875
"Bonnat a exposé un portrait de Mme Pasca qui a fait fureur au Salon. La grande artiste, dans une robe de satin blanc bordée de fourrure, est debout, la tête relevée. Le bras droit, nu, pend le long du corps, la main gauche s'appuie sur une chaise de bois doré. Elle est superbe, énergique, triomphante. Il faut dire que Bonnat n'est pas à classer parmi les peintres de chic. Ce n'est pas lui que je visais dans mes observations générales sur la tendance de nos portraitistes à diluer la vie. Au contraire je lui fais grief de l'avoir épaissie, de s'être trop appesanti en peignant.
La tête de Mme Pasca me semble un peu lourde. En réalité il y a plus de feu, plus d'animation, plus d'esprit dans les traits de sa physionomie. La robe de satin blanc est également trop lourde; on reconnaît à peine l'étoffe. Mais ce qu'il convient de louer sans réserve, c'est ce bras droit, ce bras nu qui tombe si noble ment et donne tant de caractère à toute la figure ; il est fait de main de maître. À part cela, certains détails sont remarquables, la bague, l'agrafe de la ceinture, rendue avec tant de vérité qu'on pourrait s'y tromper et les prendre pour réelles. Enfin la facture de la chaise est admirable, inimitable.
Bonnat n'est pas de ceux que j'aime, mais je conviens volontiers qu'aucun des peintres d'aujourd'hui ne sait rendre une figure avec tant de force. Mme Pasca est très à la mode à l'heure présente. Elle passe ses vacances d'été à Paris et a reparu depuis peu dans le rôle créé par elle en 1868 de Fanny Lear dans la pièce de MM. Meilhac et Halévy. La pièce est médiocre à souhait; une aventurière s'empare d'un vieux baron et, bien entendu, reçoit son châtiment au dénouement. Mais le talent de Mme Pasca a insufflé la vie à cette production. Le Vaudeville, qui se trouvait à l'agonie, fait une recette énorme. L'actrice excelle surtout dans le troisième acte. Paris, qui la regrettait depuis que Pétersbourg nous l'avait ravie, la comble d'ovations frénétiques. Elle retournera l'hiver prochain à Pétersbourg, grandie de ce triomphe. La foule qui s'attarde devant son portrait se compose de spectateurs qui l'ont applaudie au Vaudeville.
Le portraitiste qui, de pair avec Bonnat, a récolté le plus de lauriers cette année est un peintre russe, Alexis Harlamoff. Il a exposé des portraits de Louis et de Pauline Viardot. Ces portraits sont tous les deux magnifiques. Harlamoff, que personne ne connaissait il y a deux mois, est aujourd'hui salué comme un peintre des plus remarquables. Les deux portraits sont un peu noirs. C'est le seul reproche que je lui fais. Mais en compensation, quelle vérité ! C'est le portrait de Mme Viardot qui me plaît le plus. La grande cantatrice est habillée de noir, un fichu de tulle noir jeté sur ses épaules. Les bijoux dans ses cheveux et autour de son cou tranchent de façon éclatante sur le ton sombre qui règne dans le portrait. Elle a les mains jointes sur les genoux. Tout ceci est très simple, sans l'attrait de l'élégance, plutôt un peu brutal. Le corps vit, le port de la tête a de l'allant ; en somme, c'est le début d'un puissant talent".
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