Date : 1964
Dimensions : 1.96 m x 1.73 m Material : Acrylic and silkscreen printing on canvas Acquisition : Achat en vente publique (1996)
| Item 15 on 17 Contemporary Art Painting (Sc?ne ext?rieure)
© ADAGP
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Emile Zola ?voquera ainsi l'oeuvre en parlant d'Edouard Manet, en 1867 :
- "Le D?jeuner sur l'herbe est la plus grande toile d'Edouard Manet, celle o? il a r?alis? le r?ve que font tous les peintres : mettre des figures de grandeur naturelle dans un paysage. On sait avec quelle puissance il a vaincu cette difficult?. Il y a l? quelques feuillages, quelques troncs d'arbres, et, au fond, une rivi?re dans laquelle se baigne une femme en chemise; sur le premier plan, deux jeunes gens sont assis en face d'une seconde femme qui vient de sortir de l'eau et qui s?che sa peau nue au grand air. Cette femme nue a scandalis? le public, qui n'a vu qu'elle dans la toile.
Bon Dieu! quelle ind?cence: une femme sans le moindre voile entre deux hommes habill?s ! Cela ne s'?tait jamais vu. Et cette croyance ?tait une grossi?re erreur, car il y a au mus?e du Louvre plus de cinquante tableaux dans lesquels se trouvent m?l?s des personnages habill?s et des personnages nus. Mais personne ne va chercher ? se scandaliser au mus?e du Louvre. La foule s'est bien gard?e d'ailleurs de juger Le D?jeuner sur l'herbe comme doit ?tre jug?e une v?ritable oeuvre d'art; elle y a vu seulement des gens qui mangeaient sur l'herbe, au sortir du bain, et elle a cru que l'artiste avait mis une intention obsc?ne et tapageuse dans la disposition du sujet, lorsque l'artiste avait simplement cherch? ? obtenir des oppositions vives et des masses franches.
Les peintres, surtout Edouard Manet, qui est un peintre analyste, n'ont pas cette pr?occupation du sujet qui tourmente la foule avant tout; le sujet pour eux est un pr?texte ? peindre tandis que pour la foule le sujet seul existe. Ainsi, assur?ment, la femme nue du D?jeuner sur l'herbe n'est l? que pour fournir ? l'artiste l'occasion de peindre un peu de chair.
Ce qu'il faut voir dans le tableau, ce n'est pas un d?jeuner sur l'herbe, c'est le paysage entier, avec ses vigueurs et ses finesses, avec ses premiers plans si larges, si solides, et ses fonds d'une d?licatesse si l?g?re ; c'est cette chair ferme model?e ? grands pans de lumi?re, ces ?toffes souples et fortes, et surtout cette d?licieuse silhouette de femme en chemise qui fait dans le fond, une adorable tache blanche au milieu des feuilles vertes, c'est enfin cet ensemble vaste, plein d'air, ce coin de la nature rendu avec une simplicit? si juste, toute cette page admirable dans laquelle un artiste a mis tous les ?l?ments particuliers et rares qui ?taient en lui."
Apr?s deux ann?es pass?es aux Beaux-Arts, dans les classes d'architecture, Alain Jacquet s'installera ? New York au d?but des ann?es soixante. Sa trajectoire croisera celle d'Andy Warhol et de Roy Lichtenstein. Les stars de l'?poque ?taient De Kooning, Johns et Rauschenberg.
Alain Jacquet exposera ? la galerie Fraser, ? Londres, en 1963, et Iolas, ? New York, en 1964. Il sera ensuite victime de l'ostracisme des galeries et collectionneurs am?ricains, d?cid?s ? promouvoir exclusivement un art am?ricain. Les tr?s rares collectionneurs fran?ais embo?teront le pas, afin de b?n?ficier du retour sur investissement plus important procur? par les artistes d'Outre-Atlantique. Alain Jacquet sera ainsi marginalis? par les ?tats-Unis, qui propageront une vision du Pop Art consid?r? abusivement comme un art sp?cifiquement am?ricain, et par la France qui rejettera ce Pop Art au b?n?fice du Nouveau R?alisme.
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