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  Worldvisitguide > Places > The Grand Trianon > Castles and Palaces > Malachite room > Clytie chang?e en tournesol
Clytie chang?e en tournesol
Modèles : Clytie
Apollon
Relationship with : Publius Ovidius Naso (Ovide)

Date : approx. between 1687 and 1688

Dimensions : 1.59 m x 1.31 m
Material : Oil on canvas
Acquisition : Commande de Louis XIV (1688)
UNESCO World Heritage Site (Définitif) : 1979

Item 4 on 11
Castles and Palaces
Painting (Th?me mythologique)

Area related
Versailles (France)


Description   

Ce tableau sera command? par Louis XIV pour le cabinet du Couchant du Grand Trianon vers 1688.

Une l?gende de la mythologie grecque raconte qu'Apollon, dieu du soleil, aura pour ma?tresse Clytie, nymphe des eaux, ainsi que sa soeur, Leucotho?. Jalouse, Clytie d?noncera cette liaison ? son p?re, Oc?an, qui enterrera vive sa fille cadette. Apollon, trahi, abandonnera Clytie qui se laissera d?p?rir. Touch? par son d?sespoir, Apollon la m?tamorphosera en h?liotrope (tournesol), car elle ?tait toujours tourn?e vers le soleil.

M?tamorphoses d'Ovide : Leucotho? et Clytie (IV, 190-270)

Cyth?r?e voulut tirer de son injure une vengeance m?morable. Ph?bus l'avait trahie dans ses amours secrets, Ph?bus sera trahi dans de semblables amours. ? fils d'Hyp?rion, que te servent d?sormais ta beaut?, ton ?clat, ta lumi?re immortelle ? toi, dont les feux embrasent la nature, tu te sens br?ler d'un feu nouveau ! toi, dont l'oeil doit embrasser le monde, tu ne vois plus que Leucotho?, et tu arr?tes sur une jeune mortelle les regards que tu dois ? l'univers. Pour elle, tu parais plus matin ? l'orient; pour elle, tu descends plus tard dans les ondes. Tu prolonges les jours de l'hiver pour la voir plus longtemps. Quelquefois m?me tes chagrins obscurcissent tes traits. Les sombres ennuis de ton coeur se communiquent ? tes rayons. Ta lumi?re affaiblie ?pouvante les humains, et ce n'est point Ph?b? qui te couvre de son ombre, c'est l'amour seul qui produit ta p?leur. Tu n'aimes que Leucotho?. Ce n'est plus ni Clym?ne, ni Rhodos, ni la brillante m?re de Circ?, qui r?gnent sur ton coeur. En vain Clytie soupire encore pour toi. En vain, depuis longtemps profond?ment bless?e, elle g?mit implorant la fin de tes m?pris. Leucotho? l'emporte, et tout le reste est oubli?.

[209] La plus belle femme de l'Arabie, Eurynome, lui donna le jour. Elle grandit, et bient?t le temps d?veloppa ses charmes. Bient?t, par sa beaut?, Leucotho? surpassa sa m?re, comme sa m?re surpassait les femmes de l'orient. Son p?re, Orchamus, qui r?gnait sur la Perse, ?tait le septi?me descendant du vieux B?lus.

C'est sous l'axe de l'Hesp?rie que sont les p?turages des coursiers du Soleil; ils s'y nourrissent d'ambroisie. Ces sucs d?licieux leur donnent de nouvelles forces, et les d?lassent des fatigues du jour. Tandis qu'ils se repaissent du c?leste aliment, et que la nuit ?tend son voile sur l'univers, Ph?bus, prenant les traits d'Eurynome, se rend au palais de Leucotho?. Il la voit au milieu de douze esclaves, qui filaient ? la clart? des flambeaux. Apr?s lui avoir donn? quelques baisers, comme une tendre m?re en donne ? sa fille ch?rie : "Je veux, dit-il, te parler en secret. Esclaves, ?loignez-vous, et n'emp?chez pas une m?re de causer librement avec son enfant" ! Les esclaves ob?issent. ? peine le dieu est-il seul avec elle, et sans t?moins : "Je suis, dit-il, celui qui mesure les jours, les saisons, et les ans; celui qui voit tout, et par qui l'on voit tout dans le monde. Je suis l'oeil de l'univers; je vous aime, gardez-vous d'en douter". Leucotho? p?lit, sa main tremblante laisse ?chapper et sa quenouille et ses fuseaux. Son timide embarras l'embellit encore. En ce moment, le dieu reprend sa forme immortelle. Leucotho? est effray?e de ce changement soudain; mais vaincue par l'?clat dont il brille, elle ne sait plus se d?fendre, et c?de ? son amant.

[234] Clytie aimait encore. Son amour s'irritait, aigri par le triomphe de sa rivale. Elle voulut le publier, elle osa le d?noncer ? Orchamos. Ce p?re cruel et sans piti? fait saisir sa fille. En vain, tendant les bras vers l'astre du jour, elle s'?crie : "Il employa la violence, il triompha malgr? moi" ! le barbare l'ensevelissant vivante dans la terre, d'un sable pesant fit couvrir son tombeau. Le Soleil, par la force de ses rayons, travaille ? te d?gager, ? t'ouvrir un chemin ? la lumi?re, ? la vie. Mais, accabl?e sous le poids qui te couvre, nymphe infortun?e, tu ne peux soulever ta t?te, et d?j? tu n'es plus.

Depuis la mort funeste de Pha?thon, le dieu dont la main guide les rapides coursiers du jour n'avait point ?prouv?, dit-on, de douleur si profonde. Il essaie encore, en redoublant les traits de sa lumi?re, de ranimer ses membres glac?s, d'y rappeler la chaleur et la vie. Mais le Destin jaloux s'oppose ? tous ses efforts. Le dieu ?panche alors sur le sable, et sur le corps de son amante, un nectar odorant; et, apr?s de longs g?missements : "Du moins, dit-il, tu porteras ta t?te vers le ciel" ! En ce m?me moment, le corps de la Nymphe s'amollit p?n?tr? d'une essence divine, la terre en est parfum?e. Un arbre dans son sein ?tend ses racines, perce la tombe, s'?l?ve et distille l'encens.

[256] Quoique l'amour p?t excuser Clytie; quoique le repentir de sa faute f?t digne de pardon, le dieu du jour s'?loigna d'elle, et la laissa tout enti?re en proie aux fureurs de V?nus. D?sesp?r?e, fuyant les Nymphes ses compagnes, les cheveux ?pars sur son sein d?pouill?, elle s'assied sur la terre; et le jour et la nuit elle y reste nue expos?e aux injures de l'air. D?j? Ph?bus avait recommenc? sa carri?re : insensible ? la faim, ? la soif, Clytie n'avait nourri son je?ne que de pleurs et de ros?e; toujours assise sur le m?me gazon, elle suivait dans son cours ce Soleil qu'elle adore; et ses regards ?taient continuellement tourn?s vers lui. Enfin. ses pieds s'attachent ? la terre. Son corps n'est plus qu'une longue tige sans couleur; mais elle semble encore chercher l'astre du jour, et vers lui incessamment elle incline son diad?me d'or. Ce n'est plus qu'une fleur, mais pourtant c'est encore une amante.

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