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  Worldvisitguide > Places > Sainte-Chapelle > Churchs > Chapelle haute > Vitrail de Judith et...
Vitrail de Judith et Job
Artist : Anonyme

Modèles : Judith
Job
Holopherne

Material : Glass, Lead
Item 5 on 18
Churchs
Stained glass (Th?me biblique)

Area related
Paris Ier (France)


Description   

L'histoire de Judith occupe les registres inf?rieurs et d?taille les circonstances de l'assassinat d'Holopherne, g?n?ral assyrien de Nabuchodonosor, par l'h?ro?ne. Dans les parties hautes, Job pose, ? travers le r?cit de ses ?preuves et de sa fid?lit? ? Dieu, le probl?me de la souffrance du juste.

La Bible consacre plusieurs chapitres ? l'histoire de Judith.

Chapitre 1

C'?tait en la douzi?me ann?e de Nabuchodonosor, qui r?gna sur les Assyriens ? Ninive la grande ville. Arphaxad r?gnait alors sur les M?des ? Ecbatane.

Il entoura cette ville d'un mur d'enceinte en pierres de taille larges de trois coud?es et longues de six, donnant au rempart une hauteur de 70 coud?es et une largeur de 50.

Aux portes il dressa des tours de cent coud?es de haut sur 60 de large ? leurs fondations, les portes elles-m?mes s'?levant ? 70 coud?es avec une largeur de 40, ce qui permettait la sortie du gros de ses forces et le d?fil? de ses fantassins. Or, vers cette ?poque, le roi Nabuchodonosor livra bataille au roi Arphaxad dans la grande plaine situ?e sur le territoire de Ragau. A ses c?t?s s'?taient rang?s tous les peuples des montagnes, tous ceux de l'Euphrate, du Tigre, de l'Hydaspe, et ceux des plaines soumises au roi des Elym?ens Arioch. Ainsi de nombreux peuples se rassembl?rent pour prendre part ? la bataille des fils de Ch?l?oud. Nabuchodonosor, roi des Assyriens, envoya un message ? tous les habitants de la Perse, ? tous ceux de la r?gion occidentale, de la Cilicie, de Damas, du Liban, de l'Anti-Liban, ? tous ceux de la c?te, aux peuplades du Carmel, de Galaad, de la Haute-Galil?e, de la grande plaine d'Esdrelon, aux gens de Samarie et des villes de sa d?pendance, ? ceux d'au-del? du Jourdain, jusqu'? J?rusalem, Batan?e, Ch?lous, Cad?s, le fleuve d'Egypte, Taphn?s, Rams?s, tout le territoire de Gosh?n, au-del? de Tanis et de Memphis, et ? tous les habitants de l'Egypte jusqu'aux confins de l'Ethiopie.

Mais les habitants de ces contr?es ne firent pas cas de l'appel de Nabuchodonosor, roi des Assyriens, et ne se joignirent pas ? lui pour faire campagne. Ils ne le craignaient pas car, ? leurs yeux, il paraissait un isol?. Ils renvoy?rent donc ses messagers les mains vides et d?shonor?s.

Nabuchodonosor en ?prouva une violente col?re contre tous ces pays. Il jura par son tr?ne et son royaume de se venger et de d?vaster par l'?p?e tous les territoires de Cilicie, de Damasc?ne, de Syrie, ainsi que ceux de Moab, ceux des Ammonites, de Jud?e et d'Egypte, jusqu'aux fronti?res des deux mers.

Avec ses propres forces, il livra bataille au roi Arphaxad en la dix-septi?me ann?e et, dans ce combat, le vainquit. Il culbuta toute son arm?e, sa cavalerie, ses chars, se soumit ses villes et parvint jusqu'? Ecbatane. L? il s'empara des tours, ravagea les places, faisant un objet de honte de tout ce qui constituait sa parure.

Puis il prit Arphaxad dans les montagnes de Ragau, le per?a de ses javelots et l'extermina d?finitivement.

Il s'en retourna ensuite avec ses troupes et l'immense foule qui s'?tait jointe ? eux, incommensurable cohue d'hommes arm?s. Alors, dans l'insouciance, ils s'adonn?rent ? la bonne ch?re, lui et son arm?e, 120 jours durant.

Chapitre 2

La dix-huiti?me ann?e, le vingt-deuxi?me jour du premier mois, le bruit courut au palais que Nabuchodonosor, roi des Assyriens, allait tirer vengeance de toute la terre, comme il l'avait dit. Tous ses aides de camp et notables convoqu?s, il tint avec eux un conseil secret, et d?cida de sa propre bouche la destruction totale de toute la contr?e.

Alors on d?cr?ta de faire p?rir quiconque n'avait pas r?pondu ? l'appel du roi.

Le conseil termin?, Nabuchodonosor, roi des Assyriens, fit appeler Holopherne, g?n?ral en chef de ses arm?es et son second. Il lui dit

"Ainsi parle le grand roi, ma?tre de toute la terre : Pars, prends avec toi des gens d'une valeur ?prouv?e, ? peu pr?s 20.000 fantassins et un fort contingent de chevaux avec 12.000 cavaliers, puis marche contre toute la r?gion occidentale, puisque ces gens ont r?sist? ? mon appel.

Mande-leur de pr?parer la terre et l'eau, car, dans ma fureur, je vais marcher contre eux. Des pieds de mes soldats je couvrirai toute la surface du pays et je le livrerai au pillage.

Leurs bless?s rempliront les ravins et, combl?s de leurs cadavres, torrents et fleuves d?borderont.

Je les emm?nerai en captivit? jusqu'au bout du monde.

Va donc! Commence par me conqu?rir toute cette r?gion. S'ils se livrent ? toi, tu me les r?serveras pour le jour de leur ch?timent.

Quant aux insoumis, que ton oeil n'en ?pargne aucun. Voue-les ? la tuerie et au pillage dans tout le territoire qui t'est confi?.

Car je suis vivant, moi, et vivante est la puissance de ma royaut?! J'ai dit. Tout cela, je l'accomplirai de ma main!

Et toi, ne n?glige rien des ordres de ton ma?tre, mais agis strictement selon ce que je t'ai prescrit, sans plus tarder!"

Sorti de chez son souverain, Holopherne convoqua tous les princes, les g?n?raux, les officiers de l'arm?e d'Assur, puis d?nombra des guerriers d'?lite, conform?ment aux ordres de son ma?tre : environ 120.000 hommes plus 12.000 archers mont?s.

Il les disposa en formation normale de combat.

Il prit ensuite des chameaux, des ?nes, des mulets en immense quantit? pour porter les bagages, des brebis, des boeufs, des ch?vres sans nombre pour le ravitaillement.

Chaque homme re?ut d'amples provisions ainsi que beaucoup d'or et d'argent compt?s par la maison du roi.

Puis, avec toute son arm?e, il partit en exp?dition devant le roi Nabuchodonosor afin de submerger toute la contr?e occidentale de ses chars, de ses cavaliers, de ses fantassins d'?lite.

Une foule composite marchait ? sa suite, aussi nombreuse que les sauterelles, que les grains de sable de la terre. Aucun chiffre n'en pourrait ?valuer la multitude.

Ils quitt?rent donc Ninive et march?rent trois jours durant dans la direction de la plaine de Bektileth. De Bektileth ils s'en vinrent camper pr?s des montagnes situ?es ? gauche de la Haute-Cilicie.

De l?, avec toute son arm?e, fantassins, cavaliers et chars, Holopherne s'engagea dans la r?gion montagneuse.

Il pourfendit Put et Lud, ran?onna tous les fils de Rassis et ceux d'Isma?l cantonn?s ? l'or?e du d?sert au sud de Ch?l??n,

longea l'Euphrate, traversa la M?sopotamie, d?truisit de fond en comble toutes les villes fortifi?es qui dominent le torrent d'Abrona et parvint jusqu'? la mer.

Puis il s'empara des territoires de la Cilicie, taillant en pi?ces quiconque lui r?sistait, arriva jusqu'aux limites m?ridionales de Japhet, en face de l'Arabie, encercla tous les Madianites, br?la leurs campements et pilla leurs bergeries, descendit ensuite dans la plaine de Damas ? l'?poque de la moisson des bl?s, mit le feu aux champs, fit dispara?tre menu et gros b?tail, pilla les villes, d?vasta les campagnes et passa au fil de l'?p?e tous les jeunes gens.

Crainte et tremblement s'empar?rent de tous les habitants de la c?te : ceux de Sidon et de Tyr, ceux de Sour, d'Okina et de Jamnia. La terreur r?gnait parmi les populations d'Azot et d'Ascalon.

Chapitre 3

Des envoy?s, porteurs de messages de paix, furent alors d?p?ch?s vers lui.

"Nous sommes, dirent-ils, les serviteurs du grand roi Nabuchodonosor et nous nous prosternons devant toi. Fais de nous ce qu'il te plaira.

Nos parcs ? bestiaux, notre territoire tout entier, tous nos champs de bl?, notre menu et gros b?tail, tous les enclos de nos campements sont ? ta disposition. Uses-en comme bon te semblera.

Nos villes m?mes et leurs habitants sont ? ton service. Viens, avance-toi vers elles selon ton bon plaisir."

Ces hommes se pr?sent?rent donc devant Holopherne et lui transmirent en ces termes leur message.

Avec son arm?e il descendit ensuite vers la c?te, ?tablit des garnisons dans toutes les villes fortifi?es et y pr?leva des hommes d'?lite comme troupes auxiliaires.

Les habitants de ces cit?s et de toutes celles d'alentour l'accueillirent par?s de couronnes et dansant au son des tambourins.

Mais il n'en d?vasta pas moins leurs sanctuaires et coupa leurs arbres sacr?s, conform?ment ? la mission re?ue d'exterminer tous les dieux indig?nes pour obliger les peuples ? ne plus adorer que le seul Nabuchodonosor et forcer toute langue et toute race ? l'invoquer comme dieu.

Il arriva ainsi en face d'Esdrelon, pr?s de D?taia, bourgade sise en avant de la grande cha?ne de Jud?e, campa entre G?ba et Scythopolis et y demeura tout un mois pour r?approvisionner ses forces.

Chapitre 4

Les Isra?lites ?tablis en Jud?e, apprenant ce qu'Holopherne, g?n?ral en chef de Nabuchodonosor roi des Assyriens, avait fait aux diff?rents peuples et comment, apr?s avoir d?pouill? leurs temples, il les avait livr?s ? la destruction, furent saisis d'une extr?me frayeur ? son approche et trembl?rent pour J?rusalem et le Temple du Seigneur leur Dieu.

A peine venaient-ils de remonter de captivit?, et le regroupement du peuple en Jud?e, la purification du mobilier sacr?, de l'autel et du Temple profan?s ?taient choses r?centes.

Ils alert?rent donc toute la Samarie, Kona, Bethor?n, Belma?n, J?richo, Choba, Esora et la vall?e de Salem.

Les sommets des plus hautes montagnes furent occup?s, les bourgs qui s'y trouvaient, fortifi?s. On pr?para des approvisionnements en vue de la guerre, car les champs venaient d'?tre moissonn?s.

Le grand pr?tre Ioakim, alors en r?sidence ? J?rusalem, ?crivit aux habitants de B?thulie et de B?tomesta?m, villes situ?es en face d'Esdrelon et vers la plaine de Dota?n, pour leur dire d'occuper les hautes passes de la montagne, seule voie d'acc?s vers la Jud?e. Il leur serait d'ailleurs ais? d'arr?ter les assaillants, l'?troitesse du passage ne permettant d'y avancer que deux de front.

Les Isra?lites ex?cut?rent les ordres du grand pr?tre Ioakim et du Conseil des anciens du peuple d'Isra?l si?geant ? J?rusalem.

Avec une ardeur soutenue, tous les hommes d'Isra?l cri?rent vers Dieu et s'humili?rent devant lui.

Eux, leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux, tous ceux qui vivaient avec eux, mercenaires ou esclaves, ceignirent leurs reins de sacs.

Tous les Isra?lites de J?rusalem, femmes et enfants compris, se prostern?rent devant le sanctuaire et, la t?te couverte de cendres, ?tendirent les mains devant le Seigneur.

Ils entour?rent d'un sac l'autel lui-m?me. A grands cris ils suppliaient unanimement et avec ardeur le Dieu d'Isra?l de ne pas livrer leurs enfants au pillage, leurs femmes au rapt, les villes de leur h?ritage ? la destruction, le Temple ? la profanation et ? l'ironie outrageante des pa?ens.

Attentif ? leur voix, le Seigneur prit en consid?ration leur d?tresse. Dans toute la Jud?e et ? J?rusalem devant le sanctuaire du Seigneur Tout-Puissant le peuple je?nait de longs jours.

Le grand pr?tre Ioakim et tous ceux qui se tenaient devant le Seigneur, pr?tres et ministres du Seigneur, le sac sur les reins, offraient l'holocauste perp?tuel, les oblations votives et les dons volontaires du peuple, et, le turban couvert de cendres, ils suppliaient intens?ment le Seigneur de visiter la maison d'Isra?l.

Chapitre 5

On annon?a ? Holopherne, g?n?ral en chef de l'arm?e assyrienne, que les Isra?lites se pr?paraient au combat : ils avaient, disait-on, ferm? les passes de la montagne, fortifi? les hautes cimes et, dans les plaines, dispos?s des obstacles.

Il entra alors dans une tr?s violente col?re, convoqua tous les princes de Moab, tous les g?n?raux d'Ammon tous les satrapes du littoral.

Hommes de Canaan, leur dit-il, renseignez-moi : quel est ce peuple qui demeure dans la r?gion montagneuse? Quelles sont les villes qu'il habite? Quelle est l'importance de son arm?e? En quoi r?sident sa puissance et sa force? Quel est le roi qui est ? sa t?te et dirige son arm?e?

Pourquoi a-t-il d?daign? de venir au-devant de moi, contrairement ? ce qu'ont fait tous les habitants de la r?gion occidentale?"

Achior, chef de tous les Ammonites, lui r?pondit : "Que Monseigneur ?coute, je t'en prie, les paroles prononc?es par ton serviteur. Je vais te dire la v?rit? sur ce peuple de montagnards qui demeure tout pr?s de toi. De la bouche de ton serviteur aucun mensonge ne sortira.

Les gens de ce peuple sont des descendants des Chald?ens.

Anciennement ils vinrent habiter en M?sopotamie parce qu'ils n'avaient pas voulu suivre les dieux de leurs p?res ?tablis en Chald?e.

Ils s'?cart?rent donc de la voie de leurs anc?tres et ador?rent le Dieu du ciel, Dieu qu'ils avaient reconnu. Bannis alors de la face de leurs dieux, ils s'enfuirent en M?sopotamie o? ils habit?rent longtemps.

Leur Dieu leur ayant signifi? de sortir de leur r?sidence et de s'en aller au pays de Canaan, ils s'y install?rent et y furent surabondamment combl?s d'or, d'argent et de nombreux troupeaux.

Ils descendirent ensuite en Egypte, car une famine s'?tait abattue sur la terre de Canaan, et ils y demeur?rent tant qu'ils y trouv?rent de la nourriture. L? ils devinrent une grande multitude et une race innombrable.

Mais le roi d'Egypte se dressa contre eux et se joua d'eux en les astreignant au travail des briques. On les humilia, on les assujettit ? l'esclavage.

Ils cri?rent vers leur Dieu, qui frappa la terre d'Egypte tout enti?re de plaies sans rem?de. Les Egyptiens les chass?rent alors loin d'eux.

Devant eux Dieu dess?cha la mer Rouge et les conduisit par le chemin du Sina? et de Cad?s-Barn?. Apr?s avoir repouss? tous les habitants du d?sert, ils s'?tablirent dans le pays des Amorites et, vigoureusement, extermin?rent tous les habitants de Heshb?n. Puis, traversant le Jourdain, ils prirent possession de toute la montagne, expulsant devant eux les Canan?ens, les Perizzites, les J?bus?ens, les Sich?mites ainsi que tous les Girgashites, et ils y habit?rent de longs jours.

Tant qu'ils ne p?ch?rent pas en pr?sence de leur Dieu, la prosp?rit? fut avec eux, car ils ont un Dieu qui hait l'iniquit?.

Quand au contraire ils s'?cart?rent de la voie qu'il leur avait assign?e, une partie fut compl?tement d?truite en de multiples guerres, l'autre fut conduite en captivit? dans une terre ?trang?re. Le Temple de leur Dieu fut ras? et leurs villes tomb?rent au pouvoir de leurs adversaires.

Alors ils se retourn?rent de nouveau vers leur Dieu, remont?rent de leur dispersion, des lieux o? ils avaient ?t? diss?min?s, reprirent possession de J?rusalem o? se trouve leur Temple et repeupl?rent la montagne demeur?e d?serte.

Et maintenant, ma?tre et seigneur, s'il y a dans ce peuple quelque ?garement, s'ils ont p?ch? contre leur Dieu, alors assurons-nous qu'il y a bien en eux cette cause de chute. Puis montons, attaquons-les.

Mais s'il n'y a pas d'injustice dans leur nation, que Monseigneur s'abstienne, de peur que leur Seigneur et Dieu ne les prot?ge. Nous serions alors la ris?e de toute la terre!"

Quand Achior eut cess? de parler, toute la foule mass?e autour de la tente se prit ? murmurer. Les notables d'Holopherne, tous les habitants de la c?te comme ceux de Moab parlaient de le mettre en pi?ces.

"Qu'avons-nous donc ? craindre des Isra?lites? C'est un peuple sans force ni puissance, incapable de tenir dans un combat un peu rude.

Allons donc! Montons et ton arm?e n'en fera qu'une bouch?e, ? notre ma?tre, Holopherne!"

Chapitre 6

Quand se fut apais? le tumulte des gens attroup?s autour du Conseil, Holopherne, g?n?ral en chef de l'arm?e d'Assur, invectiva Achior devant toute la foule des ?trangers et les Ammonites

"Qui es-tu donc, Achior, toi avec les mercenaires d'Ephra?m, pour vaticiner chez nous comme tu le fais aujourd'hui et pour nous dissuader de partir en guerre contre la race d'Isra?l? Tu pr?tends que leur Dieu les prot?gera? Qui donc est dieu hormis Nabuchodonosor? C'est lui qui va envoyer sa puissance et les faire dispara?tre de la face de la terre, et ce n'est pas leur Dieu qui les sauvera!

Mais nous, ses serviteurs, nous les broierons comme un seul homme! Ils ne pourront contenir la puissance de nos chevaux.

Nous les br?lerons p?le-m?le. Leurs monts s'enivreront de leur sang et leurs plaines seront remplies de leurs cadavres. Loin de pouvoir tenir pied devant nous, ils p?riront du premier au dernier, dit le roi Nabuchodonosor, le ma?tre de toute la terre. Car il a parl? et ses paroles ne seront pas vaines.

Toi donc, Achior, mercenaire ammonite, toi qui as prof?r? ce discours en un moment d'emportement, ? partir d'aujourd'hui tu ne verras plus mon visage jusqu'au jour o? je me serai veng? de cette engeance ?vad?e d'Egypte.

Alors l'?p?e de mes soldats et la lance de mes serviteurs te transperceront le flanc. Tu tomberas parmi les bless?s quand je me tournerai contre Isra?l.

Mes serviteurs vont maintenant te mener dans la montagne et te laisser pr?s d'une des villes situ?es dans les d?fil?s.

Tu ne p?riras pas sans partager leur ruine.

Ne prends pas cet air abattu si tu nourris le secret espoir qu'elles ne seront pas captur?es! J'ai dit; aucune de mes paroles ne restera sans effet."

Holopherne ordonna aux gens de service dans sa tente de saisir Achior, de le mener ? B?thulie et de le remettre aux mains des Isra?lites.

Les serviteurs le prirent donc, le conduisirent hors du camp ? travers la plaine et de l?, prenant la direction de la montagne, ils parvinrent aux sources situ?es en contrebas de B?thulie.

Quand les hommes de la ville les virent, ils prirent leurs armes, sortirent de la cit? et gagn?rent la cr?te de la montagne, tandis que, pour les emp?cher de monter, les frondeurs les criblaient de pierres.

Aussi purent-ils tout juste se glisser au bas des pentes, ligoter Achior et le laisser ?tendu au pied de la montagne avant de s'en retourner vers leur ma?tre.

Les Isra?lites descendirent alors de leur ville, s'arr?t?rent pr?s de lui, le d?li?rent, le conduisirent ? B?thulie et le pr?sent?rent aux chefs de la cit?,

qui ?taient alors Ozias, fils de Mich?e, de la tribu de Sim?on, Chabris, fils de Gothoniel, et Charmis, fils de Melchiel.

Ceux-ci convoqu?rent les anciens de la ville. Les jeunes gens et les femmes accoururent aussi ? l'assembl?e. Ozias interrogea Achior, debout au milieu du peuple, sur ce qui ?tait arriv?.

Prenant la parole, il leur fit conna?tre les d?lib?rations du conseil d'Holopherne, tout ce qu'il avait lui-m?me dit parmi les chefs assyriens, ainsi que les rodomontades d'Holopherne ? l'adresse de la maison d'Isra?l.

Alors le peuple se prosterna, adora Dieu et cria

"Seigneur, Dieu du ciel, consid?re leur orgueil d?mesur? et prends en piti? l'humiliation de notre race. En ce jour tourne un visage favorable vers ceux qui te sont consacr?s."

Puis on rassura Achior, vivement f?licit?.

Au sortir de la r?union, Ozias le prit chez lui et offrit un banquet aux anciens. Durant toute cette nuit-l? on implora le secours du Dieu d'Isra?l.

Chapitre 7

Le lendemain, Holopherne fit donner ordre ? toute son arm?e, et ? toute la foule des auxiliaires qui s'?taient rang?s ? ses c?t?s, de lever le camp pour se porter sur B?thulie, d'occuper les hautes passes de la montagne et d'engager ainsi la guerre contre les Isra?lites.

En ce m?me jour tous les hommes d'armes lev?rent donc le camp. Leur arm?e sur pied de guerre comprenait 120.000 fantassins et 12.000 cavaliers, sans compter les bagages et la multitude consid?rable des gens de pied m?l?s ? eux.

Ils s'engag?rent dans le vallon proche de B?thulie en direction de la source et se d?ploy?rent en profondeur, de Dota?n jusqu'? Belba?n, et en longueur, de B?thulie jusqu'? Cyam?n, situ?e en face d'Esdrelon.

Quand les Isra?lites aper?urent cette multitude, tout tremblants ils se dirent entre eux : "Et maintenant ils vont tondre tout le pays! Ni les cimes les plus ?lev?es, ni les gorges, ni les collines ne pourront tenir sous leur masse!"

Chacun prit ses armes, sur les tours des feux furent allum?s et l'on passa cette nuit-l? ? veiller.

Le deuxi?me jour Holopherne d?ploya toute sa cavalerie sous les yeux des Isra?lites qui ?taient ? B?thulie.

Il explora les mont?es qui conduisaient ? leur ville, reconnut les sources d'eau, les occupa, y pla?a des postes de soldats et revint lui-m?me ? son arm?e.

Puis, les princes des fils d'Esa?, les chefs du peuple des Moabites et les g?n?raux du district c?tier s'approch?rent de lui et lui dirent

"Que notre ma?tre veuille bien nous ?couter et son arm?e n'aura pas une seule blessure.

Ce peuple des Isra?lites ne compte pas tant sur ses lances que sur la hauteur des monts o? il habite. Il n'est certes pas facile d'escalader les cimes de ses montagnes!

Alors, ma?tre, ne combats pas contre eux en bataille rang?e, et pas un homme de ton peuple ne tombera.

Reste dans ton camp et gardes-y tous les hommes de ton arm?e, mais que tes serviteurs s'emparent de la source qui jaillit au pied de la montagne.

C'est l? en effet que se ravitaillent en eau les habitants de B?thulie. La soif les poussera donc ? te livrer leur ville. Pendant ce temps nous et nos gens nous monterons sur les cr?tes des monts les plus proches et nous y camperons en avant-postes : ainsi pas un seul homme ne sortira de la ville.

La faim les consumera, eux, leurs femmes et leurs enfants, et, avant m?me que l'?p?e ne les atteigne, ils seront d?j? ?tendus dans les rues devant leurs demeures.

Et tu leur feras payer fort cher leur r?volte et leur refus de venir pacifiquement ? ta rencontre."

Leurs propos plurent ? Holopherne ainsi qu'? tous ses officiers et il d?cida d'agir selon leurs suggestions.

Une troupe de Moabites partit donc et avec eux 5.000 Assyriens. Ils se gliss?rent dans le vallon et s'empar?rent des points d'eau et des sources des Isra?lites.

Les Edomites et les Ammonites mont?rent de leur c?t?, prirent position dans la montagne en face de Dota?n, et envoy?rent de leurs hommes au sud et ? l'est en face d'Egrebel qui est pr?s de Chous, sur le torrent de Mochmour. Le reste de l'arm?e assyrienne prit position dans la plaine et couvrit toute la r?gion. Tentes et bagages formaient un campement d'une masse ?norme car leur multitude ?tait consid?rable.

Les Isra?lites cri?rent vers le Seigneur leur Dieu. Ils perdaient courage, car les ennemis les avaient entour?s et leur coupaient toute retraite.

Durant 34 jours l'arm?e assyrienne, fantassins, chars et cavaliers, les tint encercl?s. Les habitants de B?thulie virent se vider toutes les jarres d'eau et les citernes s'?puiser. On ne pouvait plus boire ? sa soif un seul jour, car l'eau ?tait rationn?e.

Les enfants s'affolaient, les femmes et les adolescents d?faillaient de soif. Ils tombaient dans les rues et aux issues des portes de la ville, sans force aucune.

Tout le peuple, adolescents, femmes et enfants, se rassembla autour d'Ozias et des chefs de la ville, poussant de grands cris et disant en pr?sence de tous les anciens

"Que Dieu soit juge entre vous et nous, car vous nous avez caus? un immense pr?judice en ne traitant pas amicalement avec les Assyriens.

Maintenant, il n'y a plus personne qui puisse nous secourir. Dieu nous a livr?s entre leurs mains pour ?tre terrass?s par la soif en face d'eux et p?rir totalement.

Appelez-les donc tout de suite. Livrez enti?rement la ville au pillage des gens d'Holopherne et de toute son arm?e.

Apr?s tout, il vaut bien mieux pour nous devenir leur proie. Ainsi nous serons esclaves sans doute, mais nous vivrons et nous ne verrons pas de nos yeux la mort de nos petits, ni le tr?pas de nos femmes et de nos enfants.

Nous vous adjurons par le ciel et la terre ainsi que par notre Dieu, le Seigneur de nos p?res, qui nous punit ? cause de nos fautes et pour les transgressions de nos p?res, d'agir de cette fa?on aujourd'hui m?me."

L'assembl?e tout enti?re se livra ? une immense lamentation et tous cri?rent ? haute voix vers le Seigneur Dieu.

Ozias leur dit : "Courage, fr?res, tenons encore cinq jours. D'ici l? le Seigneur notre Dieu aura piti? de nous, car il ne nous abandonnera pas jusqu'au bout!

Si, ce d?lai ?coul?, aucun secours ne nous est parvenu, alors je suivrai votre avis."

Puis il cong?dia le peuple, chacun dans ses quartiers. Les hommes s'en all?rent sur les remparts et les tours de la cit?, renvoyant femmes et enfants ? la maison. La ville ?tait plong?e dans une profonde consternation.

Chapitre 8

En ces m?mes jours, Judith fut inform?e de ces faits. Elle ?tait fille de Merari, fils d'Ox, fils de Joseph, fils d'Oziel, fils d'Elkia, fils d'Ananias, fils de G?d?on, fils de Raphen, fils d'Achitob, fils d'Elias, fils d'Helkias, fils d'Eliab, fils de Nathana?l, fils de Salamiel, fils de Sarasad?, fils d'Isra?l.

Son mari, Manass?, de m?me tribu et de m?me famille, ?tait mort ? l'?poque de la moisson des orges.

Il surveillait les lieurs de gerbes dans les champs quand, frapp? d'insolation, il dut s'aliter et mourut dans sa ville, ? B?thulie, o? on l'ensevelit avec ses p?res dans le champ situ? entre Dota?n et Balam?n.

Devenue veuve, Judith v?cut en sa maison durant trois ans et quatre mois.

Sur la terrasse elle s'?tait am?nag?e une chambre haute. Elle portait un sac sur les reins, se v?tait d'habits de deuil et je?nait tous les jours de son veuvage, hormis les veilles de sabbat, les sabbats, les veilles de n?om?nies, les n?om?nies, ainsi que les jours de f?te et de liesse de la maison d'Isra?l.

Or elle ?tait tr?s belle et d'aspect charmant. Son mari Manass? lui avait laiss? de l'or, de l'argent, des serviteurs, des servantes, des troupeaux et des champs, et elle habitait au milieu de tous ses biens sans que personne e?t rien ? lui reprocher, car elle craignait Dieu grandement.

Elle apprit donc que le peuple, d?courag? par la p?nurie d'eau, avait murmur? contre le chef de la cit?. Elle sut aussi tout ce qu'Ozias leur avait dit et comment il leur avait jur? de livrer la ville aux Assyriens au bout de cinq jours.

Alors elle envoya la servante pr?pos?e ? tous ses biens appeler Chabris et Charmis, anciens de la ville.

Quand ils furent chez elle, elle leur dit "Ecoutez-moi, chefs des habitants de B?thulie. Vraiment vous avez eu tort de parler aujourd'hui comme vous l'avez fait devant le peuple et de vous engager contre Dieu, en faisant serment de livrer la ville ? nos ennemis si le Seigneur ne vous portait secours dans le d?lai fix?!

Allons! Qui donc ?tes-vous pour tenter Dieu en ce jour et pour vous dresser au-dessus de lui parmi les enfants des hommes?

Et maintenant vous mettez le Seigneur Tout-Puissant ? l'?preuve! Vous ne comprendrez donc rien au grand jamais!

Si vous ?tes incapables de scruter les profondeurs du coeur de l'homme et de d?m?ler les raisonnements de son esprit, comment donc pourrez-vous p?n?trer le Dieu qui a fait toutes ces choses, scruter sa pens?e et comprendre ses desseins? Non, fr?res, gardez-vous d'irriter le Seigneur notre Dieu!

S'il n'est pas dans ses intentions de nous sauver avant cette ?ch?ance de cinq jours, il peut nous prot?ger dans le d?lai qu'il voudra, comme il peut nous d?truire ? la face de nos ennemis.

Mais vous, n'exigez pas de garanties envers les desseins du Seigneur notre Dieu. Car on ne met pas Dieu au pied du mur comme un homme, on ne lui fait pas de sommations comme ? un fils d'homme.

Dans l'attente patiente de son salut, appelons-le plut?t ? notre secours. Il ?coutera notre voix si tel est son bon plaisir.

A vrai dire, il ne s'est trouv?, nagu?re pas plus qu'aujourd'hui, ni une de nos tribus, ni une de nos familles, ni un de nos bourgs, ni une de nos cit?s qui se soit prostern? devant des dieux faits de main d'homme, comme cela s'est produit jadis, ce qui fut cause que nos p?res furent livr?s ? l'?p?e et au pillage et succomb?rent mis?rablement devant leurs ennemis.

Mais nous, nous ne connaissons pas d'autre Dieu que Lui. Aussi pouvons-nous esp?rer qu'il ne nous regardera pas avec d?dain et ne se d?tournera pas de notre race.

Si en effet on s'empare de nous, comme vous l'envisagez, toute la Jud?e aussi sera prise et nos lieux saints pill?s. Notre sang devra alors r?pondre de leur profanation.

Le meurtre de nos fr?res, la d?portation du pays, le d?peuplement de notre h?ritage retomberont sur nos t?tes parmi les nations dont nous serons devenus les esclaves et nous serons alors pour nos nouveaux ma?tres un scandale et une honte, car notre servitude n'aboutira pas ? un retour en gr?ce, mais le Seigneur notre Dieu en fera une punition infamante.

Et maintenant, fr?res, mettons-nous en avant pour nos fr?res, car leur vie d?pend de nous, et le sanctuaire, le Temple et l'autel reposent sur nous.

Pour toutes ces raisons, rendons plut?t gr?ces au Seigneur notre Dieu qui nous met ? l'?preuve, tout comme nos p?res.

Rappelez-vous tout ce qu'il a fait ? Abraham, toutes les ?preuves d'Isaac, tout ce qui arriva ? Jacob en M?sopotamie de Syrie alors qu'il gardait les brebis de Laban, son oncle maternel.

Comme il les ?prouva pour scruter leur coeur, de m?me ce n'est pas une vengeance que Dieu tire de nous, mais c'est plut?t un avertissement dont le Seigneur frappe ceux qui le touchent de pr?s."

Ozias lui r?pondit : "Tout ce que tu viens de dire, tu l'as dit dans un excellent esprit et personne n'y contredira.

Bien s?r, ce n'est pas d'aujourd'hui que se manifeste ta sagesse. D?s ta prime jeunesse le peuple tout entier a reconnu ton intelligence tout comme l'excellence fonci?re de ton coeur.

Mais les gens avaient tellement soif! Ils nous ont contraints de faire ce que nous leur avions promis et de nous y engager par un serment irr?vocable.

Et maintenant, puisque tu es une femme pieuse, prie le Seigneur de nous envoyer une averse qui remplisse nos citernes afin que nous ne soyons plus ?puis?s"

"Ecoutez-moi bien, leur r?pondit Judith. Je vais accomplir une action dont le souvenir se transmettra aux enfants de notre race d'?ge en ?ge.

Vous, trouvez-vous cette nuit ? la porte de la ville. Moi, je sortirai avec ma servante et, avant la date o? vous aviez pens? livrer la ville ? nos ennemis, par mon entremise le Seigneur visitera Isra?l.

Quant ? vous, ne cherchez pas ? conna?tre ce que je vais faire. Je ne vous le dirai pas avant de l'avoir ex?cut?"

"Va en paix! lui dirent Ozias et les chefs. Que le Seigneur Dieu te conduise pour tirer vengeance de nos ennemis!"

Et, quittant la chambre haute, ils rejoignirent leurs postes.

Chapitre 9

Judith tomba le visage contre terre, r?pandit de la cendre sur sa t?te, se d?pouilla jusqu'au sac dont elle ?tait rev?tue et, ? haute voix, cria vers le Seigneur. C'?tait l'heure o?, ? J?rusalem, au Temple de Dieu, on offrait l'encens du soir. Elle dit

"Seigneur, Dieu de mon p?re Sim?on, tu l'armas d'un glaive vengeur contre les ?trangers qui d?firent la ceinture d'une vierge, ? sa honte, mirent son flanc ? nu, ? sa confusion, et profan?rent son sein, ? son d?shonneur; car tu as dit : "Cela ne sera pas", et ils le firent.

C'est pourquoi tu as livr? leurs chefs au meurtre, et leur couche, avilie par leur duperie, fut dup?e jusqu'au sang. Tu as frapp? les esclaves avec les princes et les princes avec leurs serviteurs.

Tu as livr? leurs femmes au rapt et leurs filles ? la captivit?, et toutes leurs d?pouilles au partage, au profit de tes fils pr?f?r?s qui avaient br?l? de z?le pour toi, avaient eu horreur de la souillure inflig?e ? leur sang et t'avaient appel? ? leur secours. O Dieu, ? mon Dieu, exauce la pauvre veuve que je suis, puisque c'est toi qui as fait le pass? et ce qui arrive maintenant et ce qui arrivera plus tard. Le pr?sent et l'avenir, tu les as con?us, et ce qui est arriv?, c'est ce que tu avais dans l'esprit.

Tes desseins se pr?sent?rent et dirent : "Nous sommes l?!" Car toutes tes voies sont pr?par?es et tes jugements port?s avec pr?voyance.

Voici les Assyriens : ils se pr?valent de leur arm?e, se glorifient de leurs chevaux et de leurs cavaliers, se targuent de la valeur de leurs fantassins. Ils ont compt? sur la lance et le bouclier, sur l'arc et sur la fronde; et ils n'ont pas reconnu en toi le Seigneur briseur de guerres.

A toi le nom de Seigneur! Et toi, brise leur violence par ta puissance, fracasse leur force dans ta col?re! Car ils ont projet? de profaner tes lieux saints, de souiller la tente o? si?ge ton Nom glorieux et de renverser par le fer la corne de ton autel.

Regarde leur outrecuidance, envoie ta col?re sur leurs t?tes, donne ? ma main de veuve la vaillance escompt?e.

Par la ruse de mes l?vres, frappe l'esclave avec le chef et le chef avec son serviteur. Brise leur arrogance par une main de femme.

Ta force ne r?side pas dans le nombre, ni ton autorit? dans les violents, mais tu es le Dieu des humbles, le secours des opprim?s, le soutien des faibles, l'abri des d?laiss?s, le sauveur des d?sesp?r?s.

Oui, oui, Dieu de mon p?re, Dieu de l'h?ritage d'Isra?l, Ma?tre du ciel et de la terre, Cr?ateur des eaux, Roi de tout ce que tu as cr??, toi, exauce ma pri?re.

Donne-moi un langage s?ducteur, pour blesser et pour meurtrir ceux qui ont form? de si noirs desseins contre ton alliance et ta sainte demeure et la montagne de Sion et la maison qui appartient ? tes fils.

Et fais conna?tre ? tout peuple et ? toute tribu que tu es le Seigneur, Dieu de toute puissance et de toute force, et que le peuple d'Isra?l n'a d'autre protecteur que toi."

Chapitre 10

Ainsi criait Judith vers le Dieu d'Isra?l. Au terme de sa pri?re,

elle se releva de sa prostration, appela sa servante, descendit dans l'appartement o? elle se tenait aux jours de sabbat et de f?te.

L?, ?tant le sac qui l'enveloppait et quittant ses habits de deuil, elle se baigna, s'oignit d'un g?n?reux parfum, peigna sa chevelure, ceignit un turban et rev?tit le costume de joie qu'elle mettait du vivant de son mari Manass?.

Elle chaussa ses sandales, mit ses colliers, ses anneaux, ses bagues, ses pendants d'oreilles, tous ses bijoux, elle se fit aussi belle que possible pour s?duire les regards de tous les hommes qui la verraient.

Puis elle donna ? sa servante une outre de vin et une cruche d'huile, remplit une besace de galettes de farine d'orge, de g?teaux de fruits secs et de pains purs, et lui remit toutes ces provisions empaquet?es.

Elles sortirent alors dans la direction de la porte de B?thulie. Elles y trouv?rent post? Ozias, avec deux anciens de la ville, Chabris et Charmis.

Quand ils virent Judith le visage transform? et les v?tements chang?s, sa beaut? les jeta dans la plus grande stup?faction. Alors ils lui dirent

"Que le Dieu de nos p?res te tienne en sa bienveillance! Qu'il donne accomplissement ? tes desseins pour la glorification des enfants d'Isra?l et pour l'exaltation de J?rusalem!"

Judith adora Dieu et leur dit : "Faites-moi ouvrir la porte de la ville, que je puisse sortir et r?aliser tous les souhaits que vous venez de m'exprimer." Ils ordonn?rent donc aux jeunes gardes de lui ouvrir comme elle l'avait demand?.

Ils ob?irent et Judith sortit avec sa servante, suivie du regard par les gens de la ville pendant toute la descente de la montagne jusqu'? la travers?e du vallon. Puis ils ne la virent plus.

Comme elles marchaient droit devant elles dans le vallon, un poste avanc? d'Assyriens se porta ? leur rencontre et, se saisissant de Judith, ils l'interrog?rent. "De quel parti es-tu? D'o? viens-tu? O? vas-tu" ? "Je suis, r?pondit-elle, une fille des H?breux et je m'enfuis de chez eux, car ils ne seront pas longs ? vous servir de p?ture.

Et je viens voir Holopherne, le g?n?ral de votre arm?e, pour lui donner des renseignements s?rs. Je lui montrerai le chemin par o? passer pour se rendre ma?tre de toute la montagne sans perdre un homme ni un vie."

En l'entendant parler les hommes la regardaient et n'en revenaient pas de la trouver si belle

"C'aura ?t? ton salut, lui dirent-ils, que d'avoir pris les devants et d'?tre descendue voir notre ma?tre! Va donc le trouver dans sa tente, voici des n?tres pour t'accompagner et te remettre entre ses mains.

Une fois devant lui, ne crains rien. R?p?te-lui ce que tu viens de nous dire, et il te traitera bien."

Ils d?tach?rent alors cent de leurs hommes qui se joignirent ? elle et ? sa servante et les conduisirent aupr?s de la tente d'Holopherne.

La nouvelle de son arriv?e s'?tant r?pandue parmi les tentes, il en r?sulta dans le camp une agitation g?n?rale. Elle ?tait encore ? l'ext?rieur de la tente d'Holopherne, attendant d'?tre annonc?e, que d?j? autour d'elle on faisait cercle.

On ne se lassait pas d'admirer son ?tonnante beaut?, et d'admirer par contrecoup les Isra?lites. "Qui donc pourrait encore m?priser un peuple qui a des femmes pareilles? Se disait-on ? l'envi. Ce ne serait pas bien avis? d'en laisser debout un seul homme! Les survivants seraient capables de s?duire la terre enti?re!"

Les gardes du corps d'Holopherne et ses aides de camp sortirent et introduisirent Judith dans la tente.

Holopherne reposait sur un lit plac? sous une draperie de pourpre et d'or, rehauss?e d'?meraudes et de pierres pr?cieuses.

On la lui annon?a et il sortit sous l'auvent de la tente, pr?c?d? de porteurs de flambeaux d'argent.

Quand Judith se trouva en pr?sence du g?n?ral et de ses aides de camp, la beaut? de son visage les stup?fia tous. Elle se prosterna devant lui, la face contre terre. Mais les serviteurs la relev?rent.

Chapitre 11

"Confiance, femme, lui dit Holopherne. Ne crains rien. Je n'ai jamais fait de mal ? personne qui ait choisi de servir Nabuchodonosor, roi de toute la terre.

Maintenant m?me, si ton peuple de montagnards ne m'avait pas m?pris?, je n'aurais pas lev? la lance contre lui. Ce sont eux qui l'ont voulu.

Mais, dis-moi, pourquoi t'es-tu enfuie de chez eux pour venir chez nous? ... En tout cas ?'aura ?t? ton salut! Courage! Cette nuit-ci te verra encore en vie, et les autres aussi!

Personne ne te fera de mal, va! mais on te traitera bien, comme cela se pratique avec les serviteurs de mon seigneur le roi Nabuchodonosor."

Et Judith : "Daigne accueillir favorablement les paroles de ton esclave et que ta servante puisse parler devant toi. Cette nuit je ne prof?rerai aucun mensonge devant Monseigneur.

Suis seulement les avis de ta servante, et Dieu m?nera ton affaire ? bonne fin, mon Seigneur n'?chouera pas dans ses entreprises.

Vive Nabuchodonosor, roi de toute la terre, lui qui t'a envoy? remettre toute ?me vivante dans le droit chemin, et vive sa puissance! car, gr?ce ? toi, ce ne sont pas seulement les hommes qui le servent, mais par l'effet de ta force, les b?tes sauvages elles-m?mes, les troupeaux et les oiseaux du ciel vivront pour Nabuchodonosor et pour toute sa maison!

Nous avons, en effet, entendu parler de ton talent et des ressources de ton esprit. C'est chose connue de toute la terre que, dans tout l'empire, tu es singuli?rement capable, riche en exp?rience, ?tonnant dans la conduite de la guerre.

Et puis, nous connaissons le discours prononc? par Achior dans ton conseil. Les gens de B?thulie l'ayant ?pargn?, il leur a communiqu? tout ce qu'il t'avait dit.

Eh bien, ma?tre et seigneur, ne n?glige pas ses paroles, mais garde-les pr?sentes ? ton esprit, car elles sont vraies. Certes, notre race ne sera pas ch?ti?e, l'?p?e ne pourra rien contre ses fils ? moins qu'ils ne p?chent contre leur Dieu.

Or, juste maintenant, afin que Monseigneur ne connaisse ni rebut ni ?chec, la mort va fondre sur leurs t?tes. Car le p?ch? s'est empar? d'eux, ce p?ch? par lequel ils excitent la col?re de leur Dieu chaque fois qu'ils se livrent au d?sordre.

Depuis que les vivres leur manquent et que l'eau se fait rare, ils ont r?solu de se battre sur leurs troupeaux et d?cid? de prendre pour eux tout ce que, par ses lois, Dieu leur a d?fendu de manger.

Il n'est pas jusqu'aux pr?mices du bl?, aux d?mes du vin et de l'huile choses pourtant consacr?es et r?serv?es par eux aux pr?tres qui, ? J?rusalem, se tiennent devant la face de notre Dieu qu'ils n'aient d?cid? de consommer. Pourtant personne du peuple n'a le droit d'y toucher, m?me de la main.

Bien plus, ils ont envoy? ? J?rusalem, o? tout le monde en fait autant, des gens charg?s de leur apporter du Conseil des anciens la permission n?cessaire.

Voici donc ce qui va leur arriver : sit?t la permission parvenue et d?s qu'ils en auront us?, ce jour-l? m?me ils te seront livr?s pour leur ruine.

Lorsque moi, ta servante, j'eus appris tout cela, je m'enfuis de chez eux. Dieu m'a envoy?e pour r?aliser avec toi des entreprises dont la terre enti?re sera stup?faite quand on les apprendra.

Car ta servante est une femme pieuse. Nuit et jour elle honore le Dieu du ciel. Alors moi, je me propose de rester pr?s de toi, Monseigneur. Moi, ta servante, je sortirai de nuit dans le ravin et j'y prierai Dieu afin qu'il me fasse savoir quand ils auront consomm? leur faute.

Je reviendrai alors t'en informer pour que tu sortes avec toute ton arm?e, et nul d'entre eux ne pourra te r?sister.

Je te conduirai ? travers toute la Jud?e jusqu'? ce que tu parviennes devant J?rusalem. Je te ferai si?ger au beau milieu de la cit?. Alors tu les m?neras comme des brebis sans pasteur et il ne se trouvera m?me pas un chien pour gronder devant toi. De tout cela j'ai eu le pressentiment, cela m'a ?t? annonc? et j'ai ?t? envoy?e pour te le r?v?ler."

Les paroles de cette femme plurent ? Holopherne et ? tous ses aides de camp. Etonn?s de sa sagesse, ils s'?cri?rent

"D'un bout du monde ? l'autre il n'y a pas de femme pareille, ? la fois si belle et si bien-disante!"

Et Holopherne lui dit : "Dieu a bien fait de t'envoyer en avant du peuple! Entre nos mains sera la puissance, et chez ceux qui ont m?pris? mon seigneur, la ruine.

Quant ? toi, tu es aussi jolie qu'habile en tes discours. Si tu fais comme tu l'as dit, ton Dieu sera mon Dieu, et toi tu r?sideras dans le palais du roi Nabuchodonosor et tu seras c?l?bre par toute la terre!"

Chapitre 12

Il la fit ensuite introduire l? o? ?tait dispos?e sa vaisselle d'argent, lui fit servir de ses mets et lui donna ? boire de son vin.

Mais Judith : "Je me garderai bien d'en manger de peur que, pour moi, il n'y ait l? une occasion de faute. Ce que j'ai apport? avec moi me suffira"

"Et si tes provisions viennent ? manquer, comment pourrons-nous t'en procurer de semblables? Reprit Holopherne. Parmi nous il n'y a personne de ta race"

"Vis en paix, Monseigneur! Moi, ta servante, je n'aurai pas consomm? toutes mes provisions que le Seigneur n'ait accompli par moi ses desseins!"

Les aides de camp d'Holopherne la conduisirent alors ? sa tente o? elle dormit jusqu'au milieu de la nuit. Quand approcha la veille de l'aurore, elle se leva.

Elle avait fait dire ? Holopherne : "Que Monseigneur veuille bien ordonner de laisser sortir sa servante pour la pri?re", de sorte qu'Holopherne avait prescrit ? ses gardes de ne pas l'en emp?cher. Elle demeura trois jours dans le camp. Elle sortait de nuit vers le ravin de B?thulie et se lavait ? la source o? se trouvait le poste de garde.

En remontant elle priait le Seigneur Dieu d'Isra?l de diriger son entreprise en vue du rel?vement des fils de son peuple.

Une fois purifi?e, elle revenait et se tenait dans sa tente jusqu'au moment o?, le soir, on lui apportait sa nourriture.

Le quatri?me jour, Holopherne donna un banquet auquel il invita seulement ses officiers, non compris ceux des services.

Il dit ? Bagoas, l'eunuque pr?pos? ? ses affaires : "Va donc persuader cette fille des H?breux qui est chez toi de venir avec nous pour manger et boire en notre compagnie.

Ce serait une honte pour nous de laisser partir une telle femme sans avoir eu commerce avec elle. Si nous ne r?ussissons pas ? la d?cider, on rira bien de nous."

Bagoas sortit donc de chez Holopherne et entra chez Judith. "Cette jeune beaut? daignerait-elle venir sans tarder en pr?sence de mon ma?tre? Dit-il. Elle sera ? la place d'honneur en face de lui, boira avec nous un vin joyeux, et deviendra aujourd'hui m?me comme l'une des filles des Assyriens qui se tiennent dans le palais de Nabuchodonosor"

"Qui suis-je donc, r?pondit Judith, pour m'opposer ? Monseigneur? Tout ce qui sera agr?able ? ses yeux je le ferai avec empressement, et ce sera pour moi un sujet de joie jusqu'au jour de ma mort!"

Elle se leva, se para de ses v?tements et de tous ses atours f?minins. Sa servante la pr?c?da et ?tendit par terre vis-?-vis d'Holopherne la toison que Bagoas avait donn?e ? Judith pour son usage journalier, afin qu'elle p?t s'y ?tendre pour manger.

Judith entra et s'installa. Le coeur d'Holopherne en fut tout ravi et son esprit troubl?. Il ?tait saisi d'un d?sir intense de s'unir ? elle, car depuis le jour o? il l'avait vue il guettait un moment favorable pour la s?duire.

Il lui dit : "Bois donc! Partage notre joie"

"Je bois volontiers, seigneur, car depuis ma naissance je n'ai jamais tant appr?ci? la vie qu'aujourd'hui!"

Elle prit ce que lui avait pr?par? sa servante, puis mangea et but en face de lui.

Holopherne ?tait sous son charme, aussi but-il une telle quantit? de vin qu'en aucun jour de sa vie il n'en avait tant absorb?.

Chapitre 13

Quand il se fit tard, ses officiers se h?t?rent de partir. Bagoas ferma la tente de l'ext?rieur, apr?s avoir ?conduit d'aupr?s de son ma?tre ceux qui s'y trouvaient encore. Ils all?rent se coucher, fatigu?s par l'exc?s de boisson,

et Judith fut laiss?e seule dans la tente avec Holopherne effondr? sur son lit, noy? dans le vin.

Judith dit alors ? sa servante de se tenir dehors, pr?s de la chambre ? coucher, et d'attendre sa sortie comme elle le faisait chaque jour. Elle avait d'ailleurs eu soin de dire qu'elle sortirait pour sa pri?re et avait parl? dans le m?me sens ? Bagoas.

Tous s'en ?taient all?s de chez Holopherne et nul, petit ou grand, n'avait ?t? laiss? dans la chambre ? coucher. Debout pr?s du lit Judith dit en elle-m?me "Seigneur, Dieu de toute force, en cette heure, favorise l'oeuvre de mes mains pour l'exaltation de J?rusalem.

C'est maintenant le moment de ressaisir ton h?ritage et de r?aliser mes plans pour ?craser les ennemis lev?s contre nous."

Elle s'avan?a alors vers la traverse du lit proche de la t?te d'Holopherne, en d?tacha son cimeterre,

puis s'approchant de la couche elle saisit la chevelure de l'homme et dit : "Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu d'Isra?l!"

Par deux fois elle le frappa au cou, de toute sa force, et d?tacha sa t?te.

Elle fit ensuite rouler le corps loin du lit et enleva la draperie des colonnes. Peu apr?s elle sortit et donna la t?te d'Holopherne ? sa servante, qui la mit dans la besace ? vivres, et toutes deux sortirent du camp comme elles avaient coutume de le faire pour aller prier. Une fois le camp travers? elles contourn?rent le ravin, gravirent la pente de B?thulie et parvinrent aux portes.

De loin Judith cria aux gardiens des portes : "Ouvrez, ouvrez la porte! Car le Seigneur notre Dieu est encore avec nous pour accomplir des prouesses en Isra?l et d?ployer sa force contre nos ennemis comme il l'a fait aujourd'hui!"

Quand les hommes de la ville eurent entendu sa voix, ils se h?t?rent de descendre ? la porte de leur cit? et appel?rent les anciens.

Du plus petit jusqu'au plus grand tout le monde accourut, car on ne s'attendait pas ? son arriv?e. Les gens ouvrirent la porte, accueillirent les deux femmes, firent du feu pour y voir et les entour?rent.

D'une voix forte Judith leur dit : "Louez Dieu! Louez-le! Louez le Dieu qui n'a pas d?tourn? sa mis?ricorde de la maison d'Isra?l, mais qui, cette nuit, a par ma main bris? nos ennemis."

Elle tire alors la t?te de sa besace et la leur montre : "Voici la t?te d'Holopherne, le g?n?ral en chef de l'arm?e d'Assur, et voici la draperie sous laquelle il gisait dans son ivresse! Le Seigneur l'a frapp? par la main d'une femme!

Vive le Seigneur qui m'a gard?e dans mon entreprise! Car mon visage n'a s?duit cet homme que pour sa perte. Il n'a pas p?ch? avec moi pour ma honte et mon d?shonneur."

En proie ? une grande ?motion tout le peuple se prosterna pour adorer Dieu et cria d'une seule voix : "B?ni sois-tu, ? notre Dieu, toi qui, en ce jour, as an?anti les ennemis de ton peuple!"

Ozias, ? son tour, dit ? Judith "Sois b?nie, ma fille, par le Dieu Tr?s-Haut, plus que toutes les femmes de la terre; et b?ni soit le Seigneur Dieu, Cr?ateur du ciel et de la terre, lui qui t'a conduite pour trancher la t?te du chef de nos ennemis!

Jamais la confiance dont tu as fait preuve ne s'effacera de l'esprit des hommes; mais ils se souviendront ?ternellement de la puissance de Dieu.

Fasse Dieu que tu sois ?ternellement exalt?e et r?compens?e de mille biens, puisque tu n'as pas m?nag? ta vie quand notre race ?tait humili?e, mais que tu as conjur? notre ruine en marchant droit devant notre Dieu." Tout le peuple r?pondit : "Amen! Amen!"

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