Date : approx. between 1444 and 1452
Dimensions : 80 cm x 80 cm Material : Gilded bronze
| Item 30 on 75 Italian Sculpture Sculpture (Bas-relief)
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La porte orientale, qui fait face ? la cath?drale, sera jug?e digne d'?tre la Porte du Paradis par Michel-Ange. L'oeuvre magistrale de Lorenzo Ghiberti, ? laquelle participeront Luca della Robbia, Donatello, Michelozzo (1336/1442), Benozzo Gozzoli (? partir de 1442), Bernardo Cennini, ainsi que les deux fils de Ghiberti, Vittore et Tomaso, exigera 27 ann?es de travail. Entreprise en 1425 et achev?e en 1452, elle est consid?r?e comme l'acte fondateur de la Renaissance artistique. Vasari ?crira, ? son sujet, qu'il s'agissait de "la plus belle oeuvre qui se soit jamais vue au monde, tant chez les anciens que chez les modernes".
Ghiberti, ainsi que Donatello, seront les initiateurs d'une sculpture permettant la repr?sentation naturelle d'un grand nombre de figures plac?es dans un espace totalement nouveau. Le sculpteur utilisera la perspective, et un relief de moins en moins accentu?, pour disposer un grand nombre de personnages sur plusieurs plans.
Le th?me de l'Ancien Testament, retenu pour orner les panneaux de la porte, sera choisi par Leonardo Bruni, chancelier de la R?publique florentine. Ce dernier imaginera dans un premier temps une composition comprenant vingt-huit compartiments, ? l'exemple des autres portes. Vingt panneaux devaient illustrer des ?pisodes de l'Ancien Testament, et huit autres des figures de proph?tes. Ghiberti semble avoir suivi ce plan quelques mois, que l'on retrouve sur la partie post?rieure des vantaux. L'id?e de r?duire le nombre de sc?nes ? dix (deux fois cinq) pour en accro?tre l'intensit? semble s'?tre impos?e rapidement. On sollicitera alors l'avis d'Ambrogio Traversari, g?n?ral de l'ordre des Camaldules, qui sera inspir? par la doctrine de saint Antonin, archev?que de Florence entre 1389 et 1459.
Les dix panneaux de la Porte du Paradis illustrent des sc?nes tir?es de l'Ancien Testament, de la Gen?se au Livre des Rois. La lecture s'op?re de gauche ? droite, et de haut en bas. Les trois premi?res sc?nes - Cr?ation et Histoire d'Adam et Eve / Histoire de Ca?n et Abel / Histoire de No? - introduisent les th?mes de la chute, du sacrifice et de la r?demption. Les suivantes sont plus directement li?es ? l'histoire du salut et aux pr?figuration du Messie - Abraham sur le point d'immoler son fils Isaac ?voque le sacrifice de J?sus / Esa? abandonnant son droit d'a?nesse annonce la venue des gentils ? la place du peuple ?lu / Joseph pardonnant ? ses fr?res qui l'ont vendus repr?sente la mis?ricorde du Christ / l'histoire de Mo?se, celle de Josu? et celle de la Jeunesse de David peuvent ?tre interpr?t?es comme des interventions divines apportant le salut. La sc?ne centrale du dernier panneau, qui ?voque la rencontre de Salomon et de la reine de Saba, ?voque le mariage mystique de J?sus avec son ?glise. On peut ?galement y voir une allusion au concile qui se tiendra ? Florence en 1439, convoqu? ? Ferrare et transf?r? par Eug?ne IV suite aux sollicitations de Cosme l'Ancien, dans le but de r?concilier les Chr?tiens d'Orient et d'Occident.
Le d?tail de l'oeuvre s'analyse comme suit :
Premier registre
- gauche - cr?ation et Histoire d'Adam et Eve : le p?ch? originel - Adam et Eve chass?s du paradis.
- droite - histoire de Ca?n et d'Abel : Ca?n et Abel en laboureur et berger - sacrifice offert ? dieux par les deux fr?res - Abel tu? par Ca?n - la mal?diction divine.
Deuxi?me registre
- gauche - histoire de No? : sa famille et les animaux sauv?s du D?luge - Dieu lance ? No? l'arc-en-ciel de l'Alliance - l'ivresse de No?.
- droite - Histoire d'Abraham - Apparition des trois anges - sa femme Sarah sur le seuil de la tente - sacrifice d'Isaac.
Troisi?me registre
- gauche - histoire d'Esa? et de Jacob : Isaac envoie Esa? ? la chasse - Esa? c?de ? Jacob son droit d'a?nesse - R?becca conseille Jacob - Dieu parle ? R?becca - Jacob re?oit la b?n?diction d'Isaac, ? la place d'Esa?.
- droite - vie de Joseph : Joseph vendu par ses fr?res - d?couverte de la coupe dans le sac de Benjamin - le stockage du bl? apr?s le songe du pharaon, interpr?t? par Joseph comme l'annonce de sept ann?es de famine.
Quatri?me registre
- gauche - histoire de Mo?se : Mo?se re?oit les tables de la Loi - les H?breux, regroup?s au pied du mont Sina?, attendent son retour
- droite - histoire de Josu? - le peuple passe le Jourdain ? sec et ramasse les pierres du souvenir - la prise de J?richo.
Cinqui?me registre
- gauche - histoire de Sa?l et de David : la bataille contre les Philistins conduite par Sa?l debout sur son char - David tranche la t?te de Goliath
- droite : rencontre du roi Salomon et de la reine de Sabah.
Lorenzo Ghiberti, totalement libre dans l'interpr?tation du th?me impos?, disposera de moyens financiers sans limite, comme il l'?crira plus tard dans ses Commentaires : "On me laissa libre de la r?aliser (la porte) de la fa?on dont il me semblait qu'elle f?t la plus parfaitement orn?e et la plus riche".
L'encadrement des battants est orn? de quarante-huit proph?tes, sibylles et autres personnages bibliques. La moiti? d'entre eux apparaissent sous forme de figures enti?res plac?es dans des niches, les autres sous forme de t?tes qui se d?tachent de m?daillons. Lorenzo Ghiberti y introduira son propre portrait ainsi que celui de son fils, Vittore.
La Porte du Paradis restera en place jusqu'aux inondations de l'Arno, en 1966.Six des dix panneaux, aujourd'hui expos?s au mus?e, seront arrach?s de leur ch?ssis par la violence des flots. Les autres seront d?mont?s pour restauration. Les visiteurs peuvent admirer une copie de la porte ? son emplacement d'origine, r?alis?e ? partir d'un moulage pris au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La dorure des reliefs sera r?alis?e par galvanoplastie, la l?gislation europ?enne sur la s?curit? sur les lieux de travail interdisant la dorure au mercure du fait des vapeurs toxiques qu'elle engendre.
Marcel Raymond, dans un article publi? dans la Gazette des Beaux-Arts (Paris, 1896, s?rie III, tome 16), ?voque ainsi le talent de l'artiste et l'aboutissement de son oeuvre :
- "Ghiberti va rompre avec toutes les lois qui avaient jusqu'alors pr?sid? ? l'ordonnance du bas-relief et il va tenter de doter l'art de la sculpture de certaines ressources que l'on avait consid?r?es jusqu'alors comme ?tant le lot exclusif de la peinture. Comme un peintre, Ghiberti veut se servir des secrets de la perspective pour ?tager ses personnages sur des plans diff?rents, pour les multiplier, pour les placer dans leur milieu, dans de beaux d?cors de paysage ou d'architecture, et pour faire flotter autour d'eux la caressante lumi?re du soleil.
C'?tait une tentative nouvelle, tr?s hardie, sur certains points fort contestable, en d?finitive tout ? fait f?conde. Quelques reproches que Ghiberti ait pu encourir dans l'application de sa m?thode, elle ?tait un v?ritable trait de g?nie, et depuis lors l'art de la sculpture n'a cess? de s'en inspirer. Ghiberti a dit et d?montr? que, jusqu'? lui, cet art avait ?t? confin? dans des bornes trop ?troites; il a bris? ces barri?res, ouvrant ? la sculpture une route nouvelle sur laquelle elle n'avait pas encore os? s'aventurer. Sans doute, dans cette voie qu'ils tenteront de suivre en compagnie des peintres, les sculpteurs ne pourront aller aussi loin qu'eux, et la diff?rence des moyens dont les deux arts disposent leur assignera toujours des limites diff?rentes. Mais, sans nier ces limites, on peut affirmer que Ghiberti a l?gitimement enrichi la sculpture de ressources nouvelles.
Dans la premi?re porte, son style ?tait encore conventionnel. ?troitement attach? aux doctrines de l'?cole gothique ? son d?clin, il semblait croire que la beaut? ne pouvait exister en dehors de certains mouvements du corps et de certaines formes de draperies et, partant, ses figures ?taient monotones et d'une observation insuffisante. Dans la seconde porte, il n'y a plus de trace de ce mauvais go?t et le style devient d'une telle puret?, d'un si grand naturel, qu'on peut le dire inimitable. Le sentiment sp?cial de la beaut? des lignes, du charme d'une ?l?gante silhouette et, plus particuli?rement, la recherche de ces formes souples et gracieuses qui sont le signe de la jeunesse, constituent l'art de Ghiherti et le distinguent de tous ses contemporains ...
Dans la premi?re porte, il avait tent? de reproduire une grande vari?t? de sentiments ; dans la seconde, il ne parait plus se pr?occuper au m?me degr? de l'expression, ou plut?t il semble ne plus vouloir exprimer qu'une seule chose, le bonheur de la jeunesse et de la beaut?. Nul n'a su dire comme lui :
- Ce que peuvent sur nous pour gu?rir toute peine
- Ces deux signes jumeaux de paix et de bonheur,
- Jeunesse de visage et jeunesse de coeur.
O? pourrions-nous trouver des figures plus charmantes que cette Eve s'?veillant ? la vie, les anges apparaissant ? Abraham, Abel dirigeant sa charrue, le fils de No? se d?tournant de son p?re, ou cette jeune m?re qui, dans l'histoire de Joseph, s'?loigne avec son fils, en tenant un sac de bl? sur sa t?te? Jamais l'humanit? n'a con?u un plus beau r?ve, jamais elle n'a fait une halte si heureuse dans sa longue route de douleurs. Ghiberti est bien vraiment le plus pur repr?sentant du g?nie de ce peuple italien, que son beau soleil et la richesse de son sol pr?destinaient plus que tout autre ? chanter la jeunesse, l'amour, tous les sourires de la vie."
L'histoire d'Esau et de Jacob est racont?e par la G?n?se, chapitre 32
1 - Ensuite, Laban se leva de grand matin, embrassa ses fils et ses filles, les b?nit, et, s'?tant retourn?, il s'en fut en son pas.
2 - Jacob, de son c?t?, reprit sa route, et, ayant lev? les yeux, il vit un camp de Dieu d?ploy?. Les anges de Dieu vinrent ? sa rencontre.
3 - Jacob en les voyant s'?cria : Voici un camp de Dieu ; et il nomma ce lieu les Camps.
4 - Et Jacob envoya des messagers ? son fr?re Esau, en la terre de S?ir, dans le pays d'?dom.
5 - Et il leur donna ses ordres, disant : Vous parlerez ainsi ? mon seigneur Esau : Ton serviteur Jacob te parle ainsi : J'ai habit? aupr?s de Laban ; j'y suis rest? jusqu'? cette heure.
9 - J'y ai acquis des boeufs, et des ?nes, et du menu b?tail, et des serviteurs et des servantes ; j'envoie des messagers ? mon seigneur Esau, afin que son serviteur trouve gr?ce devant lui.
7 - Les messagers revinrent vers Jacob, disant : Nous sommes all?s chez ton fr?re Esau, et voici qu'il vient ? ta rencontre avec quatre cents hommes.
8 - Jacob eut grande crainte, et il ?tait tr?s ind?cis ; il divisa en deux troupes les hommes qui l'accompagnaient, ainsi que les boeufs, et les chamelles, et les brebis.
9 - Jacob se disait : Si Esau marche sur l'une des troupes et la combat, la seconde du moins pourra ?tre sauv?e.
10 - Et Jacob dit : Dieu de mon p?re Abraham, Dieu de mon p?re lsaac, Seigneur, vous qui m'avez dit : Retourne en la terre o? tu es n?, et je te serai favorable,
11 - C'est assez pour moi de toute la justice et de toute la v?rit? dont vous avez us? envers votre serviteur ; car j'ai travers? le Jourdain n'ayant que ce b?ton, et je reviens possesseur de deux troupes.
12 - D?livrez-moi de la main de mon fr?re, de la main d'Esau, car je le crains ; je crains qu'en arrivant il ne frappe et moi, et la m?re avec ses enfants.
13 - C'est vous qui avez dit : Je te serai favorable, et je rendrai ta race aussi nombreuse que le sable de la mer, dont nul ne saurait compter l'abondance.
14 -
Il dormit cette nuit dans l'endroit o? il ?tait, il prit ensuite des biens qu'il portait, pour en faire des pr?sents, et il envoya ? son fr?re Esau
15 - Deux cents ch?vres, vingt boucs, deux cents brebis, vingt b?liers,
16 - Quarante chamelles ? lait et leurs petits, quarante boeufs, dix taureaux, vingt ?nes et dix poulains.
17 -
Il les envoya par des serviteurs, chaque esp?ce formant un troupeau ; et il dit ? ses serviteurs : Marchez devant moi, et laissez un intervalle entre deux troupeaux.
18 - Puis, il donna ses ordres ? celui qui ?tait en t?te, disant : Lorsque Esau mon fr?re te rencontrera et t'interrogera, disant : De qui es-tu ? o? vas-tu ? ? qui sont les b?tes qui marchent devant toi ?
19 - Tu r?pondras : ? ton serviteur Jacob ; il envoie des pr?sents ? mon seigneur Esau, et voici qu'il vient derri?re nous.
20 - Il donna ensuite ses ordres au premier serviteur, au second, au troisi?me et ? tous ceux qui marchaient avec les troupeaux, disant : R?pondez en ces termes ? Esau, lorsque vous le rencontrerez ;
21 - Dites : Voici ton serviteur Jacob qui vient derri?re nous. Car, se dit-il, je l'apaiserai par les pr?sents qui vont au-devant de lui, et, apr?s cela, je le verrai face ? face, et il m'accueillera favorablement.
22 - Les pr?sents partirent en avant et s'?loign?rent de lui ; et cette nuit-l? il coucha dans le camp.
23 - Et, s'?tant lev? pendant la nuit, il prit les deux femmes, les deux servantes et les onze gar?ons ; puis, il traversa le gu? de Jaboch :
24 - Il les prit, puis il traversa le fleuve, et tout ce qui lui appartenait traversa aussi.
25 - Jacob resta seul ; alors un homme lutta contre lui jusqu'au matin,
26 - Et, voyant qu'il ne pouvait l'emporter, il toucha le gras de la cuisse de Jacob, qui s'engourdit dans la lutte.
27 - L'ange lui dit : Laisse-moi partir, car l'aurore s'est lev?e ; il r?pondit : Je ne te laisserai point partir que tu ne m'aies b?ni.
28 - L'ange repartit : Quel est ton nom ? il r?pondit Jacob.
29 - Tu ne te nommeras plus Jacob, reprit l'ange, Isra?l sera ton nom : parce que tu as ?t? fort contre Dieu, et que tu seras fort contre les hommes.
30 - Jacob lui fit cette question : Apprends-moi ton nom. Pourquoi, r?pondit-il, me demandes-tu mon nom ? et sur le lieu m?me il le b?nit.
31 - Jacob nomma cet endroit Vision de Dieu ; car, dit-il, j'ai vu Dieu face ? face, et la vie m'a ?t? conserv?e.
32 - La vision de Dieu s'?tant ?vanouie, le soleil se leva sur lui, et Jacob boitait de la cuisse.
33 - ? cause de cela les fils d'Isra?l, aujourd'hui encore, ne mangent point le nerf du gras de la cuisse qui fut engourdi, parce que le gras de la cuisse de Jacob fut touch? et que le nerf s'engourdit.
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