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Pilier-sarcophage de Payava : face nord
Homme plaçant une couronne sur la tête d'un jeune athlète
Elément 2 sur 13

Antiquités grecques
Sépulture (Sarcophage)

Matériaux : Marbre

Date : vers 350 avant J.C.

Artiste : Anonyme


Site en relation : Sarcophage de Payava

Région en relation : Xanthos (Turquie)


   Description   


63 Ko
Le pilier-sarcophage de Payava est un monument à la mémoire d'un important personnage, Payava, au service du Satrape perse de l'époque. Le monument était intact lorsqu'en 1838 l'explorateur Charles Fellows visita Xanthos, capitale de la Lycie (actuellement région sud-ouest de la Turquie). Muni d'une autorisation du Sultan, il embarqua les reliefs et la cuve du sarcophage à Londres, en même temps que de très nombreux autres monuments provenant de ce site. Aujourd'hui une salle du British Museum est consacrée à ce monument. La reconstruction du monument de Payava s'inscrit dans la politique d'étude et de mise en valeur du site de Xanthos. Les péripéties qui accompagnèrent le déplacement des éléments sculptés allié aux vicissitudes du temps ne permettent plus aujourd'hui de procédé a la réalisation d'un duplicata de manière classique c'est-à-dire par moulage.

Les sarcophages monumentaux taillés dans la pierre, reproduisent probablement l'architecture des maisons en bois des Lyciens de l'antiquité. Ils sont surmontés d'un couvercle de forme ogivale, trait particulier à la Lycie. Le monument de Payava est orné de bas-reliefs qui associent style grec et style oriental perse. Au lieu de reposer à même le sol, le sarcophage était construit sur un soubassement à trois degrés. Il comprenait une chambre funéraire inférieure, un podium intermédiaire purement décoratif, et une cuve funéraire supérieure surmontée d'un couvercle ogival.

Le sarcophage de Payava est sans doute le plus beau et le plus grand de la période lycienne classique. Sa décoration, comme celle du monument des Néréides, est abondante, riche et variée. Erigé en contrebas du pilier de l'Acropole, il est situé dans un ensemble de tombes qui datent de la première moitié du IVème siècle avant Jésus-Christ. Il domine les quartiers sud et est de Xanthos. Bien que cette oeuvre présente les grandes lignes d'un sarcophage lycien, l'esprit et la richesse de la décoration prouvent qu'il sera influencé par l'art sculptural grec du IVème avant Jésus-Christ. On distingue également une certaine influence de l'art perse. Ce sarcophage marque une étape dans l'histoire de l'art entre le monument des Néréides et le mausolée d'Halicarnasse.

Son couvercle, caractéristique des sarcophages lyciens (c'est à dire ogival), mesure 3,10 m de longueur et 1,86 m de largeur. Le soubassement et la cuve ont les mêmes dimensions que le couvercle. Deux mufles de lions font saillie sur les deux façades de la longueur. Chaque façade ogivale est divisée en quatre panneaux par deux bandeaux en forme de croix. Les deux côtés de la poutre faîtière offrent des scènes de l'iconographie dynastique.

Sur la façade de l'est, une scène représente la victoire de Payava : de droite à gauche, d'abord un cavalier revêtu d'une armure monte un cheval au galop, devant lui gît un ennemi dépourvu de ses vêtements, plus loin, on peut lire l'inscription de Payava et un deuxième .cavalier qui n'est autre que Payava lui-même. Devant lui est étendu à terre un ennemi dévêtu et plus à gauche un autre tente de s'échapper; la dernière partie montre quatre ennemis qui s'enfuient un bouclier à la main.

Sur l'autre façade longue se trouve une scène de chasse. Cette fois-ci, de gauche à droite, on remarque d'abord un serviteur qui court derrière un chien, puis un cavalier revêtu d'un simple chlamyde, brandissant une lance dans la main droite et poursuivant un cerf, un autre cavalier plus loin affronte un sanglier, à l'extrême droite un troisième cavalier aperçoit un ours.

Chaque façade ogivale est divisée en quatre compartiments: deux en haut, deux en bas. Sur les compartiments supérieurs, deux sphinx assis sur les pattes arrières se dressent sur les pattes avant, le poitrail ressorti; leurs ailes sont droites au dessus de leur tête. Sur l'un des compartiments de la façade ogivale sud, un homme, la main gauche sur la hanche, s'appuie sur un bâton de la main droite. Sur l'autre compartiment, une femme est assise, accompagnée d'un enfant. Sur l'ogive de la façade nord, sur le compartiment inférieur gauche, on remarque un personnage assis et sur le compartiment de droite, une femme est assise avec un enfant debout devant elle.

Les scènes qui se trouvent sur la façade longue du couvercle sont typiques des sarcophages de l'époque. On aperçoit quatre cavaliers et un char de guerre ouvert à l'arrière tiré par des chevaux au galop et transportant deux hommes. Les chevaux occupent une place importante dans la scène. Le cocher qui conduit le char est légèrement penché et il tient les brides dans la main. Derrière lui, un homme vu de profil parait plus âgé. Il pourrait être Payava, le propriétaire du sarcophage. Il porte un casque sur la tête et un bouclier dans la main gauche.

Cette scène se répète sur l'autre longueur du sarcophage. Tous ces épisodes sont des sujets importants, symboliques de victoire. Qu'il aille à la guerre ou à la chasse, l'essentiel réside toujours dans le fait que le héro réussisse dans son entreprise. On peut également faire une évaluation symbolique de cette scène : l'avancée du char devient promesse d'une immortalité bienheureuse. On peut envisager la même interprétation symbolique dans la position du char d'Halicarnasse qui trônait au fait du monument.

La décoration du soubassement reprend les sujets monumentaux caractéristiques de l'art lycien du IVème siècle avant Jésus-Christ La scène d'une grande bataille sur la façade est attire particulièrement l'attention. Cette scène est peut-être la plus belle de toutes celles que l'on rencontre sur les sarcophages lyciens.

Le héros du sarcophage, Payava, est couvert de louanges. Le nom de Payava apparaît juste au centre, en haut de la scène. Payava sur son cheval, sculpté avec de talent, affiche un air victorieux. La guerre se passe entre les cavaliers provenant de la gauche, dirigés par Payava et les fantassins ennemis qui arrivent de la droite. Payava part au galop sur son magnifique cheval, la chlamyde attachée autour du cou s'envole vers l'arrière. Il tient les brides de la main gauche et brandit une lance de la main droite. Trois cavaliers suivent Payava. Dans le camp ennemi, un fantassin est tombé entre les pattes d'un cheval, les trois autres l'entourent; deux personnages tentent de trouver du secours pour le sauver.

A part ceux-là, trois hommes dont l'un est nu se dirigent vers les cavaliers avec des lances et des boucliers à la main. A l'extrême droite, un autre fantassin, la lance à la main, essaie de trouver de l'aide. A l'arrière plan, au sommet d'un rocher se trouve un guetteur de petite taille.

Sur la longueur ouest du soubassement, symétriquement à celle de l'est, est sculptée une scène d'audience. D'après une inscription sur deux lignes, les deux personnages présents à la scène seraient Payava et le Satrape Autophradates. Cette oeuvre avec un Satrape perse est l'un des plus beaux exemples de réalisations sous l'influence grecque. Deux officiers se tiennent derrière le Satrape et assistent à l'audience. Ils portent des vêtements typiquement perses. Devant le Satrape et Payava, des habitants de Xanthos sont habillés à la grecque.

Sur la façade étroite nord, un groupe de trois personnages répondent aux deux guerriers de la façade sud. Sur cette façade apparaît une personne âgée à la chevelure entourant le visage. Il est possible que ce personnage soit Payava que l'on rencontre sur chaque façade. Cependant, cette fois-ci, il est habillé en civil. La poitrine et le bras droits sont découverts et il est en train de couronner un athlète nu qui se tient à sa droite, le bras droit en l'air.

La présence d'Autophradates sur le monument, satrape en Lycie au début du IVème siècle avant Jésus-Christ, permet de dater cette oeuvre des années 370-350 avant Jésus-Christ.


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