Date : between 1873 and 1876
Material : Oil on canvas Acquisition : Matsukata Collection
| Item 25 on 33 European Painting Painting (Th?me biblique)
Area related France
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Le mythe de Salom? sera une source d'inspiration constante pour les peintres, les po?tes et les musiciens occidentaux. H?rode Antipas, t?trarque de Galil?e, ?tait le fils d'H?rode le Grand, le tyran qui avait ordonn? le massacre des Innocents apr?s avoir re?u les rois Mages. L'historien romain Flavius Jos?phe d?crit ce fils comme un souverain paisible. Selon la tradition chr?tienne, il fera arr?ter le proph?te Jean-Baptiste qui d?non?ait son adult?re avec H?rodiade, l'?pouse de son propre fr?re. L'Evangile selon Saint Luc (III, 19-20) rapporte ainsi l'?v?nement :
Mais H?rode, le t?trarque, prouv? coupable par lui au sujet d'H?rodiade, la femme de son fr?re, et de tous les m?faits qu'H?rode avait commis, ajouta encore ? tous celui de faire enfermer Jean en prison.
Flavius Jos?phe nous apprendra que le roi craignait davantage le r?le de meneur de Jean, qui rassemblait des foules toujours plus nombreuses et mena?ait son pouvoir. Le proph?te sera enferm? dix mois. H?rode, qui viendra souvent s'entretenir avec son prisonnier, trouvera dans ces entretiens un ?tonnant m?lange de plaisir et de perplexit?. Jean-Baptiste suscitera la haine d'H?rodiade en condamnant sa conduite au nom de la loi juive qui interdisait d'?pouser la femme de son fr?re. Cette derni?re, petite-fille d'H?rode le Grand, ?tait ? la fois la ni?ce d'H?rode Antipas et sa belle-soeur. Pour l'?pouser, le t?trarque avait d? non la faire divorcer r?pudier sa propre femme.
Le proph?te sera d?capit? aux alentours du mois de mars 29, dans la citadelle de Machaerous, au bord de la Mer Noire. L'?pisode de la d?collation de Jean-Baptiste, comprenant le r?cit de la danse de Salom?, est mentionn? que par deux des quatre ?vang?listes, Matthieu et Marc.
"En ce temps-l?, le t?trarque H?rode apprit la renomm?e de J?sus et dit ? ses familiers : "C'est Jean-Baptiste ! Il est ressuscit? des morts ; voil? pourquoi se manifeste en lui le pouvoir des miracles". (Matthieu XIV, 1-12)"
H?rode fera arr?ter Jean ? cause d'H?rodiade, la femme de son fr?re Philippe ; car Jean lui disait : "Il ne t'est pas permis de l'avoir pour femme".
La fille d'H?rodiade, invit?e ? danser au cours de l'anniversaire d'H?rode, s?duira ce dernier qui s'engagera par serment ? lui donner tout ce qu'elle demanderait. Elle r?pondit, ? l'instigation de sa m?re: "Donne-moi ici, sur un plat, la t?te de Jean-Baptiste". Le roi, attrist?, ordonnera de d?capiter Jean dans sa prison. Sa t?te sera apport?e sur un plat ? la jeune fille, qui l'apportera ? sa m?re. Les disciples de Jean enseveliront le cadavre et l'ensevelirent, puis informeront J?sus. Le nom de Salom? n'est pas mentionn? dans le r?cit de Matthieu.
"Le roi H?rode entendit parler de J?sus, car son nom ?tait devenu c?l?bre, et l'on disait : "C'est Jean-Baptiste ressuscit? d'entre les morts ; voil? pourquoi se manifeste en lui le pouvoir des miracles". D'autres disaient : "C'est Elie". D'autres encore : "C'est un proph?te comme les autres proph?tes". Entendant ces mots, H?rode disait : "C'est Jean que j'ai fait d?capiter. Il est ressuscit?".
En effet, H?rode avait fait arr?ter Jean, l'avait fait charger de cha?nes et jet? en prison, ? cause d'H?rodiade, la femme de son fr?re Philippe, qu'il avait ?pous?e. Car Jean disait ? H?rode : "Il ne t'es pas permis d'avoir la femme de ton fr?re". Ainsi H?rodiade le ha?ssait-elle et elle aurait bien voulu le faire mourir, mais elle ne le pouvait pas, car H?rode craignait Jean, sachant que c'?tait un homme juste et sain, et il le prot?geait. Quand il l'avait entendu, il restait fort perplexe, et cependant il l'?coutait avec plaisir.
Mais vint un jour propice, lorsque H?rode, pour son anniversaire, donnait un banquet ? ses dignitaires, ? ses officiers et aux notables de Galil?e. La fille d'H?rodiade entra, dansa et plut ? H?rode et ? ses convives. Le roi dit alors ? la jeune fille : "Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai". Et il lui en fit serment : "Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, f?t-ce la moiti? de mon royaume". Elle sortit donc et dit ? sa m?re : "Que dois je demander ?". Celle-ci r?pondit : "La t?te de Jean-Baptiste". En toute h?te, elle revint aupr?s du roi et lui fit cette demande : "Je veux qu'? l'instant tu me donnes sur un plat la t?te de Jean-Baptiste". Le roi fut contrist?, mais ? cause de son serment et des convives, il ne voulut pas refuser. Et aussit?t il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la t?te de Jean. Celui-ci alla le d?capiter dans sa prison, puis il apporta la t?te sur un plat, la donna ? la jeune fille et la jeune fille la donna ? sa m?re. A cette nouvelle, les disciples de Jean vinrent prendre son cadavre et le mirent au tombeau. (Marc VI, 14-29)"
Cet ?pisode semble avoir partiellement ?t? inspir? par les r?cits des chroniqueurs romains. Flavius Jos?phe, l'historien du peuple juif qui sera le premier ? nommer Salom?, ?voquera l'ex?cution en la pr?sentant comme un crime politique.
Salom?, fille d'H?rodiade et de son premier ?poux H?rode Philippe, ?pousea son oncle Aristobule III, t?trarque de l'Itur?e, puis le roi de la Petite Arm?nie, qui lui donna trois gar?ons. D?c?d?e en 72, elle devait ?tre tr?s jeune au moment de la d?capitation de Jean Baptiste.
Les historiens estiment qu'il semble improbable qu'une princesse ait pu danser seule devant un banquet d'hommes. Les usages de la cour de Galil?e devaient proscrire de telles pratiques.
Renan affirmera, dans sa Vie de J?sus, que la danse avait un caract?re "qu'on ne consid?re pas en Syrie comme mess?ante ? une personne distingu?e".
Le mythe de Salom? semble ?tre l'oeuvre des P?res et des Docteurs de l'Eglise qui mettaient ainsi en garde les croyants contre les effets pervers de la danse et de la s?duction f?minine. Salom? devaient, ? leurs yeux, appara?tre impudique, cruelle et lascive. Saint Ambroise, l'un des grands moralistes chr?tiens du IV?me si?cle, pr?cisera que la danse d?voilait "les parties de son corps que les moeurs apprennent ? cacher".
Les auteurs germaniques enrichiront le mythe, au XIX?me si?cle, de l'amour de Salom? pour Jean-Baptiste et du scandaleux baiser ? la t?te coup?e. Oscar Wilde inventera ensuite l'expression de la Danse des sept voiles.
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