La Cappadoce (en grec Καππαδοκία - Kappadokía / en turc Kapadokya) est un ancien pays d'Asie Mineure située dans l'actuelle Turquie. Elle se situe à l'est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de "Cappadoce" est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue. Hérodote considérait qu'elle était délimitée par le Taurus, l'Euphrate, le lac Salé (Tuz Gölü) et la mer Noire. Aujourd'hui, on désigne généralement par ce nom une région d'environ 15.000 km2 entre Kayseri et Aksaray. Elle est connue pour ses paysages pittoresques résultant du volcanisme et de l'érosion, pour ses églises rupestres ornées de fresques, ainsi que pour ses habitations troglodytiques et ses cités souterraines.
Histoire
Préhistoire
Une brillante civilisation, révélée par les découvertes faites en 1935 à Alacahöyük, apparaît dans cette région à l'âge du bronze (environ 2500 avant Jésus-Christ).
Antiquité
La Cappadoce est envahie par les Hittites au IIe millénaire avant Jésus-Christ, et intégrée à l'Empire, qui y établit sa capitale Hattusha (actuelle Boğazkale, mieux connue sous son nom antérieur Boğazköy, parfois noté avec l'orthographe francisée Boghaz Keui). La région est alors une zone traditionnelle de commerce avec les Assyriens, à cause de ses mines (or, argent, cuivre), comme l'attestent notamment les très nombreuses tablettes en cunéiforme découvertes sur le site de la ville hittite de Kanesh (actuellement Kültepe). Vers -1200, l'Empire hittite s'écroule, envahi par les Peuples de la mer et les Phrygiens. Vers -1100, la Cappadoce est conquise par le roi assyrien Téglath-Phalasar Ier. Au IXe siècle avant Jésus-Christ, elle est reprise par les Phrygiens, puis est dominée par la Lydie à partir de -696. Viennent ensuite les Mèdes (sur une partie du territoire) et les Cimmériens, qui font quelques incursions dans le pays dans les années -650-630. En -546, la Cappadoce est conquise par Cyrus le Grand et intègre l'Empire perse. À la fin du VIe siècle avant Jésus-Christ, Darius l'inclut dans la troisième satrapie.
Ce sont les Perses qui lui donnent le nom Katpatuka ("pays des chevaux de race"), qui donne ensuite "Cappadoce" - les Grecs, quant à eux, donnent aux Cappadociens le nom de "Syriens blancs" (Λευκόσυροι). Bien que vassale de l'Empire perse, la Cappadoce continue à être gouvernée par ses propres dirigeants, organisés en une aristocratie de type féodal. En -330, elle devient indépendante sous le roi Ariarathe Ier, qui reconnaît symboliquement la suzeraineté d'Alexandre le Grand et fonde une dynastie.
Sous Ariarathe IV ont lieu les premiers contacts avec Rome. La Cappadoce devient alors l'alliée des Romains contre les Séleucides, mais elle est vaincue. Suit une période confuse, au terme de laquelle la dynastie d'Ariarathe disparaît dans les guerres contre le royaume du Pont. En -92, Rome vient au secours du royaume de Cappadoce pour repousser le roi du Pont Mithridate VI, qui s'en était emparé, et rétablir le pouvoir d'Ariobarzane Ier, dénommé Philoromaios ("ami des Romains"). La Cappadoce, avec opportunisme, soutient successivement Pompée, Jules César, Marc Antoine et enfin Octave. En 17, par suite de la disgrâce du roi Archélaos, la Cappadoce est intégrée par Tibère à l'Empire romain, dont elle devient une province impériale, à laquelle sont bientôt incorporées les régions du Pont et de l'Arménie Mineure. Au IVe siècle, la province est amputée de ces territoires par les réformes de Dioclétien et Constantin.
Au cours des années 48 à 58, le christianisme apparaît en Cappadoce, que saint Paul longe ou traverse au cours de ses trois voyages. Il s'y répand aux IIIe et IVe siècles, malgré les persécutions de Dioclétien de 303-304, dont Eusèbe de Césarée est le témoin. Dans la seconde moitié du IVe siècle, sous l'impulsion de Basile, évêque de Césarée (Kayseri), de nombreuses petites communautés monastiques s'implantent dans la région. Basile s'oppose à l'arianisme qui est alors en plein essor et qui a les faveurs de l'empereur Valens. Pour affaiblir l'autorité de Basile, Valens divise la Cappadoce en 371, détachant d'elle un vaste territoire dont il fait la Cappadoce Seconde et dont il confie l'autorité religieuse à un évêque arien (évêché de Tyane, à proximité de l'actuelle Niğde).
Moyen-âge
En 536, Justinien crée l'évêché de Mokissos (actuellement Kırşehir) ; basiliques et oratoires se multiplient. En 647, Moawiya, gouverneur de Syrie, pénètre en Cappadoce et s'empare de Césarée. À partir de cette date, la contrée est harcelée par des raids arabes, qui persistent jusqu'au IXe siècle, et les souterrains de la région, qui, pour certains, existent depuis de nombreux siècles, s'agrandissent pour devenir de vastes refuges.
Professé dès le début du VIIIe siècle, l'iconoclasme refuse les images religieuses pour éviter l'idolâtrie. L'empereur byzantin Léon III se range à ce point de vue en 726. Ses successeurs, qui y trouvent un moyen de limiter le pouvoir grandissant des monastères, lui emboitent le pas. Mais en 843, l'iconoclasme est déclaré hérétique et le pays retourne à l'orthodoxie, ce qui permet à terme sa floraison artistique.
Après une période sombre, les victoires de l'empereur Nicéphore II Phocas au cours de la seconde moitié du Xe siècle rétablissent en Cappadoce la paix et la prospérité. Des villes et des villages y refleurissent, avec des populations nouvelles, grecques de culture, mais d'origines variées, ainsi que des Arméniens, alliés aux Byzantins pour la défense des frontières orientales. C'est à partir de cette époque, appelée renaissance macédonienne, que la Cappadoce se creuse de ses plus belles églises rupestres.
À la suite de la bataille de Manzikert, en 1071, la Cappadoce est conquise par les Turcs seldjoukides, menés par Alp Arslan, qui vainc l'empereur byzantin Romain IV Diogène et qui fonde une nouvelle branche de la dynastie : celle des Seldjoukides de Roum. Initiateurs d'une importante expansion urbanistique dans la région, ceux-ci construisent de nombreuses mosquées (Kayseri, Aksaray, Niğde...), créent une académie de médecine en 1206, et édifient des caravansérails tous les trente kilomètres le long de la route de la soie, comme le Ağzıkara han et le Sultan hanı construits au XIIIe siècle à proximité d'Aksaray. Mais c'est aussi à cette époque que les églises de Göreme se parent de leurs plus belles fresques. Les Seldjoukides se heurtent cependant aux Byzantins et aux Croisés qui, en 1097, s'emparent de Nicée, obligeant le sultan seldjouk d'Anatolie à transférer sa capitale à Konya (Iconium).
En 1299, Osman Gazi, un bey vassal du sultan, lui ravit le pouvoir et se fait proclamer sultan sous le nom d'Osman Ier, fondant ainsi la dynastie ottomane. Cette dernière s'empare progressivement des petites principautés issues de l'effondrement des Seldjoukides, dont la Cappadoce au XIVe siècle.
Époque moderne
Lentement, ses populations passent à l'islam et à la langue turque. Une langue intermédiaire, le cappadocien, s'y développa d'ailleurs et y survécut jusqu'aux échanges de population consécutifs au traité de Lausanne de 1923. Au XVIIIe siècle, les derniers ermitages troglodytiques sont abandonnés..
Entretemps, au début du XVIIIe siècle, Damat İbrahim Pasha, un grand vizir originaire de Nevşehir avait fait de cette bourgade une ville et la capitale régionale qu'elle est encore aujourd'hui.
Époque contemporaine
Au cours des années 1920 et 1930, l'Europe redécouvre la Cappadoce, en particulier à partir de l'oeuvre du jésuite français Guillaume de Jerphanion, qui publie ses études des églises de la région. Cet ouvrage est un élément important dans la constante croissance du tourisme qui démarre dès les années 1950. En 2005, selon les chiffres officiels, 850 000 étrangers et un million de Turcs ont visité cette partie du pays, entraînant l'expansion des artisanats locaux du tapis et de la céramique.
Liste des rois de Cappadoce
* -362 / -330 : Datamès, satrape
* -330 / -330 : Ariamne Ier, satrape
* -330 / -322 : Ariarathe Ier, satrape
. - 321 / -316 : Eumène de Cardia
. - 316 / -301 : Antigone le Borgne
* -321/301 / -280 : Ariarathe II, satrape puis roi en -301
* -280 / -262 : Ariamne II
* -262 / -220 : Ariarathe III
* -220 / -163 : Ariarathe IV Eusèbes
* -163 / -130 : Ariarathe V Eusèbes Philopatôr
. -158 / -156: Orophernès
* -130 / -111 : Ariarathe VI Épiphane Philopatôr
* -111 / -100 : Ariarathe VII Philometôr
* -100 / -95 : Ariarathe VIII Épihane
. -90 / -89 : Ariarathe IX Philopatôr (usurpateur)
* -95 / -62 : Ariobarzane Ier Philoromaios
* -62 / -51 : Ariobarzane II Philopatôr
* -51 / -42 : Ariobarzane III Eusèbes
* -42 / -36 : Ariarathe X Philadelphe
* 36 avant Jésus-Christ -17 après Jésus-Christ : Archélaos de Cappadoce
* Annexion par Rome en 17 après Jésus-Christ
Géographie
Les volcans Erciyes dağ, Hasan dağ et Göllü dağ entrèrent en éruption au Miocène supérieur (dix millions d'années) jusqu'au Pliocène (deux millions d'années). Ces éruptions ainsi que l'apparition de volcans de moindre importance au fil des millénaires générèrent une superposition de strates d'ignimbrites plus ou moins denses. En particulier, au début du Quaternaire, des laves basaltiques beaucoup plus dures se déposèrent. Quelques éruptions eurent encore lieu ultérieurement, notamment en 253 avant Jésus-Christ , semble-t-il. Les dépôts du mont Erciyes ont couvert à eux seuls une superficie de 10.000 km2, sur une épaisseur variant entre 100 et 500 mètres.
Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cappadoce
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