Iznik était à l'origine un lieu de peuplement situé non loin de Bursa, au bord du lac qui porte le même nom, au nord-ouest de l'Anatolie. La cité sera en contact avec des civilisations très anciennes de la région de Bithynie. Selon une légende, ce lieu aurait été fondé par le dieu Dionysos à son retour d'Inde. Une autre légende rapporte que l'endroit aurait été transformé en colonie par les soldats d'Alexandre le Grand.
La cité, qui s'appelait Elikore, était habitée par le peuple Bottiaei lorsque Antigonas Monophthalmos la découvrira, en 316 avant Jésus-Christ. Il lui donnera le nom d'Antigoneia. Lysimachos, l'un des généraux d'Alexandre devenu maître des lieux après la guerre d'Ipsus (301 avant Jésus-Christ), la rebaptisera du nom de Nikai, la fille du leader macédonien Antipatros. Ce nom sera transformé en Nicea au fil du temps. Soumise à l'influence des Romains et des Byzantins, la ville acceuillera deux conciles importants (385 et 787). Elle deviendra la capitale de l'empire de Nicée, fondé par Théodore Ier Lascaris en 1204 après la prise de Constantinople par les Croisés.
La ville sera conquise par les Turcs seldjoukides, sous la conduite de leur chef Suleyman, en 1081. Elle sera reprise par les Croisés, alliés des Byzantins, en 1097. Les Turcs ottomans, qui en feront provisoirement leur capitale après la conquête d'Orhan Gazi, en 1331, l'appelleront Iznik. Brousse (aujourd'hui Bursa), sera la capitale définitive.
Les artisans d'Iznik produiront une céramique qui portera le nom de la cité, du milieu du XIVème siècle jusqu'à la fin du XVIIème siècle. Les fouilles, effectuées entre 1963 et 1964 par l'équipe d'archéologues présidée par Oktay Aslanpa, permettront de dresser un inventaire de cette période. Jusqu'alors, les céramiques en pâte dure et blanche utilisées dans les édifices religieux dans les villes comme Bursa, Edirne et Istanbul étaient fabriquées dans les ateliers établis à proximité par des maîtres voyageurs étrangers. La population se contentait de pots réalisés en pâte mole et rougeâtre.
Les céramiques nobles étaient cuites selon un procédé spécifique, puis plongées dans un enduit coloré avant d'être recuites. Elles étaient richement ornées de motifs bleus, verts et bruns. Les dessins des porcelaines chinoises, qui existaient surtout au Moyen-Orient, seront utilisés à Iznik vers les années 1400. Les céramiques produites avec une pâte rougeâtre seront produites au cours de la seconde période des céramiques d'Iznik, de la seconde moitié du XIVème siècle et au début du XVème siècle. Elles seront émaillées. Les motifs colorés sur une couche transparente grise, souvent en bleu cobalt mais également en bleu ciel, turquoise, mauve et vert, seront peints sur une couche de fond.
Les céramiques blanches d'Iznik, rappelant la porcelaine à pâte dure, seront produites jusqu'au milieu du XVème siècle. La troisième période des céramiques d'Iznik, caractérisées par un fond blanc et un émail transparent et incolore, prendra fin au milieu du XVIème siècle. La couleur bleu foncé, souveraine au départ dans les motifs, laissera progressivement la place à des tons plus doux. Le turquoise pâle apparaîtra au cours de la période tardive. Le développement de style dans les céramiques d'Iznik sera influencé par l'arrivée de maîtres venus de différentes régions. Les relations entre les maîtres et l'atelier ouvert par le Sultan Mehmet II, au Palais de Topkapi, auraient également joué un rôle dans ce développement.
Les fouilles d'Iznik permettront de mettre à jour un groupe particulier de céramiques portant le nom de "Travail de Haliç". Elles sont ornées de branches enveloppantes composées de petites feuilles et de fleurs.
Les céramiques d'Iznik de la quatrième période, datant de la moitié du XVIème siècle, comptent des spécimens appelés "Travail de Damas", produits au cours de la période de transition.
Les ateliers d'Iznik et de Kütahya intensifieront la production de panneaux droits, abondamment utilisées dans les constructions de la seconde moitié du XVIème siècle, au détriment de la fabrication des poteries et de la vaisselle. Les artisans utiliseront des couleurs plus vives et harmonieuses, le cobalt, le bleu, le turquoise et le rouge tomate, qui donneront naissance à un style nouveau. La couleur noire sera utilisée pour dessiner les traits externes des figures et empêcher le coulage des peintures. Les éléments décoratifs utilisés seront la rose, le lilas, l'oeillet, le lys, la marguerite, la jacinthe et le cyprès. Des feuilles sous formes de poignard, des nuages chinois et des médaillons serviront également de motifs. La production d' Iznik s'éteindra vers la fin du XVIIème siècle, période au cours de laquelle Kütahya prendra le relai.
 | En relation avec la zone |  |
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Istanbul
Musée du Louvre
 | Hanap Hanap Anonyme approx. de 1580 à 1620
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 | Hanap Hanap Anonyme XVIIème siècle
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Musées archéologiques d'Istanbul
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